CO
MgO. 20,00 47,C2
État naturel. — Le carbonate neutre de magnésie se trouve dans la nature à l’état amorphe et quelquefois cristallisé; les minéralogistes lui donnent le nom de giobertite.
Le minéral cristallisé n’est connu que dans un petit nombre de localités : à Snarum (Norvège), à Traverselle (Piémont), les cristaux sont engagés dans la serpentine ou le schiste talqueux; à Gannhof (Saxe), dans le mélaphyre; au Salzburg, dans le gypse. Les cristaux ont la forme rhomboédrique et présentent trois clivages également faciles, parallèles aux faces du rhomboèdre, dont l’angle est de 107“ 30' à 107“ 32'.
Les masses compactes forment des couches ou des liions au milieu du gneiss, desgrauwackes, des schistes talqueux ou des serpentines en Autriche, en Styrie, dans le Tyrol, en Silésie, en Grèce, etc.
La giobertite n’est jamais cômplètement pure. Les cristaux les mieux définis contiennent presque toujours une petite quantité de protoxydes de fer et de manganèse qui remplacent une proportion correspondante de magnésie. La gio-
NIVOIT. — MAGNÉ5IUM. l‘2a
bertite terreuse renferme quelquefois des proportions variables de silice et d’eau ; on la désigne alors sous le nom de baudissérite ou magnésie carbonatêe süicifère.
Propriétés. — Le carbonate de magnésie naturel a pour densité 3,050. Pulvérisé et humecté d’eau, il présente une réaction alcaline, de même que le sel préparé.
Ce sel est très peu soluble dans Peau; mais sa solubilité peut être considérablement augmentée par la présence de certaines substances. Ainsi un litre d’eau renfermant 60 grammes de sulfate de magnésie dissout jusqu’à 5 grammes de carbonate; cette solution se trouble par la chaleur, mais s’éclaircit de nouveau par le refroidissement.
Le carbonate neutre de magnésie, de même que les carbonates basiques, se dissout facilement dans une eau chargée d’acide carbonique, en proportion d’autant plus grande que la pression est plus élevée. Sous la pression d’une atmosphère, il faut 761 parties d’eau pour dissoudre 1 partie de carbonate; à 6 atmosphères, il suffit de 76 parties d’eau (Wagner, J.prakt. Chem., CII, 233). Cette solution a une réaction alcaline et une saveur amère; elle se trouble à 75”, mais s’éclaircit de nouveau par le refroidissement. A la longue, une partie de l’acide carbonique se dégage lentement, et il se dépose de beaux cristaux hexaèdres, transparents, qui ont pour formule C0^Mg0.3H0; ces cri.staux sont inaltérables à l’air et résistent à l’action de l’eau bouillante.
Si la température à laquelle se décompose cette dissolution est très basse, les cristaux tabulaires qui se déposent ont pour formule C0LMg0.5H0. Ils sont beaucoup plus altérables que les précédents; ils s’effleurissent à l’air et commencent à perdre de l’acide carbonique à 70”. L’eau bouillante les transforme rapidement en une poudre grenue (CO^)*.(MgO)®.5HO, qui, en perdant de nouveau de l’acide carbonique par l’action prolongée de l’eau et de la chaleur, donne de la magnésie blanche (C0^)^(Mg0)L4 HO.
Le carbonate anhydre de magnésie ne commence à perdre son acide carbonique qu’au delà de 300°; il se décompose partiellement par l’ébullition avec l’eau.
Ce sel est dissous parles borates alcalins à froid; il se sépare de la dissolution à chaud pour disparaître de nouveau à froid (Wittstein, Arch, Pharm. (3), 6,40).
Préparation. — Quand on évapore à chaud, dans un courant continu d’acide carbonique, la dissolution de bicarbonate de magnésie, elle laisse déposer de petits cristaux de carbonate neutre et anhydre qui ont la forme de l’aragonite (Rose). On obtient des cristaux rhomboédriques, lorsqu’on maintient à 150” la même solution dans un vase très résistant, muni d’un bouchon poreux qui laisse échapper lentement l’acide carbonique; ces cristaux sont à peine attaquables par les acides affaiblis (de Sénarmont).
On peut encore préparer le carbonate de magnésie anhydre en décomposant le carbonate de chaux par le chlorure de magnésium (Marignac) ou le carbonate de soude par le sulfate de magnésie dans un tube fermé aux deux bouts et chauffé à 160” (de Sénarmont).
ENCYCI.OP. CHIH. 3
13Ü encyclopédie chimique.
Usages. — La gioberlile a n;ea depuis quelques années des applications variées. Ainsi, elle sert à préparer du sulfate de magnésie et à obtenir de l’acide carbonique pur et sans odeur. On l’emploie pour la fabrication de briques et de matériaux réfractaires, et elle pourrait de plus être utilisée pour des mortiers hydrauliques résistant à l’eau de mer. Enfin, mise dans les chaudières à vapeur qui sont alimentées par les eaux sulfatées acides sortant des mines, elle neutralise leur acide sans donner, comme la chaux, un dépôt pierreux sur les parois.
bicarbonate trimagnésiqüe. (CO*')®.(MgO)^3HO.
On obtient ce sel en petits cristaux grenus en précipitant le sulfate de magnésie par un grand excès de carbonate de soude, faisant bouillir jusqu’à ce que le précipité cristallise, puis faisant encore bouillir avec de l’eau pure (Fritsche, Poggmd.Ann., t. XXXVII, 310). On peut l’assimiler à un sel double dans lequel 1 équivalent d’eau jouerait le rôle d’un équivalent d’acide et lui donner pour formule (MgO.CO>)*.(MgO.HO).2HO.
TRICARBONATE TÉTUAMAGNÉSIQUE. (CO*)®.(MgO)*.4HO.
SCO*...
4MgO...
Propriétés. — Ce sel, plus connu sous le nom de magnésie blanche des pharmaciens, ou maginesia alba, se trouve dans le commerce sous forme de gros pains rectangulaires, blancs et légers.
Il est plus soluble à froid qu’à chaud. Pour dissoudre 1 partie de magnésie blanche, il faut25ÜO parties d’eau à 18°, et 9000 parties d’eau bouillante (Fyffe). Les sels ammoniacaux favorisent cette dissolution ; aussi il ne se forme pas du tout ou presque pas de sous-carbonate de magnésie quand on ajoute du carbonate d’ammoniaque à un sel de magnésie. Les sels ammoniacaux empêchent également la précipitation à froid de la magnésie par les carbonates alcalins; si l’on veut, dans ce cas, obtenir cette précipitation, il est indispensable de faire bouillir la solution jusqu’à expulsion complète de l’ammoniaque.
Ce sel ne parait pas s’altérer par une ébullition prolongée avec l’eau.
On peut le considérer comme un sel double (C0*.Mg0)^.(Mg0.H0).3II0, dans lequel 1 étjuivalent d’eau remplirait le rôle d’un équivalent d’acide.
Préparation. — On prépare la magnésie blanche en faisant bouillir une dissolution d’un sel de magnésie, chlorure ou sulfate, avec un léger excès de carbonate de potasse; il se dégage de l’acide carbonique et toute la magnésie se précipite à l’état de sel basique. Après avoir lavé ce précipité, on l’introduit dans des moules de bois, où on le fait sécher.
NIVOIT. — MAGNÉSIDM.
Si cette double décomposition se faisait à froid, il resterait dans la liqueur une quantité très notable de magnésie à l’état de bicarbonate, et le précipité obtenu aurait pour composition (CO®)*.(MgO)®.10HO. Chauffé vers 100° avec de l’eau privée d’acide carbonique, ce précipité perd d’abord 5 équivalents, puis, par une ébullition prolongée, il se change en tricarbonate tétramagnésique, (GO*y.(MgO)‘.4HO.
Ces réactions expliquent pourquoi la composition de la magnésie blanche du commerce n’est pas constante; elle varie avec la durée de l’ébullition et correspond plus généralement à la formule (CO*)V(MgO)^5HO.
On peut, pour la préparation de ce sel, utiliser les eaux minérales chargées de sulfate de magnésie, comme en Bohême et en Angleterre, ou les eaux mères des marais salants qui contiennent de la magnésie à l’état de chlorure et de sulfate.
Le procédé Pattinson consiste à cuire la dolomie à la façon du gypse, puis à soumettre le mélange de magnésie et de carbonate de chaux ainsi obtenu à l’action de l’acide carbonique sous pression. Il se forme une dissolution de bicarbonate de magnésie, que l’on sépare du carbonate de chaux par décantation et que l’on porte à ébullition par un courant de vapeur d’eau. Dans ces conditions, il se dépose de la magnésie blanche avec l’aspect et la légèreté de celle que donne le procédé ordinaire du carbonate alcalin {Bull. Soc. d'encouragement, 1873).
État naturel. — On a rencontré àHoboken, dans le New-Jersey, un minéral en aiguilles déliées, recouvrant la magnésie hydratée et présentant la composition suivante:
Acide carbonique. 36,82
Magnésie. 42,41
Oxyde de fer. t ,66
Eau.-, 18,53
Silice. 0.57
Ce minéral, auquel on a donné le nom d'hydro-magnésie ou lancaslérite, est probablement un mélange de magnésie et de sous-carbonate, car il est impossible de représenter par une formule simple les nombres donnés par les analyses.
Usages. — La magnésie blanche est fréquemment employée en pharmacie pour la préparation de la magnésie et pour l’imitation de certaines eaux minérales acidulées. Elle entre dans la plupart des formules officinales de poudres et de tablettes absorbantes usitées contre les aigreurs de l’estomac et autres dérangements chroniques des fonctions digestives.