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CHLORÜRES DOUBLES DE MERCURE ET D’AMMONIUM

On connaît deux combinaisons de ce genre ; elles ont pour formules AzH<Cl,HgCl,HO et AzH'Cl,2 HgCl,HO.

Chlorure AzH*Cl,HgCl. — On obtient ce composé en préparant deux solutions contenant des poids égaux de bicblorure de mercure et de chlorhydrate d’ammoniaque. Ces deux solutions mélangées et convenablement évaporées sont abandonnées à un refroidissement lent; tout d’abord il se dépose des cristaux cubiques de chlorhydrate d’ammoniaque, puis des prismes, d’aspect très différent des précédents, qui constituent le chlorure double. On purifie ce corps par une nouvelle cristallisation. Quelquefois on emploie le chlorure de mercure en proportion plus considérable. On met 1 équivalent de chacun des deux chlorures (Soubeiran, J. pharm., XII, 184).

Ce chlorure cristallise en prismes orthorhombiques. Il perd son eau à 100 degrés. Il est à peu près inaltérable à l’air. 100 parties de ce sel se dissolvent dans 66 parties d’eau à 10 degrés.

Chlorure AzH*Gl,2HgCl. — On peut l’obtenir par la voie sèche ou par la voie humide; il est plus pur quand il est préparé par ce second procédé.

1° Par la voie sèche. — On fait un mélange intime de 53s'’,5 Je chlorhydrate d’ammoniaque (1 équivalent) avec 271 grammes de bicblorure de mercure (2 équivalents) ; on le chauffe et la matière qui se sublime est le chlorure double. La température de volatilisation de ce corps est plus élevée que celles qui correspondent aux deux chlorures dont il est formé. Mais à cette température il est dissocié, aussi la masse obtenue contient-elle du calomel et de l’acide chlorhydrique. Le chlorure ainsi foi'mé est anhydre.

2” Par la voie humide. — On dissout le mélange dont nous avons parlé de 2 équivalents de chlorure de mercure et de 1 équivalent de chlorhydrate d’ammoniaque et la dissolution est évaporée, puis mise à refroidir lentement. On obtient ainsi des cristaux tantôt anhydres et tantôt contenant 1 équivalent d’eau.

On n’a pas pu préciser les conditions qui présidaient à la formation de ces deux espèces de cristaux. Les cristaux anhydres sont de petits rhomboèdres; les cristaux hydratés forment de longues aiguilles ayant la même forme que le sel de potasse correspondant.

CHLOnURES DOUBLES DE MERCURE ET DE POTASSIUM.

Ces deux chlorures se combinent en présence de l’eau en diverses proportions; on connaît les trois composés suivants, dont voici les formules :

KCl,HgCl,HO,

KCI,2HgCI,2HO,

KGI,4HgCI,4HÜ.

Ces sels existent aussi à l’état anhydre.

Chlorure KCl,HgCl,HO. — Ce composé peut s’obtenir en traitant une dissolution de chlorure de potassium par une solution de bichlorure de mercure en excès; un pareil mélange laisse déposer, quand on y ajoute un peu d’alcool, de petites aiguilles soyeuses de ce chlorure double (Liebig, Schw., XLIX, 252). On l’obtient aussi, d’après Davy, en faisant dissoudre dans une solution tiède de chlorure de potassium (1 partie de chlorure pour 3 d’eau), du bichlorure de mercure ; il s’en dissout un peu plus d’une partie. Si on laisse refroidir ensuite la liqueur vers 10 degrés, elle se prend presque complètement en une masse formée de petites aiguilles enchevêtrées. Bonsdoriî prépare ce chlorure double en partant du composé suivant : KCl,2HgCl,2HO. Celui-ci étant dissous dans de l’eau,on y ajoute autant de chlorure de potassium qu’il en contenait déjà; le mélange est alors abandonné à lui-même et il se dépose par évaporation de petites aiguilles de ce sel (Bonsdoriî, Pogg., XVII, 123).

Ce corps cristallise dans le système du prisme orthorhombique. Les principales faces observées sont celtes des prismes m et p et les biseaux 6*'®. L’angle du prisme est de 108" 56'; l’angle des faces m et est de 143° 8' (Rammelsberg, Pogg., XC, 33). L’angle du prisme serait de 110 degrés, d’après Bonsdorff {Pogg., XVII, 123).

Ce sel est facilement soluble dans l’eau; il l’est à peine dans l’alcool. La chaleur de dissolution de ce sel est de — 8“,2.

On peut déshydrater ce corps et l’obtenir anhydre.

Chlorure KCl,2HgCl,2HO. —Lorsque l’on dissout du bichlorure de mercure dans de l’acide chlorhydrique concentré et froid et que l’on sature cet acide par de la potasse, il se sépare des cristaux que l’on purifie par cristallisation et qui ont la composition indiquée (Boullay, Ann. chim. phys. [2], XXXIV, 344). On peut aussi mettre à digérer du bichlorure de mercure avec une solution saturée à froid et maintenue à 30 degrés de chlorure de potassium; on doit s’arranger pour ajouter de l’eau au fur et à mesure, afin que la concentration n’augmente pas. On filtre ensuite à chaud et on laisse refroidir.

MERCDRE.

Il se dépose tout d’abord des cristaux plus riches en sel mercuriel (KCl,4HgCl,4H0) ; on les sépare par décantation et l’on obtient par évaporation à l’air libre de petites aiguilles répondant à la formule KCl,2HgGl,2HO.

Ces cristaux sont solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool. Ils perdent leur eau assez facilement.

Chlorure KGl,4HgCI,4H0. — Ce chlorure double se forme, comme on l’a vu antérieurement, dans la préparation du composé précédent; il se forme en bien plus grande abondance lorsque l’on opère entre 50 et 60 degrés. Ce composé s’obtient aussi comme le précédent par le procédé de Boullay (voy. plus haut), en employant l’acide chlorhydrique bouillant au lieu de l’acide chlorhydrique froid.

Ce corps s’obtient sous forme de petites aiguilles consistant en prismes orthorhombiques d’un angle de H2 degrés. Ce sel perd très facilement son eau d’hydratation; il se dissout facilement dans l’eau, surtout à chaud, et il se dépose de ses solutions entre 15 et 18 degrés. Il paraît exister, d’après Bonsdorff, une grande différence entre la solubilité de ce sel à diverses températures.

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