‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 4e cahierChapitre 87 sur 90 · ENCYCLOP. CHIM · texte numérisé non relu

ENCYCLOP. CHIM

D’après Ludwig, le précipité ainsi formé ne serait pas le sel neutre, et, pour 8 équivalents d’alumine, il en renfermerait 9 d’acide phosphorique.

Le phosphate d’alumine ainsi précipité, est gélatineux; desséché, il se transforme en une poudre blanche ; il est infusible au rouge.

Il se dissout dans les solutions alcalines, mais il en est précipité par le chlorhydrate d’ammoniaque, et les chlorures de calcium et de baryum ; dans ces deux derniers cas, le précipité est composé de phosphate de chaux ou de baryte ; les silicates alcalins produisent dans ces mômes solutions un précipité de silicate d’alumine.

Le phosphate d’alumine n’est pas intégralement décomposé, soit par les carbonates alcalins maintenus en fusion, soit par l’ammoniaque portée à l’ébullition. Fondu avec du fer en présence de la silice, il est décomposé et fournit du phosphure de fer.

Il est soluble dans les acides minéraux, à moins qu’il n’ait été porté au rouge, mais il est insoluble dans l’acide acétique ; de là la possibilité de séparer le phosphate d’alumine des phosphates de chaux, de magnésie et de leurs analogues. En effet, si à une dissolution de ces différents phosphates dans l’acide azotique ou dans l’acide chlorhydrique étendu, on ajoute de l’acétate d’ammoniaque, le phosphate d’alumine se précipite seul. Les phosphates de fer et d’urane se comportent dans cette circonstance comme le phosphate d’alumine.

La solution de phosphate d’alumine dans l'acide azotique est intégralement décomposée, lorsque, après y avoir ajouté de l’acide tartrique, on la sature par l’ammoniaque; tout l’acide phosphorique est précipité à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien ; ce sel n’entraine avec lui que des traces d’alumine, de sorte que cette réaction constitue un mode très précis de séparation de l’acide phosphorique et de l’alumine.

L’ammoniaque seule précipite la dissolution de phosphate d’alumine dans les acides. D’après Rammelsberg (1), le précipité ainsi formé a pour formule :

4AW,3Ph05 + 18 HO.

Mais Millot (2) affirme que c’est le sel neutre qui se précipite dans cette circonstance.

2° Phosphates acides. — Millot (3) a fait connaître deux phosphates de ce genre.

Le premier :

2AF03,3I'h05 -I- 16 HO.

s’obtient en faisant bouillir un mélange de sulfate d’alumine et de phosphate d’ammoniaque ordinaire en dissolution, en ayant soin d’ajouter à ce mélange

(1) Pogg- Ann., t. LXIV, p. 407.

(2) Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 242.

(3) Ibid., t. XXIII, p. 244.

ALUMINIUM

une certaine quantité d’acide sulfurique, lequel s’oppose à la précipitation de l’alumine en excès. C’est un précipité qu’il faut filtrer et laver à chaud ; si on la laissait refroidir dans la liqueur où il a pris naissance, il disparaîtrait de nouveau par suite d’une réaction inverse :

2A1»03,3S05 + 6AzH*0,2H0,Ph05 = 2Als03,3Ph05 + 3AzH*0,S03 ^ SO’.HO.

Il devient insoluble dans les acides après avoir été calciné au rouge.

Le second a pour formule :

AP03,2Ph0«,8H0.

On l’obtient en traitant à froid, ou à 100 degrés, le phosphate précédent par l’acide phosphorique, employés à équivalents égaux ; on lave le résidu insoluble et on le sèche à 100 degrés. Après calcination, ce nouveau phosphate est insoluble dans les acides, mais soluble dans les alcalis.

3" Phosphate basique (3 Al*0^2 PhO^ 8 HO). — Millot a obtenu ce composé en précipitant par l’ammoniaque la solution d’un des phosphates précédents dans un acide ; un excès d’ammoniaque redissout le précipité. Calciné, ce sel est soluble dans les acides.

PyropftospAafe (2Al*O%3PhO®4-'10HO). — Le sel s’obtient sous forme de précipité blanc amorphe, en ajoutant du pyrophosphate de soude à une dissolution de chlorure d’aluminium, jusqu’à neutralisation de la liqueur. Il est soluble dans les acides minéraux, dans la dissolution de pyrophosphate de soude, mais non dans l’acide acétique ; il se dissout également dans les dissolutions alcalines et dans l’ammoniaque ; toutefois, en présence du chlorhydrate d’ammoniaque, il est insoluble dans ce dernier réactif (1) (Schwarzenberg).

Page 1