‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 4e cahierChapitre 47 sur 90 · RÉDUCTION DE LA CRYOLITHE PAH LE SODIUM · texte numérisé non relu

RÉDUCTION DE LA CRYOLITHE PAH LE SODIUM

La cryolithe (A1*FF, 3NaFl), connue autrefois dans le commerce sous le nom de soude minérale, est une matière qui vient du Groenland, et qu’on employait jadis en Danemark et en Prusse pour faire du savon (p. 40). Fixe, anhydre, n’altirant pas l’humidité de l’air et pouvant se réduire en poudre line, elle a paru à quelques expérimentateurs devoir être préférée au chlorure double d’aluminium et de sodium dans la préparation de l’aluminium.

Le premier échantillon retiré de la cryolithe au moyen du sodium a été obtenu par le docteur Percy, qui l’a présenté à l’Institution royale de la Grande-Bretagne dans sa séance du 30 mars 1855. C’est avec l’aluminium ainsi préparé que le docteur Percy parvint à préparer les alliages de l’aluminium avec la plupart des métaux.

Mais c’est à H. Rose qu’on doit le procédé le plus avantageux pour effectuer la réduction de la cryolithe par le sodium.

Voici les détails de ce procédé (2) ;

Dans un creuset de fer, haut de 46 millimètres, large de 4 centimètres à sa partie supérieure, on introduit un mélange de cinq parties de cryolithe finement pulvérisée et de deux parties de sodium. Après avoir fortement tassé ce mélange, on le recouvre avec un poids de chlorure de potassium égal à celui de la cryolithe employée, et on ferme le creuset avec un bon couvercle en porcelaine. Le creuset est chauffé pendant une demi-heure au moyen d’une flamme de gaz alimentée par un courant d’air. Après refroidissement, la masse fondue est détachée du creuset à l’aide d’un ciseau et de coups de marteau.

Pour en isoler l’aluminium, on la met à digérer pendant douze heures dans des vases en platine ou en argent et on la divise ensuite dans un mortier ; les globules d’aluminium les plus volumineux sont enlevés à la main ; pour recueillir

ALUMINIUM

le reste, il faut d’abord traiter la masse par de l’acide nitrique étendu, afin de rendre brillants les petits globules, les sécher et la passer au tamis de soie; l’aluminium reste sur le tissu et la poudre fine d’alumine de cryolilhe passe au travers.

L’aluminium pulvérulent est ensuite fondu dans un creuset de porcelaine sous une couche de chlorure double d’aluminium et de sodium.

Le métal obtenu par H. Rose était quelquefois pur, mais souvent très ferrugineux.

H. Sainte-Claire Deville a opéré dans des conditions analogues (1).

Un mélange finement pulvérisé de cryolithe et de sel marin est disposé par couches dans un creuset de porcelaine, en alternant avec des couches de sodium. La couche supérieure est de la cryolithe pure, qu’on recouvre de sel marin. On chauffe le mélange jusqu’à fusion complète, et, après l’avoir agité avec un tuyau de pipe, on laisse refroidir. En cassant le creuset, on trouve souvent l’aluminium réuni en gros globules faciles à séparer. Ce métal contient toujours du silicium, qui augmente l’intensité de la teinte bleuâtre naturelle de l’aluminium.

Wôhler (2) a montré qu’on pouvait obtenir de l’aluminium pur par le même procédé en employant un creuset ordinaire en terre.

Il faut, pour cela, mélanger la cryolithe finement pulvérisée avec un poids égal d’un fondant composé de 7 parties de sel de cuisine et de 9 parties de chlorure de potassium. Le mélange est disposé par couches alternatives avec du sodium dans le creuset (50 parties du mélange pour 10 de sodium) et porté jusqu’à sa température de fusion.

L’aluminium ainsi obtenu est exempt de silicium, mais il ne représente guère que le tiers de l’aluminium contenu dans la cryolithe.

Malgré son faible rendement, ce procédé de préparation de l’aluminium a été quelque temps employé dans l’usine des frères Tissier, à Arafreville-la-mi-Voie, près de Rouen. Aujourd’hui il est totalement abandonné.

La cryolithe a été également traitée à l’usine de Nanterre, par un procédé différent, en vue de l’extraction de l’aluminium qu’elle contient. Mais le métal ainsi obtenu contenait du phosphore; aussi a-t-on renoncé à l’emploi exclusif de la. cryolithe dans l’extraction de l’aluminium, mais on l’a conservé à titre de fondant.

(1) Ann. de chim. et de phijs. (3), t. XLVI, 451.

(2) Ann. der chetnie und pharm., t. XCIX, p. 255.

Ifil

analyse de l’aluminium du COMMEUCE (1)

Aluminium.

Silicium.

Fer.

Cuivre.

Sodium.

traces

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