A L'AUTOMNE
Laminaria digitata.
Anderson.
Æsculus hippocastanum (tronc)...
Staffel.
— — (écorce)...
Id.
Juglans regia (tronc).
Id.
— — (écorcej.
Id.
La potasse la plus pure est celle qui provient des cendres de bouleau et la moins bonne est celle de pin (Berthier).
Les cendres traitées par l’eau donnent une lessive qui, évaporée, laisse un résidu soluble appelée saim; 100 kilogrammes de cendres en laissent ordinairement 10 kilogrammes. Dans divers pays la c/tarrde ou partie insoluble sert à amender les terres.
POTASSIUM
Incinération des plantes. — Suivant les contrées, on emploie des procédés différents pour l’ecueillir les cendres.
Dans les Carpathes et dans certains pays montagneux, d’un accès difficile, on brûle le bois avec ses feuilles. On entasse les cendres dans un tronc de sapin creusé qu’on incline légèrement et auquel on met le feu par le bas. La flamme que l’on alimente avec des écorces s’élève vers la partie supérieure, et, lorsque le bois est complètement brûlé, les cendres se trouvent transformées en une masse frittée.
En Silésie, on n’emploie que des bois pourris ; les troncs, sciés par morceaux de 1“,50 à l'”,80, sont disposés sur des pierres plates, établies sur une aire bien battue et recouverte d’une légère couche de cendres. A mesure que la masse s’affaisse, on ajoute de nouvelles quantités de combustible jusqu’à ce qu’on juge la quantité de cendres obtenues suffisante. On conduit le feu de manière à obtenir un produit à moitié fondu.
Le procédé suédois consiste à brûler des arbres morts dans des fosses à l’abri du vent et à soumettre les cendres à une nouvelle calcination ; après les avoir transformées en une sorte de mortier, on dispose un bûcher composé de couches alternatives de billes de sapins et de cendres, puis on y met le feu, et, lorsque toute la masse est arrivée à une température élevée, on enlève le bois non brûlé et l’on brasse la masse avec des ringards.
On donne le nom de vaidasse de Kolberg à une cendre de bois agglomérée de même par une seconde calcination à haute température.
En Pologne on prépare une espèce de cendres, appelées cendres bleues :
Dans de l’argile on creuse une fosse carrée de 1"“,50 à 1"',80 de côté sur 1 mètre de profondeur, dont l’aire est bien battue et dont les côtés sont revêtus de pierres. Dans le fond on met une couche de cendres, et par-dessus, des barreaux de fer, destinés à supporter une couche épaisse de bois (on emploie ordinairement du chêne, du bouleau, du hêtre, de l’orme et de l’érable). Quand la flamme se montre à la partie supérieure, on modère le feu en y versant une lessive de cendres. On y ajoute successivement du bois et de la lessive, et, quand la fosse est pleine, on retire les morceaux de bois non brûlés qui se trouvent à la partie supérieure et on laisse refroidir. On obtient ainsi un bloc solide que l’en casse en morceaux. La qualité supérieure forme le bleu-couronne.
Les cendres bleues de Prusse sont préparées de la même manière.
A Dantzig on prépare les cendres en mélangeant 60 parties de cendres de bois ordinaires, 10 parties ockras, 3 parties de charbon de bois et 10 parties d’eau, et calcinant le mélange jusqu’à ce que le charbon soit brûlé et que la masse soit agglomérée. On obtient, par le refroidissement, une masse sonore aussi dure que la pierre, d’une teinte marbrée, de couleur grise.
Les procédés indiqués précédemment tendent tous à disparaître et à être remplacés par le suivant, qui consiste à lessiver les cendres et à soumettre la lessive à une évaporation à sec.
On incinère généralement le bois dans des fosses oùl’on puisse régler le tirage et empêcher la température de s’élever par trop. Il faut avoir le soin de s’assurer si les cendres ne contiennent pas de terre ni des cendres de tourbe, ces dernières
ne renfermant pas d’alcali mais du sulfate de cbau.x qui, en présence du carbonate de potasse, donne du sulfate de potasse et du carbonate de chaux.
Lessivage des cendres. — On soumet en général les cendres à trois lessivages; les deux premières lessives servent à former le salin et la troisième est destinée à commencer l’opération suivante.
Fig. 3.
On emploie pour le lessivage des cendres, des tonneaux sciés par le milieu et munis d’un double fond, comme l’indique la figure; on recouvre ce double fond percé de trous d’une couchede pailleet l’on met par-dessus les cendres. On recueille la liqueur à la partie inférieure par le robinet a ; (3 est un tuyau'd’aspiration.
Fig. 4.
Le système indiqué par la figure suivante est bien plus commode. Les cuves sont mobiles autour de l’axe métallique g g", on les retourne pour les vider. Pour les charger, on étend une couche de paille sur le double fond; on verse les cendres par l’entonnoir e communiquant avec la cuve par une manche de toile. On recouvre les cendres d’une nouvelle couche de paille.
POTASSIUM
L’eau arrive parle robinet d et est reçue sur un bouchon de paillem. Quelquefois, avant d’introduire les cendres, on les humecte d’eau, afin de former une boue épaisse, mais le plus souvent on se contente de bien tasser les cendres dans les cuves. Pour faire le lessivage, on commence par verser sur les cendres la lessive faible, provenant d’une opération précédente, jusqu’à ce qu’elle dépasse la couche supérieure de 0“,04 à 0“,05 ; on établit alors la couche de paille supérieure et l’on abandonne le tout au repos. Au bout de quatre heures on soutire la lessive ; puis on remplit de nouveau la cuve avec de l’eau ordinaire ; on fait écouler la lessive au bout de deu-v heures ; on la reverse de nouveau sur les cendres, et on la soutire encore une seconde fois au bout de deux heures. On mélange cette lessive à la première. On remplit de nouveau la cuve d’eau et on laisse au repos pendant quelques heures; on soutire et l’on obtient ainsi la lessive faible. On retourne les cuves et l’on fait tomber leur contenu dans des chariots. Le résidu forme la charrée et sert d’engrais à l’agriculture.
En France on mélange le liquide avec les cendres ; on brasse le tout ; on laisse reposer et l’on décante la lessive.
Calcination du salin. — Le salin est ordinairement coloré en brun par des matières organiques : en le calcinant au contact de l’air, il devient blanc, et on lui donne le nom de potasse perlasse (pearl ashes, cendres perlées).
Cette opération est effectuée dans un four composé d’une sole C, de deux foyers laléraux A, A, qui n’atteignent que jusqu’aux deux tiei's de sa profondeur, et d’une cheminée d’appel K, placée au-dessus de l’ouverture de la sole; quelquefois la cheminée d’appel n’existe pas et les gaz s’échappent par l’ouverture.
Fig. 5.
Le four allemand a un seul foyer et une cheminée basse à chacun des angles. Dans d’autres fours, le foyer est sous la sole, qu’il chauffe d’abord, puis la flamme pénètre dans le four et s’échappe comme précédemment.
Ou commence par chauffer le four pendant cinq ou six heures, puis on introduit la charge en plusieurs fois, de manière à ne pas trop refroidir le four. On ferme la porte et, avec un ringard, on suit la marche de l’opération. Autant que possible, il faut éviter que la masse n’entre en fusion, ce qui rend le travail plus difficile ; car alors la matière forme une masse compacte, et la combustion ne se propage que difficilement. Cet accident est dû a un feu trop vif et à un excès d’eau dans le sel. D faut, pour que l’opération marche bien, que la matière
reste toujours divisée en grumeaux de faible dimension. Au bout d’une heure, le salin est complètement déshydraté ; il faut alors pousser la température jusqu’au rouge vif, sans amener la fusion, à l’aide d’une flamme très oxydante. On a le soin de briser tous les morceaux un peu gros, de manière que l’oxydation se fasse complètement. Quand l’opération a été bien conduite et que le travail est terminé, la masse présente l’aspect d’un sable fortement chauffé. Alors, avec une spatule en fer, l’ouvrier écrase les morceaux de potasse de manière à les réduire en petits fragments de la grosseur d’une noisette. La potasse est ensuite retirée du four avec des râteaux et on la met rapidement dans des barils pour l’empêcher de s’hydrater au contact de l’air humide.
Dans l’Amérique du Nord, on soumet le salin à deux dissolutions et à deux calcinations, et, par suite, on obtient une potasse plus pure que celle d’Europe ; c’est la potasse perlash. La potasch des Américains, ou potasse rouge d’Amérique, se distingue des potasses d’Europe ou de la potasse perlasse d’Amérique en ce que les lessives, avant d’être soumises à l’évaporation, sont préalablement rendues caustiques par une addition de chaux et ne sont pas ensuite soumises à la calcination.
Les potasses portent dans le commerce des noms qui rappellent leur origine. On distingue les potasses d’Amérique, de Russie, de Toscane, de Naples, des Vosges, de Trêves, de Kazan, etc.
Ces potasses, suivant leur provenance, contiennent plus ou moins de carbonate de potasse; c’est ce qui résulte des analyses suivantes :
MATIÈRES
POTASSE