G ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
gaultvoil, dans la diminution de densité, une confinuation de son interprétation ; cette particularité ne peut être attribuée à des vides, car les alliages en minces lamelles ou en poudre fine ont aussi une densité plus faible.
6” SÉLÉNIÜRES d’argent.
Le séléniure d’argent pur est une rareté minéralogique ; on peut même dire qu’il est inconnu à l’état de pureté absolu, les échantillons qui ont la formule la plus voisine de AgSe contenant encore plusieurs centièmes rie plomb. Sous le nom de séléniures d’argent nous décrirons donc, soit le séléniure proprement dit ou nauraannite, soit les combinaisons de ce corps avec les séléniures de cuivre, de plomb ou de thallium.
Naumannite.
Ce minéral a été découvert et décrit par Rose, qui l’a rencontré à Tilkerode, au Hartz. Depuis, Del Rio l’a retrouvé à Taxo, au .Mexique. Il est d’ailleurs extrêmement rare. Sa densité est 8 ; sa dureté, 2, 5. Il forme de petits cubes clivables suivant les directions des faces primitives. Il est opaque, noir de fer, à éclat métallique, malléable.
Sa composition est d’après Rose(I) :
Argent. 65,56
Sélénium.. 29,53
Plomb. 4,9t
C’est à peu près la composition du séléniure d’argent AgSe avec un petit excès de sélénium, et un peu de séléniure de plomb. La formule AgSe exige :
Argent. 73,09 Sélénium.... 26,91
La formule des échantillons recueillis par Del Rio, au Mexique, se rapproche davantage de AgSe®.
Berzelius a reproduit le séléniure d’argent à l’état cristallin en chauffant ensemble le sélénium et l’argent ; à une température voisine du rouge, la combinaison se fait avec incandescence; le séléniure entre en fusion et forme, après refroidissement, une masse noire, brillante, d’aspect métallique, ressemblant au sélénium vitreux.
Margottet {loc. cit.) est parvenu à faire la synthèse de ce minéral à l’état de pureté et à l’obtenir nettement cristallisé. La méthode employée est celle qui a été décrite à propos du sulfure d’argent. Le sélénium est placé dans la partie courbe d’un tube de verre qui est traversé par un courant d’azote sec. Ce tube de
(1) Anmlen der Phys. u. Chem., t. XIV, p. 471.
verre communique avec un autre tube horizontal chauffé au rouge naissant sur une grille à gaz. Après avoir balayé l’air de l’appareil par le courant d’azote, on chauffe le sélénium dont les vapeurs sont entraînées avec le gaz et réagissent sur le métal. L’argent se transforme ainsi progressivement en séléniure ; celui-ci cristallise sur place au fur et à mesure de sa formation.
Dans cette opération, comme dans la préparation du sulfure d’argent, on peut obtenir à volonté de longues aiguilles de forme hexagonale formées par la superposition de cristaux microscopiques, ou des cristaux volumineux isolés les uns des autres. On réalise la première phase de l’opération en chauffant le sélénium assez peu pour n’introduire dans le courant gazeux que des traces de sa vapeur ; alors le séléniure d’argent se développe en prismes hexagonaux qui peuvent quelquefois atteindre 2 ou 3 centimètres de longueur; si l’on fait arriver le sélénium par intermittence, ces prismes sont formés de plusieurs parties distinctes, de grosseurs différentes, dont les arêtes sont parallèles, mais non situées sur le prolongement l’une de l’autre.
On obtient, au contraire, des cristaux volumineux en faisant passer le gaz inerte avec une assez grande vitesse et le chargeant de vapeurs de sélénium à son passage dans la partie courbe du tube de verre.
Lorsque l’expérience est convenablement dirigée, on transforme ainsi, sans fusion, un fragment d’argent en un petit nombre de cristaux isolés et assez bien développés pour être facilement mesurés.
Les cristaux obtenus ressemblent au sulfure d’argent; ils présentent nettement les faces du dodécaèdre rhomboidal.
Ce composé est gris de plomb, malléable. Son point de fusion est voisin de celui de l’argent. Il n’abandonne du sélénium qu’au-dessus du rouge blanc, mais il est réduit par l’hydrogène au rouge sombre avec production d’argent filiforme, comme il arrive pour le sulfure d’argent.
L’analyse des cristaux artificiels a donné :
Trouvé. Calculé pour AgSe.
Argent. 72,60 73.09
Sélénium. 26,30 26,91
CacheutaUe.
On donne quelquefois ce nom à un séléniure double de plomb et d’argent qui accompagne, au Hartz, la clausthalite ou séléniure de plomb, PbSe. Rammelsberg en a donné l’analyse suivante :
Argent. 11,67
Sélénium. 26,52
Plomb. 60,15
qui correspond à peu près à :
6 PbSe + AgSe.
68 ËNCYCLOPÉDIK CHIMIQUE.
Ce minéral n’est pas nettement cristallisé. Il n’a pas été reproduit. Rien ne prouve qu’il constitue réellement une espèce définie.
Enkairite.
Ce composé à l’état de pureté aurait pour formule :
Cu^Se + AgSe,
et pour composition :
Argent. 43,03 Cuivre. 25,30 Sélénium... 31,67
Les divers échantillons analysés contenaient :