II. Sainte-Claire Deville et H. Debray
Berzelius (2).
Claus (3).
(1) H. Sainte-Claire Deville et H. Debray, loc. cil ., p. 108)
(2) Berzelius, Pogg. Ann., t. XXXII, p. 232 ; 1834.
(3) Claus, Beitràge sur Chemie der Platinmetalle, p. 60 ; Dorpat, 1854
OSMIUM
Il y a lieu enfin de rapprocher des tableaux qui précèdent quelques analyses dans lesquelles l’osmium a été dosé directement dans le minerai total :
Teneur en OSMIUM de divers échantillons de quelques minerais de platine
Minerai de Barbacoas (Province
d’Antioquia en Colombie).
Minerai de Bornéo.
— l’Oural(Goroblagodat)
— d’Amérique (?).
Berzelius (1) Bleekerode (2)
Claus (3)
En dehors de l’osmiure d’iridium et des minerais de platine d’où s’extrait cet alliage, on connaît peu de minerais naturels contenant de l’osmium. Citons cependant un sulfure de ruthénium cristallisé, lalaurite, rencontrée par Wœhler (. Lieb . Amt.,'t. CXXXIX,p. 116 ; 1866), — et t. CLI, p. 374 ; 1879) dans le minerai de platine de Bornéo, puis dans ceux de l’Orégon. Il forme de petits grains ou globules d’un gris noir foncé et d’un grand éclat, portant fréquemment des facettes brillantes dérivant de l’octaèdre régulier. Il contient de l’osmium en proportion relativement faible : 3,03 p. 100, et Wœhler lé considère comme une combinaison de sesquisulfure de ruthénium avec le persulfure d’osmium :
12(Ru 1 2 S 3 ) + OsSA
EXTRACTION DE L’OSMIUM
Il n’entre pas dans le cadre de cet ouvrage de décrire ici en détail l’extraction industrielle de l’osmium aux dépens des minerais naturels dont nous venons de parler. Cette étude se rattache en effet de très près à la séparation des métaux du platine les uns avec les autres, de sorte qu’elle trouvera naturellement sa place dans le fascicule de cet ouvrage consacrée à la métallurgie, à l’analyse et aux applications de ces métaux. Nous nous bornerons ici à indiquer sommairement le principe des réactions qui sont utilisées dans cette séparation.
Ces réactions reposent toujours sur le même fait fondamental, le même qui, par la différence notable qu’il introduit entre l’osmium etles autres métaux du platine, a conduit Tennant à la découverte de ce métal : l’existence d’un oxyde très volatil, très facile par conséquent à séparer par distillation des composés non volatils que forment les métaux voisins, facile aussi à recueillir, soit par condensation dans un récipient refroidi par de la glace, soit par dissolution de sa vapeur dans une liqueur alcaline : le peroxyde d’osmium OsOA Les méthodes employées pour la séparation de l’osmium ne diffèrent dès lors les unes des
(1) Berzelius, Ann. de Chim. el Phys., 2 e série, t. XL, p. 350; 1829
(2) Bleekerode, Pogg. Ann., t. GUI, p. 656; 1858.
(3) Claus, Beitrüge zur Chemie der Plalinmelalle, p. 60 ; Dorpat, 1854.
autres que par la façon dont elles produisent ce peroxyde aux dépens du minerai.
Vauquelin (Arm. de Chimie, t. LXXXIX, p. ISO; 1814) et après lui Berzelius (Arm. de Chim. et Phys., 2 e série, t. XL, p. 141 ; 1829) attaquaient l’osmiure d’iridium en le portant au rouge avec un excès de nitre. Le produit obtenu était ■ additionné d’eau régale et soumis à l’action de la chaleur dans un appareil distillatoire : le peroxyde d’osmium allait se condenser dans le récipient bien refroidi.
Cette méthode a été perfectionnée depuis par divers auteurs, au point de vue du choix du réactif oxydant employé pour attaquer l’osmiure. Fritzsche (Bull, phys. math, de l'Acad. de Saint-Pétersbourg , t. V, p. 186; 1847) remplace le nitre par un mélange de chlorate dé potassium et de potasse ; H. Sainte-Claire Deville et H. Debray (Arm. des Mines, 5 e série, t. XVI, p. 10; 1859), par du bioxyde de baryum (5,5 parties pour 1 partie d’osmiure), ou encore par un mélange de baryte caustique (3 parties) et d’azotate de baryum (1 partie); Claus (Bull, de l’Acad. des Se. de Saint-Pétersbourg, t. IV, p. 453; 1862), parun mélange de nitre (2 parties pour 1 partie d’osmiure) et de potasse caustique (1 partie).
Elle a été perfectionnée aussi au point de vue de la désagrégation préalable qu’il faut faire subir à l’osmiure avant l'attaque. Vauquelin, et après lui Berze lius, se contentaient de le pulvériser dans un mortier d’acier avant le traitement par le nitre : mais cette opération, fort difficile à cause de la dureté de l’osmiure, ne permet pas de l’amener à un état de division suffisant pour qu’il soit entièrement attaquable. H. Sainte-Claire Deville et H. Debray (loc. cit., p. 20), au lieu de pulvériser l’osmiure, le chauffent au rouge pendant quelques heures avec 8 à 10 fois son poids de zinc. Après refroidissement, ils dissolvent l’excès de zinc dans l’acide chlorhydrique étendu, et retrouvent ainsi l’osmiure sous la forme d’une poudre noire, très friable, et attaquable à peu près sans résidu par les réactifs cités plus haut.
Dans la méthode qui vient d’être exposée, l’attaque de l’osmiure est obtenue au moyen d’un oxydant solide, ou rendu liquide par fusion. On peut également se servir d’un oxydant gazeux. Wœliler (Pogg. Ann., t. XXXI, p. 161 ; 1834) mélange l’osmiure ou les résidus qui le renferment avec un poids égal de sel marin finement pulvérisé, porte le tout au rouge sombre et le fait traverser par un fort courant de chlore humide : il distille du peroxyde d’osmium, mélangé de gaz chlorhydrique.
Enfin Frémy (Ann. de Chim. et Phys., 3 e série, t. XLIV, p. 387; 1855) grille simplement l’osmiure, chauffé au rouge vif dans un tube en porcelaine ou en platine, que traverse un courant d’air bien dépouillé de poussières organiques. Le peroxyde distille et va se condenser dans un ballon de verre refroidi par de la glace: un laveur à potasse, placé à la suite, arrête la petite quantité de ce corps qui pourrait échapper à la condensation. Cette élégante méthode, qui, appliquée à des résidus de platine, fournit des quantités de pex-oxyde pouvant atteindre 40 p. 100 du poids de résidu mis en œuvre, n’est pas également facile à appliquer à toutes les variétés d’osmiure : elle s’emploie surtout avec succès
OSMIOl
dans le cas des osmiures en lamelles très finement divisées qui constituent le n° 4 de la classification de H. Sainte-Claire Deville et H. Debray (Voir p. 2). Pour les osmiures compacts, il y a avantage à les désagréger, d’abord par calcination avec du zinc, comme il a été indiqué plus haut.