KO + 201= KOI + KO,CIO
On le prépare encore en décomposant le chlorure de chaux par le carbonate de potasse :
(CaCl + GaO,CIO) + 2(K0,C02) = 2(K0,G10) + 2(Ca0,C03).
On peut obtenir l’hypochlorite de potasse pur en unissant directement l’acide hypochloreux à la potasse (Gay-Lussac), ou en faisant passer du chlore dans une dissolution de carbonate de potasse. Il est alors mélangé de bicarbonate de potasse (Mayer et Schindler).
BROMATE DE POTASSE, KO,BrO®.
Propriétés. — Le bromate de potassé se sépare en aiguilles par le refroidissement rapide d’une dissolution chaude ; par un refroidissement lent on obtient des tablettes hexagonales; par évaporation spontanée, il cristallise en écailles ou en masses dendritiques (Balard). Ces cristaux, d’après Fritsche, se présentent toujours sous des formes appartenant au système régulier. D’après Rammelsberg, ils seraient rhomboédriques.
La densité du bromate de potasse est 3,271 (Kremmers), 3,218 (Topsoë). Il est peu soluble dans l’eau froide, mais beaucoup plus dans l’eau bouillante. Il exige pour se dissoudre :
32,5 parties d’eau à. 0"
(Kremers.)
D’après Rammelsberg, 100 parties d’eau à 15 degrés dissolvent 6,58 parties de bromate de potasse. La solution saturée bout à 104 degrés, cependant quelquefois la température d’ébullition peut atteindre 106 degrés (Kremers).
Le tableau suivant dû à Gerlach donne les densités des solutions de bromate de potasse de différents degrés de concentration.
Teneur en K0,Br05. 1 2 3 4 5
Densité. 1,009 1,016 1,024 1,031 1,039
Teneur en KO,BrO“. 6 7 8 9 10
Densité. t,046 1,054 1,062 1,070 1,079
POTASSIUM
Le broinafe de potasse est peu soluble dans l’alcool.
Ce sel fond à 350 degrés et se décompose ensuite en oxygène et en bromure de potassium (Rammelsberg). Il détone sous l’influence de l’étincelle électrique.
Les cristaux qui proviennent d’une solution neutre ou alcaline décrépitent violemment vers 350 degrés et se brisent en de minces éclats, qui, jetés dans l’eau, laissent dégager de petites bulles d’oxygène (Fritzsche).
Si la liqueur dans laquelle le sel a cristallisé contient de l’alcali en excès, le bromate décrépite à peine et les cristaux se dissolvent ensuite dans l’eau sans dégagement d’oxygène.
M. Berthelet a mesuré la chaleur de formation du bromate de potasse :
Br gaz + O® + K dégage. + 87“,6
KBr 4- O' absorbe. — 11,1
Ce sel décrépite quand on le traite par l’acide sulfurique et se transforme en brome, o.xygène et sulfate de potasse (Lœvig). Les solutions aqueuses de bromate de potasse, traitées par l’acide sulfurique, laissent déposer d’abord des cristaux de bromate inaltéré, puis du bisulfate de potasse (Rammelsberg). Quand on chauffe le bromate de potasse avec de l’acide azotique, il se transforme en brome, oxygène et azotate de potasse (Penny).
Quand on fait pa.sser un courant d’hydrogène sulfuré dans une dissolution froide de bromate de potasse, il se dépose du soufre et la liqueur renferme de l’acide bromhydrique et de l’acide sulfurique. Un courant de chlore la décompose lentement en mettant du brome en liberté (Rammelsberg).
Préparation. — Pour obtenir le bromate de potasse, on fond le chlorate ax|ec du bromure de potassium ; ou bien on fait passer un courant de chlore dans une solution de carbonate de potasse additionnée de brome (Kœmmerer).
Balard recommande de traiter une dissolution concentrée de potasse par du brome; il se forme du bromate de potasse, qui se dépose en cristaux incolores, et du bromure de potassium plus soluble que le bromate, qui reste dans les eaux mères.
Un autre procédé consiste à faire passer du chlore jusqu’à refus dans une dissolution refroidie de bromure de potassium et de potasse caustique. On fait bouillir pour chasser le brome et le chlorure de brome. Par le refroidissement une partie du bromate cristallise. En continuant l’évaporation on obtient un résidu salin formé d’un mélange de chlorure et de bromate, qu’on reprend par l’alcool qui ne dissout que le bromate (Stas).
PERBROMATE DE POTASSE, KO,BrO'.
Le perbromale de potasse se présente sous la forme d’un précipité cristallin à gros grains, moins soluble que le bromate de potasse, plus soluble que le perchlorate de potasse. Il est isomorphe avec le perchlorate et le periodate.
Oii l’obtient en mélangeant des solutions concentrées d’acide perbroinique et de potasse caustique ou de chlorure de potassium (Kœmmercr, Journ. für prakt. Chimie, XC, 190, 1863. — Muir Chemical News, XXIX, 80).
HYPOBROMITE DE POTASSE.
D’après Balard, quand on fait agir le brome sur une solution de potasse, il se forme un bromure et un hypobromile :
2 Br + 2 (KO,HO)=KBr + KO,BrO + 2 HO.
Cette réaction dégage -|-5C‘''',95 (Berlhelot, ïhomsen). La formation de l’hypobromile dégage un peu plus de chaleur que celle du bromate, contrairement à ce qui a lieu pour les chlorates comparés aux hypochlorites (voy. p. 106).
Traitée par un acide, la solution d’hypobromite laisse dégager du brome; sous l’action de la chaleur elle se transforme en bromure et en bromate :
3 (KO,BrO)=2 KBr + KO.BrO-.
lODATE DE POTASSE, KO,10®.
Propriétés. — L’iodate de potasse se présente en cristaux cubiques blancs, assez indistincts (Gay-Lussac, Marignac). Leur densité est 3,979 à 17‘’,5 (Kremers), 2,601 (Ditte). 11 est peu soluble dans l’eau. Une partie de ce sel exige 13 p. 45 d’eau à 14 degrés pour se dissoudre.
0“ il exige. 19,102 p. d’eau pour se dissoudre.
La solution saturée bout à 102 degrés (Kremers).
Le tableau suivant donne les densités des solutions d’iodate de potasse de différents degrés de concentration. Il est dû à Gerlach.
Ten.enlv0,105p.o/o. 1 23456789
Densité. 1,010 1,019 1,027 1,035 1,044 1,053 1,061 1,071 1,080 1,090
L’iodate de potasse est insoluble dans l’alcool ; il est plus soluble dans une solution d’iodure de potassium que dans l’eau. 11 fond au rouge et laissé dégager
22,59 pour 100 d’oxygène en se transformant en iodure de potassium (Gay- Lussac). Cette réaction ne donne pas lieu à un dégagement d’iode ni à la formation d’un periodate (Rammelsberg).
Voici les principales données thermiques relatives à l’iodate de potasse:
I gaz O** + K dégage..... +1 28',4.
Kl + O». + /i4,l
(Berlhelot.)
La chaleur de neutralisation de l’acide indique dissous par la potasse étendue est de très voisine de celle des azotates dissous. La formation de l’io-
date de potasse cristallisé, l’acide et la hase solides, dégage 6, nombre
inférieur à celui des azotates solides (-j-41,2), mais supérieur à celui des sels de potasse des acides organiques. Observons que la chaleur de formation de l’iodate, depuis, les éléments, dépasse celle du chlorate (-|-94,6) et du bromate (+87,6).
Quant à la décomposition del’iodate par la chaleur, elle est endothermique et correspond à une absorption de —tandis que la destruction du chlorate et du bromate dégage +llC“i,0. Ainsi la stabilité va croissant du chlorate à l’iodate, tandis qu’on verra tout à l’heure qu’elle va en décroissant de l’hypochlorite à l’hypoïodite. ’
D’après une remarque de M. Berthelet, la transformation du système initial 3P+6 KO étendue dans le système final 6KI dissous +0 absorberait—12Cai,3; aussi la réaction s’arrête-t-elle à la formation de l’iodate dissous qui correspond au maximum thermique.
L’iodate de potassium est réduit par l’acide sulfureux et l’hydrogène sulfuré. Dans le premier cas, il se forme de l’iode et du sulfate; dans le second, on obtient de l’acide iodhydrique, du soufre et un sulfate (H. Rose).
L’acide iodhydrique réduit l’iodate de potassium avec formation d’iode, d’eau et d’iodure de potassium.
L’acide chlorhydrique concentré le décompose à chaud, en formant du chlorure de potassium, de l’eau, du trichlorure d’iode et du chlore libre :
KO,105 4- 6 HCl = 6 HO + KCl -f IGF -1- 2Cl.
(Filhol.)
Additionnée d’acide azotique bouillant, la solution d’iodate de potassium laisse déposer des cristaux d’acide iodique.
L’hyposulfite de soude n’agit sur les dissolutions d’iodate de potasse qu’en présence d’un acide. Il se forme du tétrathionate et la liqueur devient neutre :
12(Na0,S202) K0,I05 6HG1 = 6(Na0,S*05) -f Kl 6NaCl 6H0.
(Sonstadt.)
Quand on dissout de l’iodate neutre de potasse à chaud dans l’acide sulfurique étendu, on obtient, au bout de quelques jours, des cristaux transparents
ENXYCLOP. CHIM. ®
iU
mais accolés les uns aux autres, et dont la forme est celle d’un prisme rhomboïdal droit terminé par un biseau placé sur les angles obtus de sa base. Ce sel, qui devient un peu rougeâtre avec le temps, paraît être un de ceux que Sérullas a décrits comme des triiodates. C’est de l’iodate neutre hydraté; il fond d’abord dans son eau quand on le soumet à l’action de la chaleur, puis abandonne celle-ci peu à peu et devient complètement sec à 190 degrés. Il a pour formule KO,105,HO (Bitte).
En dissolvant l’iodate neutre de potasse dans un grand excès d’acide sulfurique étendu de son volume d’eau à chaud, on obtient, en évaporant la dissolution à 100 degrés, de l’acide indique monohydraté.
Les alcalis sont sans action sur lui-même en présence de l’iodure de potassium (Bitte).
Sérullas, en traitant la solution d’iodate de potassium par l’acide sulfurique, a obtenu une combinaison d’iodate et de sulfate à laquelle il attribue la formule K0,2I05,K0,2S0L Rammelsberg a adopté la formule K0,2I05,4(K0,2S05). Marignac lui assigne la composition K0,I05,K0,H0,2S05.
Les cristaux de ce sel appartiennent au sylème clinorhombique (mm = 54° 53'; /i3/i3==92°10'; pm = 91°29';pfe' = 93»14').
Chauffés au rouge, ils laissent dégager de l’ox'ygpne et de l’iode et laissent un mélange d’iodure et de sulfate (Marignac).
Bans la préparation de ce sel, il se sépare d’abord du triiodate de potasse, tandis que le sel double reste dans l’eau mère.
Préparation. — 1° On obtient l’iodate de potasse en traitant une dissolution dépotasse par de l’iode; il se forme de l’iodate de potasse et de l’iodure de potassium ; l’iodate, étant beaucoup moins soluble que l’iodure, peut être séparé et ensuite puriüé (Gay-Lussac).
2° L’iodate de potasse peut encore se préparer en fondant dans un creuset une partie d’iodure de potassium et ajoutant à la masse demi-fluide une partie et demie de chlorate de potassium. Le mélange redevient fluide, il se forme un mélange de chlorure et d’iodate de potassium :
KO,CIO® -f Kl = K0,I05 -f KCl.
On dissout le tout dans l’eau bouillante et l’on fait cristalliser par refroidissement, ou bien on reprend par l’eau bouillante et l’on précipite la solution par l’alcool (0. Henry).
3° Un autre procédé consiste à dissoudre le trichlorure d’iode dans la potasse; il se forme du chlorure et de l’iodure de potassium et de l’iodate qui se prér cipite :
12KH03-I. 3 ICU = 2(K0,I05) -f 9 KCl -f- Kl -ffl2HO.
(Berzelius.)
4° On fait passer du chlore sur de l’iode, en suspension dans de l’eau froide.
puis on ajoute du chlorate de potasse et l’on chauffe. Il se dégage du chlore, et l’iodate se sépare par le refroidissement (L. Henry) :