AZOTATE DE CHAUX ET DE MAGNÉSIE
Quand on mélange deux solutions concentrées d’azotate de chaux et d’azotate de magnésie, il se précipite un azotate double.
AZOTITE DE MAGNÉSIE.
L’azotite de magnésie forme une masse lamelleuse déliquescente, qui se décompose en dégageant du bioxyde d’azote à 100“. Il est soluble dans l’alcool absolu.
PERCHLORATE DE MAGNÉSIE. GlO’.MgO.
Le perchlorate de magnésie cristallise en longues aiguilles déliquescentes, solubles dans l’alcool anhydre.
CHLORATE DE MAGNÉSIE. ClO^MgO.GHO.
On obtient ce sel par double décomposition, en versant une dissolution de chlorate de potasse concentrée et bouillante dans une dissolution d’hydrofluosilicate de magnésie. Par l’évaporation de la solution, et après dessication dans le vide, il reste une masse feuilletée, déliquescente, soluble dans l’alcool. Ce sel l’enferme 6 équivalents d’eau et fond à 40“ dans son eau de cristallisation; à 120°, il perd de l’eau, du chlore et de l’oxygène (Wæchter).
HÏPOCHLOniTE DE MAGNÉSIE. CIO. MgO.
Quand on soumet de l’hydrate de magnésie en suspension dans l’eau à l’action 'lu chlore, on obtient de l’hypochlorile de magnésie à l’état de dissolution ; cette '’Ulution se décompose peu à peu en donnant du chlorate et du chlorure. L’hypochlorite de magnésie est un décolorant plus rapide et moins dangereux employer que le chlorure de chaux.
BROMATE DE MAGNÉSIE. Bl'OMIgO. 6HO.
Le bromate de magnésie cristallise en octaèdres réguliers, solubles dans 1,4 p. d’eau froide, efflorescents et fusibles dans leur eau de cristallisation qu’ils ne perdent complètement que vers 200°. Calciné, ce sel laisse un résidu de magnésie.
On prépare le bromate de magnésie en traitant une dissolution de bromate de potasse par l’hydrofluosilicate d-) magnésie.
HYPOBROMITE DE MAGNÉSIE.
En présence du brome, la magnésie se dissout dans l’eau et donne une solution jaunâtre, qui bleuit puis décolore le tournesol, et de laquelle les ac'des libres séparent du brome. Cette solution paraît renfermer l’hypobromite de magnésie.
PERIODATES DE MAGNÉSIE.
Quand on dissout du carbonate de magnésie dans de l’acide périodique, on obtient de petits octaèdres peu solubles dans l’eau," solubles dans un excès d’acide, qui ont pour formule lOL (MgO)^ 12HO. D’après Langlois, 9 équivalents d’eau se dégagent à 100°; suivant Rammelsberg, ce sel renferme 15 équivalents d’eau qu’il perd à 200°.
Par l’évaporation des eaux mères, on produit le periodate normal, 10’. MgO. lOHO, sel très soluble et à réaction acide.
Il existe un troisième periodate, 10’. (MgO)*, à 6 ou 9 équivalents d’eau, que i’on prépare en saturant l’acide périodique par du carbonate de magnésie, ou par double décomposition avec le periodate de potasse.
Ces sels donnent à la calcination un résidu de magnésie avec un peu d’iodure (Langlois, Ann. de chim. et de phys. (3), t. XXXIV, p. 268; — Rammelsberg, Deutsch. Chem. GeselL, 1868, p. 131).
lODATE DE MAGNÉSIE. I0Mg0.4H0.
L’iodale de magnésie se présente sous la forme de petits cristaux brillants, clinorhombiques, solubles dans 9,43 p. d’eau â 15° et dans 3,04 p. à 100°. Soumis à l’action de la chaleur, il perd une partie de son eau de cristallisation; sa composition correspond alors à (IO^ MgO)®. HO ; à 210°, il se déshydrate complètement (Millon).
NIVOIT. - MAGNÉSIUM.
SULFATE DE MAGNÉSIE. ^SO. Mgü.
MgO. 20,00 33,33
Propriétés. — Le sulfate de magnésie, le plus important de tous les sels •Ragnésieux, est incolore, d’une saveur à la fois amère et salée, insoluble dans l’alcool, très soluble dans l’eau. 100 p. d’eau dissolvent à 0° 25,76 de sel anhydre, à 14”,5, 32,76 et à 97”, 72,6.
Le sulfate de magnésie prend différentes quantités d’eau de cristallisation; en faisant varier la température à laquelle il cristallise, ou en chauffant légèrement des cristaux obtenus à froid, on peut produire des hydrates qui contiennent l, 2, 5, 6, 7 et 12 équivalents d’eau.
Le sel qui cristallise à la température ordinaire a pour formule S0Mlg0.7H0; il se présente alors en prismes transparents ou en aiguilles appartenant au *ype orthorhombique. Quand il se dépose d’une solution sursaturée, il forme des tables rhomboédriques, plus solubles que les cristaux précédents. Enfin il peut critalliser dans le type clinorhombique, au moins quand il accompagne le sulfate de fer, et il serait ainsi trimorphe (Marignac, Ann. des mines (5), t. XII). D’après quelques chimistes, ce sel n’aurait que deux formes cristallines.
Une solution saturée de sulfate de magnésie, cristallisée à la température de O”, fournit des cristaux à 12 équivalents d’eau, dont 5 sont chassés par une légère élévation de température.
Quand la cristallisation a lieu à chaud, le sel contient 6 équivalents d’eau. On peut aussi obtenir ce sulfate en chauffant légèrement le sulfate ordinaire, ou «n faisant cristalliser à froid la solution sursaturée de ce dernier.
On obtient lesultate, (SO®.MgO)*.7HO, en exposant à ItX)” dans le vide le sel 4 7 équivalents d’eau. Quand ce premier hydrate est abandonné au contact de l’air, il reprend de l’eau et donne les deux hydrates : (SO^MgO)*.9HO; (SO^MgO)*.5HO. (Jacquelain).
Le sulfate de magnésie anhydre s’échauffe avec l’eau et absorbe l’humidité de l’air en fournissant le sel à 7 équivalents d’eau.
Le sulfate ordinaire, SOMffgO.7 HO, est peu altérable dans un air sec et chaud. Chauffé, il subit successivement la fusion aqueuse et la fusion ignée; 4 132”, il retient un équivalent d’eau qu’il ne perd qu’à 210”. Il commence 4 se décomposer comme le sulfate de chaux, à la chaleur blanche, pour abandonner tout son acide sulfurique à la température de la fusion du fer.
Le sulfate de magnésie est décomposé par le sel marin, en présence de l’eau et sous l’influence d’une basse température, en sulfate de soude et chlorure de magnésium. C’est cette réaction importante qui permet de retirer le sulfate de Soude des eaux mères des marais salants.
Quand l’opération a lieu à chaud, il se produit encore du sulfate de soude et du chlorure de magnésium ; mais ce dernier sel se décompose en outre en magnésie et acide chlorhydrique. On a proposé d’utiliser cette réaction pour la
fabrication de l’acide chlorhydrique, du sulfate de soude, du chlore et (|e l’acide nitrique (Ramon de Luna, Compt. rend, de l’Acad, des sc., t.XLI , p. 97).
Le sulfate de magnésie du commerce est généralement impur; il renferme du chlorure de magnésium et du sulfate de fer; on peut séparer ce dernier sel en faisant bouillir la solution avec de la magnésie calcinée.
État naturel. — Le sulfate de magnésie existe en dissolution dans les eaux de la mer et se concentre dans les eaux mères des salines. Il se trouve aussi dans certaines sources minérales, auxquelles il communique des propriétés purgatives; telles sont les eaux d’Epsom, en Angleterre,,de Sedlitz, en Bohême, etc. On l’appelle soment sel d'Epsom, sel de Sedlitz, sel d’Angleterre, sel amer, epsomite.
On explique la formation naturelle du sulfate de magnésie en admettant que des eaux, en passant sur du sulfate de chaux, dissolvent une certaine quantité de ce sulfate qui, agissant ensuite sur les roches dolomitiques, produit du sulfate de magnésie et du carbonate de chaux.
Cette explication peut être vérifiée par une expérience directe : une eau saturée de sulfate de chaux, que l’on fait passer plusieurs fois sur une couche de calcaire magnésien pulvérisé, se charge de sulfate de magnésie et dépose du carbonate de chaux. Mais une réaction inverse a lieu quand on chauffe du carbonate de chaux avec une dissolution de sulfate de magnésie, dans un tube scellé aux deux bouts, à une température de 200°. Certains dépôts naturels de carbonate de magnésie ont pu être formés dans des circonstances analogues.
Le sulfate de magnésie se rencontre dans plusieurs localités, et notamment à Calatayud (Espagne), à Pitou (Aude), sous la forme de masses fibreuses encaissées dans du gypse. Certains échantillons de ce minéral sont formés de fibres soyeuses comme l’amiante. Le sulfate de magnésie de Pitou renferme de la chaux, ainsi que le prouve l’analyse suivante :
Magnésie. 16,20
Chaux.■. 2,10
Acide sulfurique.. 34,07
Eau. 47,20
Sa formule est SO^MgO.6 HO.
On trouve, dans la partie supérieure du gisement salin de Stassfurt (Prusse), de petites couches continues et régulièrement stratifiées d’un sulfate de magnésie monohydraté, SO^MgO.HO, auquel on a donné le nom de kieserite. Ce minéral est amorphe, blanc grisâtre, demi-transparent ; il se trouble et s’altère promptement à l’air, en se transformant partiellement en carbonate. Il est toujours mélangé dans le gisement à une petite proportion de chlorure de magnésium, qui lui communique une déliquescence qu’il ne possède pas à l’état de pureté.
Préparation industrielle. — On prépare en grand le sulfate de magnésie en traitant le carbonate de magnésie, ou mieux la dolomie (carbonate double de
NIVOIT. — MAGNÉSIUM, chaux et de magnésie), par l’acide sulfurique. Le sulfate de chaux peu soluble se sépare facilement du sulfate de magnésie, que l’on purifie ensuite par cristallisation. On utilise généralement l’acide carbonique qui se dégage pour la fabrication du bicarbonate de soude.
On peut encore préparer le sulfate de magnésie en lessivant le produit du grillage des schistes magnésiens et pyriteux. Pour purifier le sulfate obtenu, on le soumet à une légère calcination, on reprend par de l’eau, on fait bouillir avec de la magnésie calcinée, puis on fait cristalliser les liqueurs filtrées.
Usages. — Le sulfate de magnésie est utilisé en médecine comme purgatif, à la dose de 30 à 50 grammes. On a proposé l’emploi de ce sel, préalablement à l’addition de la cbaux, pour la défécation des jus sucrés. La kieserite donne un sulfate de magnésie très estimé de la verrerie parce qu’il est exempt de fer; on s’en sert aussi pour la préparation du sulfate de baryte ou blanc fixe.