I. — PROTOXYDE DTRIDIUM
IrO
1. L'iridium réduit en poudre line, lorsqu’on le chauffe au rouge vif dans un courant d’air, absorbe de l’oxygène ; l’augmentation de poids a pour limite 4,55 % d’oxygène.
Cette valeur se rapproche do celle qui serait exigée pour la formule d’un oxyde intermédiaire (Ir^O.IrO) renfermant 5,1 (o/q d’oxygène.
(Tb. Wilm, Joiirn. Soc. chim. rusne, 1882, p. 240; — Bull. Soc. chim., ’2], t. XXXVIll, p. 611.)
La formule Ir'^ü exigerait 3,88 ®/od’oxygène; la formule IrO exigerait 7,47 'Vo-
Les travaux de 11. Sainte-Glaire Deville et Debray semblent démontrer que cet oxyde inférieur est un produit de dissociation du sesquioxyde. Ces auteur.s ont montré que l’iridium s’oxyde par la calcination à l’air, mais à une température inférieure à 1.000", car, à une température supérieure, l’oxyde se dissocie.
L’oxyde d’iridium était placé au milieu d'un tube de porcelaine chauffé dan.s un four à pétrole; les températures étaient données par un thermomètre à air. Voici les nombres trouvés pour la tension de dissociation de l'oxyde au;, diverses températures :
TensiuD de diss
soeialion
KNCYCLOI'ÉDIE CHIMIQUE
Au-dessus de 1.139», la tension dépassant celle de l'atmosplière, l’oxygène se dégage, et il reste de l’iridium métallique, de sorte que le métal ne s’oxyde plus à partir de cette température. Les parties froides du tube sont revêtues d’un enduit d’oxyde. Cette volatilité explique l’observation de Elsner {Jahrcsbericht fur Chem., 1866, p. 36), qui avait constaté ((ue le noir d'iridium, incrusté dans la porcelaine émaillée, se volatilisait partiellement aux températures élevées des fours à porcelaine où l’atmosphère est très oxydante.
(H. Sainte-Claire Deville et H. Debray, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LXXXVII, p. 442.)
11. Lorsqu’on chauffe la dissolution d’un chlorure double d’iridium et d’alcali avec un bisulfite alcalin, on obtient, suivant les conditions de l’expérience, différents sels analogues aux platino-sulfites alcalins ; ces combinaisons ont été étudiées par Claus d’abord, puis par Seubert. Claus, qui les écrivait dans le style de son époque sous la forme dualistique suivante :
IrO. SOa -I- 2 (SOSK^O) -f IrClLKCl + 1211^0 lr0.2S0’'i -f 3 (S0’'iK20) -b ÜIPO lr0.2S02-f 6KC1
avait été amené à admettre l’existence d’un protoxyde d’iridium IrO.
Mais le mode d’établissement des formules actuelles ne nous permet pas d’admettre cette hypothèse dans toute sa rigueur.
Telles sont les deux seules raisons qui pourraient faire admettre l’existence d’un protoxyde d’iridium, IrO; mais, comme nous l’avons dit, ce corps n’a pas été isolé jusqu’à présent.
Les corps obtenus par BerzéliuS dans l’action de la potasse sur le chlorure IrCl^, et par Claus dans la décomposition des sulfates doubles d’iridium par la chaleur, corps qu’ils considéraient comme des oxydules, ne sont, en réalité, que des mélanges.
SESQUIOXYDE D’IRIDIUM
Le sesquioxyde d’iridium est connu à l’état anhydre et à l’état hydraté.