CARBONATE DE SOUDE ET DE CUIVRE
Ce sel double se produit avec beaucoup plus de facilité que le précédent. Il suffit, pour l’obtenir, de faire digérer, pendant quelques instants, du carbonate de cuivre bleu avec une dissolution de carbonate de soude, à une température de 40 à 50 degrés.
Le carbonate double de soude et de cuivre cristallise en prismes droits rhomboïdaux de 123°14', terminés par des pointements à quatre faces. Il se décompose à basse température, en donnant de l’eau, de l’acide carbonique, et un mélange d’oxyde cuivrique et de carbonate de soude.
Sa composition est exprimée par la formule :
Cu0C0^Na0G0^3H0.
M. Becquerel a obtenu ce composé par un procédé analogue à celui qui lui a servi à reproduire la malachite.
D’après Struve, il se forme quand on met en contact, à travers une vessie ou un papier p,irchemin, deux dissolutions de bicarbonate de soude et de sulfate de cuivre.
M. Debray, en chauffant du bicarbonate de soude avec de l'azotate de cuivre à 100 degrés, a obtenu un carbonate double cristallisé, auquel il assigne la formule :
CuOCO^NaOCOs.
ANTIMONITE DE CUIVRE
Berzelius l’a décrit comme un corps d’un vert pâle, insoluble dans l’eau.
Le cuivre rosette provenant de minerais antimonifères, traité par l’acide azotique froid, laisse un résidu de paillettes hexagonales transparentes, d’un jaune d’or; leur composition, d’après les analyses deStromeyer, correspond à la formule :
3Cu®0,Sb03.
Le cuivre de Goslar, soumis successivement à l’action de l’acide azotique et d’un mélange d’acide chlorhydrique et d’alcool, donne des paillettes hexagonales d’un grand éclat, d’un jaune-vert pâle, qui constituent un antimonite double de cuivre et de nickel :
7CuO,5NiO,SbO*.
ANTIMONIATE DE CUIVRE
On l’obtient par double décomposition. C’est une poudre cristalline d’un vert pâle, insoluble dans l’eau. Elle devient bleue par la dessiccation. Calcinée, elle perd 19,5 pour 100 d’eau en noircissant. Au rouge, elle devient incandescente pendant un instant. Après refroidissement, sa couleur est d’un blancverdâtre. Dans cet état, elle est insoluble dans les alcalis et les acides. Sur le charbon, elle se réduit avec une faible explosion en cuivre antimonifère d’un rouge pâle.
STAKNATE CUIVREUX
En mêlant une dissolution alcaline de protochlorure d’étain avec de l’azotate de cuivre, il se forme un précipité vert, qui passe ensuite au jaune, puis au rouge. A l’air, il s’oxyde rapidement (Leykauf).
STANNATES CUIVRIQUES
Stannate cuivrique hydraté (GuOSnO®,3HO).— C’est une poudre verte, qu’on obtient en précipitant un sel cuivrique par le stannate de potasse (Moberg). Elsner en a proposé l’emploi comme matière colorante.
Stannate de cuivre et d’étain. — Lenssen a étudié, dans les conditions 1 s plus variées, l’action de la solution de protochlorure d’étain, additionnée d’acide tartrique et d’un carbonate alcalin, sur l’oxyde de cuivre également dissous dans un mélange de carbonate alcalin et d’acide tartrique.
En versantla solution stanneuse, par petites portions, dans la liqueur cuprique chaude, on obtient un précipité orange, renfermant du protoxyde de cuivre et du bioxyde d’étain.
ENCÎCLOP. CHIM. '
En ajoutant, au contraire, la solution cuprique à la solution stanneuse chaude, il se forme un précipité couleur chair, renfermant surtout du protoxyde d’étain. Par une nouvelle addition d’oxyde de cuivre, le précipité passe au rouge; il ne contient plus alors que du protoxyde de cuivre et du bioxyde d’étain.
En présence des alcalis caustiques, quand on emploie le protoxyde d’étain en excès et qu’on fait bouillir la liqueur, il se précipite une poudre noire très fine, ayant pour composition :
ClP0,3Sn0,Sn0^5H0.
MOLYBDATES DE CUIVRE
Molybdates acides. — D’après Ullik, en faisant digérer 1 équivalent de carbonate de cuivre avec une dissolution de 4 équivalents d’acide molybdique, et abandonnant la liqueur filtrée à l’évaporation spontanée, on obtient un mélange d’aiguilles et de mamelons bleu de ciel, ayant pour composition :
CuO,3Mo03,9HO.
Soumis à une évaporation rapide sur une plaque de verre, le même liquide donne une masse gommeuse bleue, contenant :
2CuO,6Mo03,13HO.
Molybdate basique (4CuO, 3MoO^, 5HO). — Il se précipite sous forme d’une poudre amorphe verte, quand on décompose une dissolution bouillante de sulfate cuivrique par le molybdate d’ammoniaque ordinaire. Il faut jeter immédiatement le précipité sur un filtre, et le laver rapidement, si l’on veut éviter la formation d’autres sels basiques (I) (Struve).
Molybdate de cuivre et d’ammoniaque. — L’évaporation des eaux mères du sel précédent donne le molybdate ammoniaco-cuivrique :
Cu0,AzH*0,5Mo03,9H0.
Ce sel double se forme encore quand on mêle une solution froide de sulfate de cuivre avec un excès de molybdate d’ammoniaque.
Il est en petits cristaux rhomboédriques d’un blanc-bleuâtre, solubles dans l’eau chaude (Struve).
TüNGSTATES DE CUIVRE
Tungstate cuproso-cwprique. — Zetnow, en fondant équivalents égaux de tl) Jahresbericht (1851), p, 350.
sujfate de cuivre anhydre et de tungstate de soude, et reprenant par l’eau, a obtenu une poudre brune cristalline, renfermant :
2(Cu0W03),Cu’0W03 (1).
Tungstate cuivrique neutre (CuOWO’,2HO). — On le prépare par double décomposition. C’est une poudre verte, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide pbosphorique et l’acide acétique, ainsi que dans l’ammoniaque. Sous l’action de la chaleur, ce sel se déshydrate en se colorant en jaune-brun. Au rouge, il fond, et donne par refroidissement une masse cristalline bleue (2) (Anthon).
Tungstate cuivrique acide (Cu0,2W0®,4H0). — Précipité vert clair, insoluble dans l’eau, soluble dans l’ammoniaque. L’acide nitrique le transforme en une masse gélatineuse.
Tungstate de cuivre et de chaux lCuOWO®,2(CaOWO®)]. — C’est la cuproschéelite; elle cristallise en grains d’un vert-pistache, ou d’un vert-olive. Dureté, 4,5 à 5.
Métatungstate de cwiure (CuO,4WO®,ll HO). — On l’obtient sous forme de lamelles, en décomposant une solution de métatungstate de baryte par le sulfate de cuivre (3) (Scheibler).
Tungstoborate de cuivre (2CuO, BoO^,9WO®,19HO). — M. D. Klein l’a obtenu en cristaux d’un bleu pâle, très solubles dans l’eau. Sa solution saturée a une densité de 2,6. Chauffé à 165 degrés, il perd 14 équivalents d’eau et devient blanc.
DRANATE DE CUIVRE (CuO,2U^O^)
La chalcolite, fondue avec le carbonate de soude, se transforme en phosphate de soude et en un uranate cristallin, dont la couleur rappelle celle de l’aventurine (4) (Debray).
VANADATES DE CUIVRE
Métavanadate cuivrique (CuO.VO^). — L’addition d’alcool à un mélange de dissolutions aqueuses d’un sel cuivrique et d’un métavanadate alcalin, donne un précipité jaune de métavanadate de cuivre. Sa dissolution dans l’eau donne, par l’évaporation, une masse jaune amorphe (Berzelius).
(1) Annales de Poggendorff, t. CXXX, p. 255.
}|) Journal fur prafctiscfie Chemie, t. IX, p. 346.
Bivanadate cuivrique {CuO,'iW^). — Oa l’obtient sous forme de croûtes cristallines jaunes, en mêlant des solutions de sulfate de cuivre et de bivanadate de potasse.
'. La volborthite naturelle est, d’après Credner, un vanadate de cuivre hydraté. Élle cristallise en petites lamelles hexagonales vertes ou jaunes.
La calcovolborthüe est un vanadate de cuivre et de chaux hydraté La chiléite est un vanadate de cuivre et de plomb.
CHROMATES DE CUIVRE
Kopp, en faisant dissoudre de l’oxyde de cuivre dans une dissolution d’acide chi’omique, avait cru obtenir du cbromate cuivrique neutre isomorphe avec le sulfate. D’après Gmelin, ces cristaux ne seraient que du sulfate de cuivre, dont la formation serait due à l’acide sulfurique que contient presque toujours l’acide chromique du commerce.
Bichromate cuivrique. — On fait dissoudre de l’oxyde de cuivre dans l’acide chromique étendu, et on évapore. Il se dépose d’abord des cristaux verts. L’eau mère, ainsi débarrassée des sulfates, abandonne, après concentration dans le vide, des cristaux foncés, qui, d’après Drôge, renferment :
Cu0,2Cr03,2H0.
Ce set se déshydrate à 100 degrés. Il est déliquescent, et très soluble dans l’eau, l’alcool et l’ammoniaque. Sa solution aqueuse, soumise à l’ébullition, donne un précipité de chromate basique (1).
CA.romote hasfÿMe (3 CuO,GrO®,2HO). — Malaguti et Sarzeau l’ont obtenu en mélangeant deux dissolutions bouillantes de cbromate neutre de potasse et de sulfate de cuivre. Il faut laver à plusieurs reprises, à l’eau bouillante, le précipité brun-chocolat de chromate de cuivre, pour le débarrasser complètement des dernières traces de potasse.
Suivant Bôttger, il se forme encore lorsque l’on fait bouillir l’oxyde de cuivre avec une solution de bichromate de potasse; il est alors coloré en jaune-brun.
Le chromate basique ne perd son eau qu’à 260 degrés, en devenant presque noir; il s’hydrate de nouveau au contact de l’eau. La potasse le décompose en mettant l’oxyde de cuivre en liberté. L’ammoniaque le dissout en se colorant en vert; cette dissolution abandonne, par refroidissement, des cristaux de chromate cuivrique ammoniacal :
I0AzH3,3CuO,2CrO3,2HO.
Le sous-chromate anhydre, traité à plusieurs reprises par l’acide chlorhy-
(1) Ann. pharm., t. CI, p. 39.