‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 6e cahierChapitre 28 sur 305 · PRÉPARATION DU SULFURE AMORPHE · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DU SULFURE AMORPHE

l" A partir du mêlai. — L’impossibilité de sulfurer le zinc a pendant longtemps été une opinion admise de la plupart des chimistes. Dès 1742, Malouin avait remarqué que, si l’on chaulTe ensemble du zinc et du soufre, on obtient après l’expérience la plus grande partie du zinc non altéré : le métal est recouvert d’une petite quantité de crasses pulvérulentes.

Le sulfure d’antimoine, qui jouit de la propriété, connue des alchimistes, de sulfurer presque tous les métaux, n’agit pas sur le zinc, et on n’avait pas eu de meilleurs résultats avec le foie de soufre, qui pourtant sulfure l’or lui-même.

Davy constataque, si l’on jette du soufre surdu zinc fondu au rouge, la majeure partie du soufre se volatilise, et il se forme peu de sulfure.

Berzelius démontra d’autre part que la sulfuration du zinc pouvait s’accomplir, et se produisait même dans certaines conditions avec une violence extrême. Un mélange de tournure de zinc et de cinabre, exposé dans une cornue à une température élevée et brusque, détona comme l’aurait Itiit un corps combustible mêlé de nitre : le mercure fut réduit et distilla.

Quand on cliaulTe un mélange de limaille de zinc et de pentasulfure de potassium, la réaction a lieu avec une explosion très vive.

Le zinc se sulfure donc avec énergie.; il est probable que la difficulté toute spéciale que l’on éprouve à produire le sulfure résulte de la formation d’un vernis compact de ce corps, qui empêche la continuation de l’action chimique.

En augmentant la surface du métal, on élimine en grande partie cette cause, et la formation du sulfure se trouve accrue. C’est en effet ce qui a lieu avec la poudre de zinc. Un mélange intime de 2 parties de poudre de zinc etde 1 partie de soufre s’enflamme avec une allumette et. brûle rapidement comme de la poudre, en produisant une lumière verte. Cette composition détone au marteau ; elle pourrait à la rigueur servir comme matière explosible : 4 grammes produiraient le même effet que 1 gramme de poudre de mine.

La sulfuration immédiate du zinc en poudre se produit avec incandescence, dans la vapeur de sulfure de carbone : on obtient alors un mélange de sulfure métallique etde charbon (Scdiwarz, Ber. Deutschen Chem. Gesellscliaft, t. X’V^, 2505).

La combinaison paraît même pouvoir se produire à froid, si le contact du soufre et du zinc est rendu intime. En comprimant à 0500 atmosphères un mélange à équivalents égaux de limaille de zinc etde fleur de soufre bien lavée sèche, Spring a obtenu une masse qui, limée, a été de nouveau soumise à la même pression. Après trois compressions successives, le bloc qui reste, ressemble beaucoup à la blende, il paraît constitué par un conglomérat de grains translucides, jaunâtres qui donnent par les acides un dégagement très net d’hydrogène sulfuré {Ann. de chimie et de phys. 5% séf., 1880, t. XXII, p. 170).^

L’auteur de ces expériences attribue à cette matière la forme cristalline : une discussion s’est engagée à ce sujet entre lui et M.M. Friedel, Jeannetaz,

Néel, Clermont (Bull, de la Soc. chim., 1883, XL); mais la combinaison directe des deux substances paraît néanmoins avoir été ainsi réalisée.

2“ Sulfuration de l’oxyde ou de ses sels. — L’oxyde de zinc, le sulfate de zinc, le carbonate, chauffés avec du soufre, fournissent du sulfure de zinc avec facilité.

Despretz obtint ainsi, à partir de l’oxyde, un sulfure jaunâtre dont l’aspect rappelait celui de la blende (4nw. de chimie et de phys., 2'sér., t. XLIII,

Vauquelin s’était servi du sulfate.

L’action est d’ailleurs absolument totale, et Rose a proposé, pour doser le zinc à l’état de sulfure anhydre, de transformer l’oxyde, le carbonate, le sulfate, en les chauffant au rouge, mélangés de soufre, dans un courant d’hydrogène sec (Ann. de Pogg., t. CX, p. 120).

3“ Déshydratation du sulfure hydraté. — Le sulfure hydraté obtenu par précipitation peut être déshydraté et fournir du sulfure anhydre quand on le chauffe au rouge dans un courant d’acide sulfhydrique (Berzelius).

4° Réduction du sulfate. — Le sulfate de zinc anhydre mélangé de charbon et chauffé au rouge vif donne du sulfure de zinc ; mais la réaction n’est jamais complète, même en élevant beaucoup la température (Berthier).

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