FUSIBILITÉ
Le point de fusion de l’argent est certainement voisin de 1000 degrés, mais on ne le connaît pas encore avec certitude, la mesure de ces températures élevées manquant toujours de précision. Pouillet donne 1000 degrés; Guyton de Morveau, lOSS",?; Prinsep, 999 degrés: Becquerel, 960 degrés. Enfin, Violle a déduit d’expériences qui paraissent plus exactes, 954 degrés. Il faut donc porter l’argent au rouge-cerise clair pour le faire fondre. Mais il est nécessaire de l’entourer complètement d’une atmosphère portée à cette température on ne peut le faire fondre au foyer d’un miroir à l’aide duquel on pourrait cependant faire fondre du platine, à cause de son grand pouvoir rayonnant. L’argent fondu est blanc bleuâtre.
Violle (1) a fait voir que, pendant tout le temps que dure la solidification de l’argent fondu, la radiation reste constante.
10° VOL.ATILITÉ.
L’argent parfaitement pur peut être maintenu aune température notablement supérieure à celle de sa fusion pendant assez longtemps, sans perdre de poids, comme l’a établi Roswag (2). Aussi, ne doit-on pas craindre d’en perdre pendant l’opération de la coupellation. Cependant, lorsque l’argent est mélangé avec d’autres métaux plus volatils, tels que le plomb, le zinc, le mercure, des vapeurs d’argent peuvent être entraînées en même temps que celles de ces autres métaux. C’est ainsi qu’on explique sa sublimation partielle dans les fourneaux où on le fond en lingot avant qu’il soit complètement purifié.
Le point d’ébullition de l’argent n’est pas exactement connu, mais il est certainement bien supérieur à 1000 degrés. Il entre en ébullition lorsqu’on le soumetàla température énorme de l’arc voltaïoue ou du chalumeau à gaz oxygène et hydrogène. Dans ces conditions, il bout et se volatilise rapidement, en produisant des vapeurs verdâtres. L’action d’un courant gazeux rend cette volatilisation plus rapide.
Stas a pu distiller, en quinze minutes, 50 grammes d’argent pur au moyen du chalumeau oxyhydrique dans un appareil distillatoire en chaux.
Chrislomanos a répété cette expérience; l’appareil qu’il emploie est formé de deux plaques de chaux de 16 centimètres de longueur sur 7 centimètres de largeur et 3 centimètres d’épaisseur. Ces plaques s’adaptent exactement l’une suri autre. La plaque inférieure porte une cavité pour recevoir l’argent; l’oxygène et l’hydrogène arrivent dans cette cavité par deux rigoles divergentes; une troisième rigole reçoit l’argent. Ce métal distillé a une densité de 10,575.
Lorsqu’on emploie un alliage d’argent et de cuivre, l’argent qui distille retient peu de cuivre, et le cuivre qui reste n’abandonne pas la totalité de l’argent.
W C. R., t XCVI, p. 1033.
M mcijclopédie chimique, Métallurgie de l’argent, p. U, et suiv.
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