II. — BIOXYDE DE RHODIUM HYDRATÉ
Rh0»,2in0. = Rli(01l)‘.
Préparation. — 1° On dissout dans la potasse très concentrée le sesquioxyde de rhodium récemment précipité, et, dans cette dissolution on fait passer un courant de chlore. La température s’élève ; il se forme un précipité noirâtre, gélatineux, de sesquioxyde hydraté; puis,celui-ci se transforme petit il petit, sous l’influence prolongée du chlore, en un corps plus dense, possédant l’aspect d’une poudre verdâtre; en même temps, la liqueur au sein de laquelle il s’est déposé a pris une coloration bleu violet foncé (Claus, N. Petevsb. Akad. Bull., t. II, p. 177; Journ. für prackt. Chem. [1], t. LXXX, p. 282).
2" Lorsque l’on verse de l’hypochlorile de soude dans une dissolution de chlorure double de rhodium et de sodium acidulée par l’acide acétique, la dissolution se colore en jaune, puis laisse déposer un précipité grisâtre et prend elle-même une teinte bleuâtre qui disparaît au bout d’un certain temps (phénomène que ne présentent pas les autres métaux du groupe du platine). Cette solution bleue donne avec la potasse un précipité verdâtre qui se dissout dans l’acide acétique avec une coloration bleuâtre. Cette succession de phénomènes serait due à la formation d’un sel corresjiondant à l’hydrate vert de bioxyde de rhodium (Demarçay, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. CI, p. 951).
3" On dissout du chlorure chloropurpuréorhodique dans une lessive de soude concentrée et chaude; cette liqueur renferme alors du chlorure roséorhodique provenant de la transformation du chlorure chloropurpuréorhodique sous l’influence des alcalis; on y verse, lorsqu’elle est refroidie, de l’hypoclilorite de soude concentré, et on la chauffe : elle devient verdâtre, puis au bout d’un certain temps il se dégage de l’azote et il se dépose un précipité noir verdâtre et volumineux de bioxyde de rhodium hydraté (Jurgensen, Journ. für prackt. Chem. [2], t.XXVlI, p. 446).
4" Lorsqu’on soumet àl’électrolyse, soit la dissolution concentrée d’oxalate de rhodium et de potassium, soit une dissolution renfermant du rhodium sous forme de sesquichlorure ou de chlorure double et saturée d’acide oxalique, il ne se dépose pas de métal au pôle négatif, mais le pôle positif se recouvre d’un dépôt vert foncé. Celui-ci se dissout dans l’acide chlorhydrique avec dégagement de chlore et formation de sesquichlorure de rhodium : il semble donc
a02 liNCYCLOPÉDlE CHIMIQUE.
que ce soit, sinon le bioxyde de rhodium, tout au moins un peroxyde (Joly et Leidié, Compl. rend. Acad, des Sciences, t. CXII, p. 794).
Propriétés. — Le bioxyde de rhodium hydraté se dissout à la longue dans l’acide chlorhydrique en dégageant du chlore; la coloration de la liqueur change successivement, et, lorsqu’elle est devenue brun foncé, tout le peroxyde est décomposé avec formation de sesquichlorure de rhodium soluble.
CalcuM. Clans.
Hh. 103,00 00,26 .',9,56 59,56
2ir^O. 35,92 21,07 21,15 21,52
RhO^ 21120. 170,81 100,00
Cependant, d’après l’excès d’oxygène trouvé dans plusieurs analyses, Claus inclinait à croire que le bioxyde hydraté était plutôt un rhodate rhodique hydraté :
3(Rh0*,2H‘0) = Rh'O^RhO^ + OH^O, et le bioxyde anhydre un rhodate rhodeux :
2Rh02 = Rh0Rh03.
L’existence de rhodites alcalins, ou plutôt de rhodites provenant de la condensation des hydrates rhodeux, est venue trancher cette question controversée fLeidié)(Foir p. 317).
ACIDE RHODIQUE.
Rh03.
La liqueur violette au sein de laquelle s’est formé le bioxyde de rhodium hydraté laisse déposer au bout d’un temps assez long un précipité bleu, qui, par la dessiccation, se transforme en bioxyde de rhodium hydraté; en même temps il se dégage quelques bulles de gaz et la liqueur se décolore. Cette même liqueur violette, qui, d’après Claus, renferme du rhodate de pota.ssium, étant exactement neutralisée par l’acide azotiijue, abandonne un précipité lloconneux bleuâtre qui est peut-être l’acide rhodique; celui-ci devient vert par la dessiccation, et, lor.squ’il est encore humide, se dissout facilement dans l’acide chlorhydrique en dégageant du chlore; cette dissolution dégage une nouvelle quantité de chlore lorsqu’on la chauffe, puis devient rouge et ne renferme plus alors que du sesquichlorure de rhodium dissous (Claus, toc. cit.).
RHODIUM.
SELS DE RHODIUM.
On ne connaît qu’un petit nombre de sels de rhodium : presque tous ceux qui ont été décrits jusqu’à présent dérivent du sesquioxyde; un petit nombre dérivent du bioxyde.
Leurs propriétés générales, ainsi que leurs caractères analytiques, seront^ exposés dans la partie de cet ouvrage spécialement consacrée à la recherche et à la séparation des métaux du groupe du platine.