MÉTAPERIODATE DE SOUDE HYDRATÉ
Premier hydrate, Na0,I0 7 ,4H0.
Propriétés. —Langlois envisage ce sel comme dérivant de l’acide périodique normal I0 7 ,5HO dont 1 équivalent d’eau est remplacé par I équivalent de base. Obtenu par évaporation de ses dissolutions à 50-60 degrés, il cristallise en
rhomboèdres rougissant le tournesol. Il devient anhydre par la dessiccation à 140 degrés ; la perte d’eau s’élève à 14,47 pour 100. A 275 degrés, il se transforme en iodate. Calciné au rouge, il laisse un résidu d’iodure s’élevant à 62,80 pour 100 du poids primitif.
Préparation. — On l’obtient en saturant le paradiperiodate de soude par l’acide périodique en dissolution aqueuse. Malgré l’emploi d’un excès deperiodate bibasique, la liqueur conserve toujours une réaction acide. On doit la concentrer dans une étuve chauffée entre 50 et 60 degrés (Langlois, Magnus et Ammermüller).
Deuxième hydrate, Na0,I0 7 ,6H0.
Propriétés. — Ce sel cristallise en lames hexagonales dérivées d’un rhomboèdre de 94° 28'. Il possède une réaction acide. Il est efflorescent et se déshydrate à 100 degrés, ou à la température ordinaire en présence d’acide sulfurique. Il est soluble dans 12 parties d’eau froide. La perte de poids des cristaux atteint 18,68 pour 100 à 200 degrés. A 300 degrés, la transformation en iodate est complète, et la perte totale de poids par suite du départ de l’eau et de l’excès d’oxygène, s’élève de 24,97 à 26,9 pour 100. Le résidu est neutre et ne contient pas d’iodure de sodium (Rammelsberg). Les dissolutions aqueuses se colorent en rouge à l’air et contiennent alors de l’iodate de soude (Ihre).
Préparation. — On obtient cet hydrate en dissolvant le paradiperiodate de soude dans l’acide azotique très étendu et évaporant la liqueur (Rammelsberg).
PARADIPERIODATE DE SOUDE.
2Na0,I0 7 .
On ne connaît pas ce sel à l’état anhydre, mais on en a décrit deux hydrates. Le premier :
10 7 ,2Na0,3H0,
a été préparé par Magnus et Ammermüller, puis par Langlois. Il présente la même constitution que l’acide périodique normal, dans lequel 2 équivalents d’eau seraient remplacés par 2 équivalents de base.
Le second,
I0 7 ,2Na0,4H0,
a été obtenu par Ihre.
Premier hydrate, 2Na0,I0 7 ,3H0.
Propriétés. — C’est une poudre cristalline, presque insoluble dans l’eau froide, très peu soluble dans l’eau bouillante, caractère très important et qui
SODIDM.
permet de distinguer la soude de la potasse. Il est soluble dans l’acide azotique qui le transforme en métaperiodate, ainsi que dans l’acide acétique (Benckiser).
Il ne perd pas son eau à 200 degrés. Langlois y voit la preuve que cette eau est basique comme celle des orthophosphates acides, opinion qui a été contredite par Rammelsberg. Vers 220 degrés, il perd de 9,96 à 11,51 pour 100. A 275 degrés, il perd une partie de son oxygène en se transformant en iodate. A une température plus élevée, la perte totale en eau et en oxygène s’élève à 27,16 pour 100. Le résidu contient le composé Na 2 I0 3 dont les propriétés correspondent à celles d’un hypoïodite mêlé d’iodure. L’équation suivante rend compte du phénomène :
I0 7 ,2 NaO,3 HO = 10,2 NaO + 0« + 3H0.
Au rouge, le résidu d’hypoïodite se décompose lui-même en laissant de l’iodure de sodium et de la soude caustique.
Le chlore transforme le periodate bibasique en suspension dans l’eau bouillante en métaperiodate, chlorate et chlorure :
6Na 2 IO° + 6C1 = 6NaIO s + NaCIO 6 + 5NaCl.
Quand on remplace l’iode par le chlore, on n’obtient que de l’iodate et de l’iodure, par suite de l’action destructive qu’exerce ce dernier sur le periodate :
2Na 3 I0 9 +21 = 3 NaI0« + Nal.
Préparation. — 1° On prépare une lessive très concentrée d’hydrate de soude dans laquelle on fait dissoudre un poids d’iodate de soude égal à celui de la soude caustique ; on filtre cette liqueur, et on l’introduit dans un ballon de vei’re plongeant dans de l’eau maintenue à une température voisine de son point d’ébullition. On fait alors passer un courant de chlore dans la liqueur presque bouillante ; chaque bulle gazeuse est suivie d’un dépôt de paradiperiodate de soude (Langlois, Magnus et Ammermüller).
2° Lautsch conseille de faire dissoudre de l’iode dans une lessive concentrée dé soude caustique, d’étendre la liqueur rouge avec de l’eau, et d’y faire passer un courant de chlore jusqu’à décoloration. Il suffit de concentrer le liquide pour obtenir un dépôt abondant de sel cristallisé.
Deuxième hydrate, 2 NaO,IO 7 ,4 HO.
Ihre a obtenu cet hydrate en ajoutant de l’ammoniaque à une dissolution de métaperiodate de soude.
Il se carbonate légèrement à l’air et se transforme à 220 degrés en iodate de soude.
ORTHOPERIODATE DE SOUDE.
5Na0,I0 7 (?).
Rammelsberg attribue la composition d’un periodate pentabasique au résidu provenant de la calcination ménagée de Fiodate ou du paradiperiodate de soude.
MÉSOPERIODATE DE SOUDE.
2(3Na0,I0 7 ),5H0 ou 3Na0,I0 7 ,2H0.
Ihre a obtenu ce composé en ajoutant dumétaperiodatedesoudeàune lessive bouillante de soude caustique.
Il cristallise en petites tables hexagonales qu’il faut laver à l’abri de l’air pour les soustraire à l’action de l’acide carbonique.
Il perd son eau à 180 degrés.
HYPOSULFITES DE SOUDE.
Jusqu’à ces derniers temps on ne connaissait qu’un seul hydrate d’hyposulfite de soude, cristallisé en prismes clinorhombiques à 5 équivalents d’eau. Les travaux récents de MM. Parmentier et Amat ont fait connaître un cas de dimorphisme du sel ordinaire.