FRANCE
Bretagne.
On connaît en Bretagne deux fdons assez riches, près de Morlaix, à Poullaouen et à Huelgoat. On y trouve de l’argent natif, du bromure, du clilorobromure et de la galène argentifère. On a suivi la direction du filon de Poullaouen, par des travaux souterrains, sur une longueur de 1500 mètres, et son inclinaison jusqu’à une profondeur verticale de 250 mètres; ce filon est très ramifié. Le produit de ces deux gîtes s’est élevé Jusqu’à 1400 kilogrammes d’argeni, mais leur richesse a diminué très rapidement dans les couches profondes, et actuellement ils sont à peu près abandonnés.
Près de Rennes, on connaît les mines de Pontpéan, qui comprennent un filon de galène et de blende argentifère, exploité jusqu’à la profondeur de 130 mètres. Un moment abandonnée à cause des difficultés que présentait l’épuisement des eaux, leur exploitation a été reprise depuis quelques années et fournit annuellement plus de 1000 tonnes de galènes argentifères qui sont traitées à Poullaouen et des blendes argentifères que l’on expédie en Angleterre.
Vosges.
Dans la partie méridionale des Vosges, à Saint-Jean-d’Auxel, se trouvent trois filons de galène argentifère que l’on n’exploite plus.
Mais c’est surtout dans les environs de Sainte-Marie-aux-Mines que se ren-
(t) Voy. pour les détails, Ann. mines (1856), 5» série, t. IX, p. 676 et suiv.
L’ARGENT ET SES COMPOSÉS
contrent les filons puissants de galène argentifère. On cite ceux de Lacroix, de Surlatte et de l’Espérance. Le premier contient, outre la galène, de l’argent rouge et de l’argent natif. Le minerai donne en moyenne 500 grammes d’argent à la tonne. En 1756, ce filon fournissait près de 1500 kilogrammes d’argent, mais il a été abandonné, comme presque tous les filons métallifères des Vosges,
par suite de l’envahissement des eaux.
A Giromagny, on trouve des panabases argentifères.
' Alpes. Va'
Il existe, dans la région des Alpes, un très grand nombre de filons argentifères dont quelques-uns sont assez riches ; la plupart ont été à plusieurs reprises exploités, puis abandonnés, soit qu’ils manquent d’étendue ou de profondeur, soit que la difficulté des communications ait rendu pendant longtemps l’exploitation difficile ou trop onéreuse.
Le filon de l’Argentière, dans les Hautes-Alpes, donne de 320 à 340 grammes d’argent pour dOO kilogrammes de plomb; à plusieurs époques, il a été l’objet de travaux assez actifs.
Les mines de Pesey et de Macot sont situées en Savoie, non loin de Moutiers. Le filon de Pesey a rendu 600 kilogrammes d’argent par an, mais le produit a beaucoup baissé.
Les mines de Vienne (Isère) donnent de la galène argentifère. Celles d’Allemont et des Challanches, sur le flanc de la montagne de Belledonne (Isère), à 2000 mètres d’altitude, fournissent de l’argent natif et des sulfures, arséniures ou antimoniures. A la fin du siècle dernier, ce gîte rendait annuellement 500kilogrammes d’argent. lia été bien souvent abandonné, puis e.xploité de nouveau.
Auvergne et Lozère.
Aux environs de Ponlgibaud (Puy-de-Dôme), on trouve les galènes argentifères des mines de Pranal, Barbecot, Roure et Rosier. L’extraction du minerai y est particulièrement difficile, à cause de l’abondance de l’eau, et surtout de •a présence du gaz acide carbonique qui envahit les galeries et nécessite l’installation de puissantes machines de ventilation. On retire de ces mines, annuellement, plus de 1000 kilogrammes d’argent.
La Lozère, et la partie du département du Gard qui touche à la Lozère, possèdent de nombreux gîtes de galène argentifère. D’après Lan (1), les gîtes sont ainsi localisés :
1° Au.\ environs de Meyrueis, près de l’Aigoual ;
2° Sur une ligne E.-O. dirigée de Cassagnas vers le collet de Dèze et fortes (Gard) ;
3° Sur une ligne E.-O. de Florac (Lozère) à Chamborigaud et Peyremale
IQO KNGYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
(Gard), prenant par Cocurès, Bedonès, Pont-de-Montvert, Vialas, c’est-à-dire côtoyant le revers sud des monts Lozère ;
4° Le long d’une ligne reliant Mende et Villeforl, sur le revers nord delà Lozère.
La plupart des minerais sont formés de galènes argentifères ; quelques-niis contiennent des cuivres pyriteux. Leur richesse moyenne varie de 100 à 500 grammes d’argent pour 100 kilogrammes de plomb d’œuvre. Le rendement annuel peut être évalué à 600-700 kilogrammes d’argent.
Dans le Gard, à Fallières et à Durfort, on trouve des galènes qui donnent,à Fallières, 130 grammes d’argent pour 100 kilogrammes de plomb d’œuvre.
Se rattachant à la même région, les mines de l’Argentière (Ardèche) ont aussi des gisements de galène argentifère ; on les a exploitées au douzième siècle; elles sont aujourd’hui abandonnées.
On peut citer aussi, dans la Loire, les mines de Saint-Martin-la-Sauvelé, près de Roanne.
Midi de la France.
Les exploitations du midi et du sud-ouest de la France sont très peu importantes. On peut citer les mines de Confolens, dans la Charente (galènes argentifères) ; celles d’Allone, de Grand-Neuville et de Melle, dans les Deux-Sèvres (galènes argentifères contenant un peu de platine) ; celles de Figeac, dans le Lot (galènes argentifères).
Dans l’Aveyron, les gisements de galène argentifère paraissent avoir été exploités anciennement avec activité; mais on n’a fait jusqu’à présent aucune tentative pour reprendre les travaux. Les échantillons donnent de 125 à 425 grammes d’argent aux 100 kilogrammes.
Dans les Pyrénées, on exploite la mine de Seintein, qui fournit une galène faiblement argentifère.
La production totale en France était, en 1855, de 3500 kilogrammes d’argent.