‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 14e cahierChapitre 2 sur 152 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

V'" CH. DÜNOD, ÉDITEUR

libraire des corps des ponts et chaussées et DESj

40, Quai dea Augustins, 40

On a constaté sa présence dans quelques eaux minérales (Toplitz, Mondorf, etc.), ainsi que dans les dépôts ocreux d’un grand nombre de source (Griesbach, Wiesbaden, Buzancy, Cbâteau-Tliierry,Bourbonne-les-Bains, etc.) Malaguti, Durocher et Sarzeau l’ont rencontré dans un certain nombre d varechs, et Grandeau dans les cendres de différentes plantes, notamment le tabac et la betterave (1). Millon avait conclu à son existence normale dans le sang; mais Melsens a montré que sa présence était due à une circonstance fortuite (2). D’autres expérimentateurs, Dupré, Uller, etc., en ont constamment trouvé des traces dans tous les produits des trois règnes soumis par eux à l’analyse; mais Lossen a montré que le cuivre provenait des lampes et des bainsmarie. En répétant les expériences avec des appareils d’où le cuivre était soigneusement exclu, il n’a plus obtenu que des résultats négatifs.

Dans un travail récent et d’une grande importance, M. Dieulafait annonce l’existence du cuivre dans toutes les roches primordiales, ainsi que dans les dépôts sédimentaires, procédant directement de ces roches. Pas plus que MM. Forchammer et Malaguti, il n’a réussi à constater directement la présence du cuivre dans l’eau de mer ; mais il a trouvé que les eaux mères des marais salants de la Méditerranée en contiennent en quantité suffisante pour qu’on puisse le reconnaître facilement dans un échantillon de 5 centimètres cubes.

Les boues marines sulfureuses, qui se déposent au fond des bassins naturels ou artificiels quand l’eau de mer est abandonnée à elle-même, renferment du cuivre. M. Dieulafait rapproche de ce fait la présence constante de ce métal dans les marnes noires qui accompagnent les gypses de tous les âges*, il y voit un argument puissant en faveur de sa théorie de l’origine marine, et exclusivement sédimentaire des minerais de cuivre.

Enfin le fait de la dissémination du métal dans toute l’épaisseur de la formation primordiale entraîne cette conséquence, que toutes les eaux qui se minéralisent dans celte formation, doivent renfermer du cuivre.

Il s’ensuit que toutes les plantes qui se développent sur les roches primordiales et sur celles qui en dérivent directement, doivent contenir du cuivre en proportion sensible. Et, en effet, M. Dieulafait a trouvé que le cuivre existe dans toutes les plantes de la formation primordiale, ainsi que dans les terrains marneux et dolomitiques, en proportion assez considérable pour qu’on puisse le reconnaître avec certitude, même par la réaction de l’ammoniaque, en employant 1 gramme de cendres seulement.

Les plantes qui vivent sur les calcaires purs, formés en dehors de tout apport des roches primordiales, ne fournissent plus trace de cuivre dans les mêmes conditions. Pour le reconnaître avec certitude, il faut opérer sur 100 grammes de cendres.

MODES DE FOKMATION

Cuivre réduit. — Les solutions des sels de cuivre se réduisent aisément, en

(1) Annales de chimie et de physique, t. LXVII (31, p. 220.

(2) t. XXIIl (3), p. 358.

donnant naissance à du cuivre cristallisé en cubes, en octaèdres, ou en modifications diverses de ces formes cristallines.

Clément, en abandonnant une solution de sulfate de cuivre dans une cuve de bois, a vu se former, sur les joints des douves, des mamelons de cuivre métallique, présentant de petites facettes brillantes. Le cuivre, ainsi déposé, avait la ténacité, la malléabilité et la densité du cuivre fondu (1).

Le phosphore possède la même propriété réductrice :

Un bâton de phosphore autour duquel on a tassé de l’oxyde de cuivre et qu’on abandonne sous l’eau pendant quelques semaines, se recouvre d’une gaine de cuivre métallique cristallisé. Le même phénomène se produit à la longue, par l’action d’une solution de sulfate de cuivre sur des fils de cuivre mis en contact avec du phosphore en morceaux.

L’acide phosphoreux et l’acide sulfureux réduisent à chaud les solutions d’acétate de cuivre, en précipitant le métal sous forme de fines écailles, qui, au microscope, présentent des facettes triangulaires à côtés égaux.

En saturant une solution de sulfate de cuivre avec l’acide sulfureux, puis, faisant bouillir jusqu’à ce que la teinte verte de la liqueur soit redevenue bleue, il se forme un dépôt notable de petites paillettes de cuivre métallique (2) (Péan de Saint-Gilles).

Enfin M. Riban, en chauffant le formiate de cuivre avec de l’eau, pendant soixante-douze heures, à 175 degrés, a obtenu du cuivre métallique cristallisé en prismes à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces, simulant des cristaux du système quadratique. Le formiate de cuivre se décompose d’abord en oxydule et en un mélange gazeux d’acide carbonique et d’hydrogène, et c’est l’action réductrice de ce dernier qui ramène le protoxyde de cuivre à l’état métallique.

Cuivre pulvérulent. — On obtient le cuivre en poudre très divisée par différents procédés, dont nous allons indiquer quelques-uns.

1“ Réduction de l’oxyde dans un courant d’hydrogène à très basse température. 2” On chauffe un mélange de 5 parties de chlorure cuivreux avec 6 parties de carbonate de soude et du sel ammoniac, puis on lave (Wœhler et Liebig). 3“ On fait bouillir une solution neutre de sulfate de cuivre avec du zinc pur. 4“ On additionne de glucose une solution ammoniacale d’oxyde de cuivre, et on ajoute de la potasse jusqu’à formation d’un précipité permanent; le cuivre se précipite sous forme pulvérulente, et forme un miroir métallique sur les parois du vase (Stolba). 5° En traitant l’oxydule de cuivre par une solution froide et étendue d’acide azotique à 10 pour 100, il se dissout de l’oxyde cuivrique et il reste un cuivre inattaquable à froid par l’acide étendu (modification allotropique (?)).

(1) Annales (le chimie et de physique, t. XXVII (2), p. 440.

(2) Ibid., t. XLII (3), p. 28.

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