MÉTHODE DE PÉSIER POUR DOSER LA SOUDE DANS LES POTASSES DU COMMERCE
Toutes les potasses du commerce contiennent une certaine quantité de soude. Les potasses doivent être considérées comme des mélanges en proportions variables de potasse hydratée ou carhonatée, de sulfale de potasse, de chlorure de potassium et de carbonate de soude ; elles contiennent en outre de la silice, de l’alumine, de l’acide phosphorique, de la chaux, des oxydes de fer et de manganèse qui les colorent en rouge ou en bleu.
On a donné plus haut une série de tableaux indiquant la composition des potasses du commerce (voy. p. 150, 151, 152).
Comme il peut être important dans plusieurs industries de constater la présence du carbonate de soude qui se trouve naturellement dans les potasses du •commerce, ou qu’on y introduit frauduleusement, nous indiquerons un procédé qui permet de reconnaître dans une potasse moins d’un centième de sel de soude.
On pèse 2 grammes environ de la potasse à essayer, que Ton dissout dans une petite quantité d’eau et que l’on décompose par un léger excès d’acide chlorhydrique. La liqueur est versée dans une petite capsule de platine et évaporée à sec afin de chasser l’excès d’acide chlorhydrique. On reprend le résidu par l’eau, et l’on verse dans la liqueur quelques 'gouttes de biméta-antimoniate de potasse. Pour peu que la potasse contienne de la soude, il se forme par l’agitation un précipité de biméta-antimoniale de soude dont le poids permet d’apprécier la quantité de soude qui se trouve dans la potasse soumise à cet essai (Fremy).
Pésier a introduit dans l’industrie un nouveau procédé pour doser la soude contenue dans une potasse du commerce. Voici la description détaillée de ce
procédé et de l’instrument nécessaire pour l’elTectuer et qui a reçu le nom de notromètre.
On prend, dans les barils, de la potasse soit en fragments, soit en poudre. On mêle ces échantillons de manière à avoir une moyenne du produit. On pèse 50 grammes de matière qu’on jette dans le flacon A (fig. 14) d’une capacité de 600 grammes environ ; on les couvre approximativement de 200 grammes d’eau, et l’on agite pour aciliter la dissolution. En y ajoutant de l’acide sulfurique, il se produira une effervescence et un dépôt de sulfate de potasse.
Fig. U. Fig. 15. Fig. 16.
Quand le dégagement des gaz cessera, on ne versera plus que goutte à goutte l’acide étendu d’eau pour arriver à la neutralisation exacte de l’alcali ; on saura qu’elle est atteintë lorsque la liqueur ne changera plus la couleur du papier de tournesol rouge ni celle du papier bleu. Comme la réaction produit de la chaleur et qu’il est nécessaire de ramener le liquide à la température de l’atmosphère afin de rendre l’opération plus rapide, on plonge le vase dans l’eau et on l’agite de temps en temps; on l’en retire lorsqu’un thermomètre B, introduit dans la dissolution, y marque à peu près le même degré qu’il marquait dans l’air. Si la température était descendue trop bas, la chaleur de la main suffirait pour le faire revenir au degré voulu. Après quelques minutes
POTASSIUM
de repos, on décante, on jette le liquide par parties sur un petit filtre qu’on place sur l’éprouvette G (fig. 15). Pour atteindre le niveau HI et en même temps pour entraîner le sulfate de soude encore mêlé au dépôt, on lave celui-ci, en plusieurs fois, avec une dissolution saturée de sulfate de potasse.
Dès que le volume de 300 centimètres cubes est complété, on enlève le filtre, on ferme l’orifice de l’éprouvette avec la main et on la secoue fortement pour mêler.les différentes couches du liquide.
Cela fait, on saisit le natromètre (fig. 16) par son extrémité supérieure, et on le laisse s’enfoncer doucement dans la dissolution. Cet instrument porte deux échelles contiguës dont les zéros coïncident : l’une, teintée de rose (échelle des températures), indique pour chaque degré du thermomètre les points d’affleurement, dans une dissolution saturée de sulfate de potasse pur; les divisions de l’autre (échelle sodique) indiquent les centièmes de soude. L’observation se fait sur l’échelle rose considérée comme mesure à divisions égales. Si la potasse essayée est pure, on lira sur l’échelle de gauche, au-dessous de l’élévation produite par la capillarité autour du tube, le degré de température auquel on fait l’expérience. Si, au contraire, elle contient de la soude, on trouvera quelques degrés en plus, dont le nombre, mis en regard de l’échelle sodique qui est contiguë, se transforme de l’autre côté en centièmes de soude.
Lorsque la potasse renferme beaucoup de soude, on devra former une seconde fois le volume de 300 centimètres cubes en lavant le dépôt et le filtre avec de la solution saturée de sulfate de potasse, et on ajoutera la quantité qu’indiquera le natromètre à celle qu’il aura donnée primitivement.
Pour déterminer la proportion de soude contenue dans une lessive, on peut se servir de la liqueur provenant de l’essai alcalimétrique ; il suffit, lorsqu’elle a été sursaturée, d’y laisser tomber quelques gouttes de potasse ; puis on y ajoute un excès de sulfate de potasse en poudre fine ; on remue quelques instants et on filtre presque aussitôt. Après avoir formé un volume de 300 centimètres cubes, on y plonge le natromètre, qui indique directement en kilogrammes la quantité de soude par hectolitre de lessive.
Il est facile de savoir en consultant le tableau 1 combien de degrés alcalimétriques correspondent à la quantité de soude trouvée et par suite le titre de la potasse à essayer. Cette table générale fait connaître le nombre de degrés alcalimétriques, la quantité de carbonate, de chlorure et de sulfate, correspondant à chaque centième de soude.
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