NOIR D’IRIDIUM
On désigne sous le nom de noir d’iridium, par analogie avec le noir de platine, plusieurs corps obtenus par des procédés différents, qui jouissent de quelques propriétés communes, mais qui doivent posséder une composition variable suivant les conditions dans lesquelles ils ont été préparés.
Les solutions peu acides des sels d’iridium, étant additionnées d’alcool éthylique, d’aldéhyde formique, d’acide formique, et soumises à l’ébullition ou à l’action prolongées de la lumière solaire, laissent dégager différents gaz, etdéposer une poudre noire qui, lavée à l’eau bouillante et séchée dans le vide sec à la température ordinaire, constitue le noir d’iridium. On réussit mieux, ou du moins la préparation est plus rapide et la précipitation de l’iridium presque complète, lorsqu’avant l’addition des réducteurs on a ajouté à la solution étendue d’iridium un excès d’alcali, de façon à avoir une solution de sesquioxyde d’iridium dans la potasse ou la soude.
On peut encore l’ohtenir en triturant avec de l’acide oxalique cristallisé, ou en laissant digérer pendant quelque temps avec de l’acide formique, le sesquioxyde ou le sesquichlorure d’iridium, jusqu’à ce que tout dégagement d’acide carbonique ait cessé; on lave et on sèche, comme on l’a vu plus haut.
Le noir d’iridium est soluble dans l’eau régale concentrée et chaude. 11 possède la propriété d’absorber et de condenser certains gaz, comme le fait le noir de platine, et de déterminer leur combinaison. 11 s’échauffe et rougit au contact du gaz hydrogène; certaines vapeurs organiques, comme la vapeur d’alcool, mises en présence de lui, s’enllamment; on peut même, en le projetant sur un papier poreux imprégné d’alcool enllammer celui-ci.
11 transforme, comme le font le platine et le rhodium, mais plus lentement, l’eau chlorée, l’eau bromée, l’eau iodée, en oxygène et en acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique. L’action est plus nette sur les hypochlorites alcalins disssous; il se forme de l’acide chlorhydrique et il se dégage de l’oxygène. 11 décompose l'oxygène ozonisé, sans s’oxyder lui-même (Schcinbein, Ann. Chim. et Phys., [4], t. Vil, pp. 103-11,3.)
ün n’est pas bien lixé sursa composition, car il est évident (ju’elle doit varier avec la nature du réducteur, l’alcalinité de la liqueur, la température de l’opération, etc. C’est sans doute un oxyde très divisé i Berzélius) (Dobereiner, Schiueujy. Journ., t. LXIll, p. 465) (Boltger, .Journ. fur prackt. Chem., [1], IlC p. 276).