V. — DÉRIVÉS AMMONIÉS DU CHLORURE PALLADIQUE
Les chloropalladates se préparent en faisant réagir le chlore sur les chloropalladites. Or, lorsqu’on soumet à un courant de chlore, à basse température, le
PALLADIUM
chlorure de palladoammonium ou celui de palladodiammonîum, ils suhissent une décomposilion plus ou moins profonde, et donnent des produits qui ne sont jamais homogènes :
2 [(PdAzH3)*CI»] + 3C1* =2(PdC1^2AzH*Cl) + iHCl + 2Az ou 4[(PdAzH3)^C13]+10Cl’ =:2(PdCl*.2AzH‘Cl)+8HCl + 4Az + 2PdCl*.
Dans ces réactions, si l’on peut opérer en dehors de l’action destructive de l’eau, on obtient des dérivés ammoniés du chlorure palladique qui renferment deux molécules de (Az) comme les dérivés du palladoammonium; dans ces composés du type PdX*, le palladium se comporte comme un métal tétravalent.
(Rosenheim et Maas, Zeit. fur anorg. Chem., t. XVIII, p. 331.)
CHLORURE DE PALLADIPYRIDINIÜM.
[Pd(C5H"-Az)’JCI*.
On fait passer un courant de chlore dans du chloroforme tenant en suspension du chlorure de palladopyridinium, en ayant soin de refroidir soigneusement. Ce chlorure est légèrement soluble dans le chloroforme, et, à mesure qu’il se dissout, il se transforme en cristaux qui sont des prismes microscopiques d’un rouge orangé foncé, insolubles dans le chloroforme.
Ces cristaux sont essorés, lavés avec du chloroforme, puis séchés dans l’air sec sur une plaque poreuse; ils ne sont stables que dans l’air sec; l’humidité les décompose rapidement.
L’analyse centésimale conduit à la formule susindiquée; or il est une substance qui, à deux atomes d’hydrogêne près, possède la même composition, c’est le chloropalladite de pyridine PdCl*. 2(C“H*Az.HCl). Mais, d’une part, ce chloropalladile est très soluble dans l’eau, ne s’y décompose pas, et cristallise en aiguilles brunes; d’autre part, le chlorure de palladipyridinium donne avec la potasse de l’oxyde palladique hydraté Pd(OH)* que l’acide chlorhydrique, en présence de chlorure de potassium, transforme en chloropalladate PdCP.2KCl, caractéristique par sa forme cristalline; enfin, agité avec une solution concentrée d’iodure de potassium, il perd deux atomes de chlore et redonne le chlorure de palladopyridinium [Pd(G-’iPAz)*]CU. C’est donc bien le chlorure de palladipyridinium (Rosenheim et Maas, loc. cit.).
CHLOROBROMURE DE PALLADIPYRIDINIUM.
[Pd^C-H5Az)3JCl*Br».
On laisse en contact pendant quelque temps dans un lieu frais, en agitant souvent, du chlorure de palladipyridinium avec une dissolution de brome dans le chloroforme. Les cristaux primitifs se transforment à la longue en une poudre rouge orangé foncé qui est insoluble dans le chloroforme. On la sépare, on l’essore, et on la sèche sur une plaque poreuse.
On s’est basé sur le dosage du palladium et sur celui de l’azote pour établir et admettre la formule : 2[Pd(G“H®Az)']C^-Br^
La réaction qui donne naissance à ce corps est assez complexe. Elle se complique de la formation d’un brombydrate de bromure de pyridine 2 (C“H5AzBr2)IIBr, déjà décrit par Grimaux (Bull. Soc. chim. [2], t. XXXVIII, p. 124, 127).
(Rosenlieim et Maas, loc. cit.)
CHLOROIODURE DE PALLADIPVRIDINIUM.
[Pd(C^H5Az)S]CPP.
On agite du chlorure de palladipyridinium avec une solution d’iode dans le chloroforme. Le chlorure finit par se dissoudre, et la dissolution abandonne le chloroiodure par évaporation spontanée.
Il cristallise en aiguilles brunes; il est très stable à l’air. Il se décompose à chaud sous l’influence de l’eau et celle des alcalis étendus en donnant de l’iodure palladeux. Agité avec du sulfure de carbone, il abandonne tout son iode et se transforme en chlorure de palladopyridinium.
(Rosenlieim et Maas, loc. cil.)