K U 8 U IM,- I
Un équivalent de sulfate de potasse dissous dans 200 H-0^ environ vers 15 degrés, absorbe — 3',1 (Berthelet, Thomsen), — 3,3 (Graham, Favre).
Voici les données thermiques relatives au sulfate de potasse à l’état solide et en dissolution :
Depuis les éléments on a :
S + 0‘ -fK dégage -}- 171Cai,l (Berthelot).
Depuis l’acide hydraté et la base hydratée, tous deux solides ;
KO,HO + SO^HO dégage -f 40Cai,7.
A l’état dissous ;
KO(léq.=21it.)-J-SO^H(léq.=21it.) dégage 15,7.
En ajoutant successivement un premier, puis un deuxième équivalent de potasse, à deux équivalents d’acide sulfurique étendu, on a :
SW dmoMS j;|;^jdégage j +
Lorsqu’on fond le sulfate de potasse avec du sulfate de soude et qu’on dissou ensuite le mélange dans l’eau bouillante, la liqueur abandonne par le refroidis-
sement des cristaux qui, en se déposant, jettent une vive lumière; ce phénomène se présente même quelquefois dans la cristallisation du sulfate de potasse seul. Ce dégagement de lumière n’a lieu que lorsque le sulfate de potasse a été préalablement fondu ; il paraît devoir être attribué au passage du sulfate de potasse de l’état amorphe à l’état cristallin (H. Rose).
Si l’on chauffe au rouge le sulfate de potasse avec du sel ammoniac, il se transforme en chlorure de potassium. Le sulfate de potasse, réduit en poudre, absorbe lentement les vapeurs d’acide sulfurique anhydre, qui se dégage complètement par la chaleur (Rose).
Le fer décompose au rouge le sulfate de potasse ; on obtient ainsi de la potasse libre, mélangée de sulfure et d’oxyde de fer (d’Heureuse).
Le sulfate de potasse en dissolution dans l’eau décompose en partie le protoxyde de fer ; il se forme du sulfate de fer et du carbonate de potasse (Muller).
Au rouge vif, l’acide carbonique n’a pas d’action sur le sulfate de potasse. L’oxyde de carbone, au contraire, décompose le sulfate de potasse à cette température; le sulfate est changé en sulfure, ou plutôt en polysulfure, renfermant quelques flocons de carbone, et l’on recueille un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone ;
K0,S03 -1- 4CO = KS -f 4C03.
L’acide sulfureux est sans action au rouge vif sur le sulfate de potasse. On peut volatiliser le soufre en présence du sulfate de potasse, sans qu’il y ait réaction, pourvu que l’on opère au-dessous du rouge.
Au contraire, dans un tube de porcelaine rouge, la vapeur de soufre réduit le sulfate de potasse, avec production de polysulfure et de gaz sulfureux :
SO‘K-f 5S=KS3 + 2SO^.
(Berthelot.)
A froid, le sulfate de potasse n’est pas attaqué par l’acide chlorhydrique gazeux; à 100 degrés, ses cristaux se corrodent à peine sur les arêtes. A 360 degrés, une certaine quantité d’acide sulfurique est mise en liberté et peut être recueillie dans de l’eau. La décomposition est presque complète au rouge naissant (Hensgen).
Sous l’action des acides forts, il abandonne la moitié de son alcali et se transforme en bisulfate (Kane). Ce phénomène a été étudié avec beaucoup de soin par M. Rerthelotà l’aide des méthodes calorimétriques (voy. les Propriétés générales des métaux et des sels, p. 356).
Quand on dissout du sulfate de potasse dans de l’acide azotique chaud et concentré, la liqueur laisse cristalliser successivement du bisulfate de potasse hydraté, de l’azotate de potasse, et une combinaison représentée par 2 (KO, SO^) (AzO^, HO) qui se présente sous la forme de prismes obliques à 4 pans, d’une densité de 2,381, fusibles à 150 degrés, et que l’eau et l’alcool décomposent. Dans les mêmes circonstances, l’acide phosphorique hydraté produit un composé
POTASSIUM
cristallisé en prismes hexagonaux 2 (KO, SO^), (PhO®, 3 HO) qui est détruit par l’eau et l’alcool ; sa densité est 2,296 ; il fond à 240 degrés (Jacquelain).
Les acides oxalique et lartriqiie précipitent la solution concentrée de sulfate de potassium.
Hydrates. — Le sulfate de potasse s’unit à 1 équivalent d’eau dans des conditions particulières et forme de petits cristaux qui se décomposent au contact de l’eau bouillante, en produisant du sulfate de potasse anhydre. Ce sel hydraté prend naissance quand on expose à l'air une dissolution de sulfite et d’hyposulfite de potasse (Pelouze).
M. Ogier, en préparant le phénylsulfite de potasse brut, a obtenu des cristaux jaunâtres très durs d’un sel qui n’est autre que du sulfate de potasse, différant du sulfate de potasse ordinaire par sa forme et par la présence d’une demimolécule d’eau. Sa formule, d’après l’analyse, est KO,SO^-l-l/2HO. On l’obtient en faisant cristalliser le sulfate ordinaire en présence du phénylsulfite, mais il renferme toujours des traces de matière organique. On peut le soumettre à une nouvelle cristallisation. Il perd 4,6 pour 100 d’eau à 150 degrés ; 100 parties d’eau en dissolvent 9,82.
Préparation. — Le sulfate sodico-tripotassique, qui forme la plus grande partie du sulfate de potasse du commerce, donne par des recristallisations répétées des dépôts de cristallisations variables contenant toujours de la soude. Pour obtenir le sulfate de potasse pur, on dissout 644 grammes de sulfate double dans l’eau bouillante, on ajoute, par petites portions, 149 grammes de chlorure de potassium. Il se forme un premier dépôt de sulfate pur, et le refroidissement en donne un second ; on peut évaporer l’eau jusqu’à ce qu’elle soit saturée à l’ébullition, et l’on obtient un troisième dépôt par le refroidissement ; on peut en obtenir ainsi un quatrième et même un cinquième avant qu’il se dépose du sel marin. Ensuite, c’est du sulfate double qu’on obtient (Sonstadt).
État naturel. — Ce sel, connu des anciens chimistes sous le nom de tartre vitriolé, d’arcanum duplicatum, de sel polychreste de Glaser, de sel de duobus, de nitre vitriolé, se rencontre souvent à l’état naturel. Il se présente sous forme d<aiguilles fines ou de croûtes dans les laves du Vésuve {glusérite, arcanite, apfitalose). On le trouve dans >es cendres de varech, dans les salines de betteraves, dans les eaux de la mer, dans tous les carbonates impurs ou potasses du commerce. Le sulfate se rencontre en quantité considérable dans les mines de Stassfurt; c’est la source la plus importante des sels de potasse (voy. t. V).