TIS = 220 TUS
Préparation. — 1° En fondant ensemble équivalents égaux de thallium et de soufre, on obtient un sulfure noir cristallin et cassant (Carstanjen).
2° Quand on traite par l’hydrogène sulfuré ou par le sulfhydrate d’ammoniaque, une solution alcaline de sel thalleux, on a un précipité noir, insoluble dans les sulfures alcalins, mais soluble dans les acides minéraux. Aussi la précipitation ne se produit pas dans les liqueurs acides; elle a lieu dans les solutions qui contiennent seulement de l’acide acétique libre.
Le sulfure ainsi obtenues! amorphe et sans doute hydraté. Si on le chauffe fortement après dessiccation, il fond et donne par refroidissement une masse noire cristalline à facettes, semblable au sulfure produit par union directe (Lamy).
D’après Hebberling (Ann. der Chem, und Pharm., GXXXIV, 11), quand on fait passer un courant d’acide sulfhydrique dans une solution légèrement acide de sulfate thalleux, il se forme de petites lamelles très brillantes d’un noir bleu, qui apparaissent au microscope formées de tétraèdres mâclés.
3“ En chauffant pendant quelque temps une solution alcaline de sel thalleux avec de l’hyposulfite de soude, Carstanjen a préparé du sulfure sous forme d’une poudre noire cristalline.
Carstanjen
Calculé. Hebberling. (sulfure direct).
Tl.= 204 92,77 92,62 ï
tÜ!. =m 100,00 99,92 ï
Propriétés. — Le sulfure de thallium, même précipité, est tout à fait inso¬
luble dans l’eau et dans les sulfures alcalins.
La densité du sulfure fondu est environ 8 (Lamy).
Le sulfure amorphe précipité s’oxyde avec facilité au contact de l’air avec formation de sulfate ; aussi faut-il le laver avec de l’eau chargée d’acide sulfhvdrique. Le sulfure cristallisé d’Hebberling paraît moins oxydable.
Chauffé, le sulfure de thallium peut foudre et cristalliser par refroidissement : mais il commence à se dissocier en dégageant du soufre, quand on le maintient fondu (Lamy).
Sa chaleur de formation a été mesurée par Thomsen :
Tl -f S solide — TIS précipité,
dégage par équivalent-|-10f^''h8. Ce nombre n’est pas très élevé, et cette circonstance rend compte de la destruction partielle qui se produit au rouge. C’est par suite de cette décomposition et non par une véritable réduction, que le sulfure de thallium paraît être réduit dans un courant d’hydrogène, comme l’a observé Carstanjen.
Le sulfure de thallium est insoluble dans l’ammoniaque, dans les alcalis, dans les carbonates et les cyanures alcalins. Il se dissout aisément dans les acides sulfurique et azotique, moins vite dans l’acide chlorhydrique, difficilement dans l’acide oxalique et dans l’acide acétique.
TRISULFURE DE THALLIUM.
Les sels thalliques, traités par l’hydrogène sulfuré, donnent du monosulfure de thallium et du soufre; il ne se forme pas de trisulfure.
Carstanjen a préparé ce dernier, en fondant du thallium avec un excès de soufre, et calcinant à l’abri de l’air le produit fondu, pour éliminer le soufre non combiné. On a ainsi une masse noire amorphe, aisément fusible, dure et cassante au-dessous de 12 degrés, molle et s’étirant en fils pendant l’été. Sa composition est représentée par TIS® :
Calculé. Carslanjen.
Tl.= 204 80,95 »
Il ne cède pas de soufre au sulfure de carbone. L’acide sulfurique étendu est sans action à froid, mais il le dissout peu à peu à chaud sans séparation de soufre {Journ. f. prakt. Chem., CII, 65).
THALLIUM
SESQUISULFURE DE THALLIUM (?).
Le sesquichlorure de thallium donne avec le sulfhydrate d’ammoniaque un précipité noirâtre, plus fusible que le protosulfure, qui par refroidissement cristallise en gros prismes d’un gris noir de composition variable. Carstanjen, qui les considère comme une combinaison intermédiaire entre les deux sulfures déjà décrits, a obtenu des résultats identiques par fusion directe de 1 éqqivalent de métal avec des doses de soufre comprises entre 1 et 3 équivalents.
Les sulfures de Carstanjen étaient voisins des sulfures TIS^ ou Tl-S-’. Ils ne me paraissent pas être des composés définis.
SDLPOARSÉNIURE DE THALLIUM.
.AsS^TlS = 343 TlAsS2= 343
On dirige un courant d’hydrogène sulfuré dans une dissolution de sulfate thalleux additionnée d’acide arsénieux et acidulée d’acide sulfurique (1). Il se dépose un précipité rouge-brique qui contient AsS^,TlS. Ce corps se détruit quand on le chauffe, en donnant un sublimé de sulfure d’arsenic et laissant un résidu de sulfure thalleux fondu. Traité par les alcalis, il leur abandonne le sulfure d’arsenic qui se dissout, le sulfure de thallium demeurant insoluble (Günning, Arch. Néerl. des sc. nat., III, 86).