SULFURE HYDRATÉ DE ZINC
Formation. — 1“ Quand on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans la dissolution d’un sel de zinc, il y a formation totale ou partielle de sulfure de zinc hydraté blanc. Avec l’acétate de zinc, la précipitation est totale, elle donne d’ailleurs un dégagement de chaleur qui est par équivalent de ICa',81.
Avec les sels à acides minéraux, chlorure, sulfate, la réaction n’est que partielle, et on peut la rendre tout à fait nulle en acidulant fortement la liqueur; c’est que le sulfure de zinc est soluble dans les acides chlorydrique et sulfurique, et non dans l’acide acétique.
Pourtant les réactions :
ZnCl dissous -F HS dissous — HCl étendu ZnS hydraté,
ZnO.SO^ dissous -p HS dissous = SO’,HO étendu -F ZnS hydraté
absorbent de la chaleur, sr it — 0Ci>',2pour la première, —2C'>', '1 pour la seconde. L’expérience vérifie pourtant cette précipitation partielle, donnant lieu à une absorption de chaleur. C’est peut-être à la formation d’un sulfhydrate de sulfure de zinc, produit avec dégagement de chaleur, mais se détruisant progressivement au contact de l’eau, qu’il convient d’attribuer ce phénomène (voy. M. Berthelot, Ann. de chimie et de phys. (5), IV, 201, et Traité de mécanique chimique, II, livre V).
Pour préparer le sulfure hydraté, on peut donc précipiter par l’acide sulfhydrique, l’acétate de zinc, ou ce qui revient au même, un sel de zinc quelconque additionné d’acétate de soude.
On l’obtiendra aussi en précipitant, par l’hydrogène sulfuré, une solution alcaline d’oxyde de zinc, ou bien en ajoutant à un sel de zinc du sulfhydrate d’ammoniaque ou de potasse.
La précipitation par le sulfhydrate d’ammoniaque se produit lentement mais complètement, même dans les solutions zinciques très étendues. La présence du sel ammoniac rend la précipitation plus prompte et plus complète. Un liquide qui ne contient que d’oxyde de zinc l’abandonne totalement,
lorsque après addition de sulfliydrate d’ammoniaque bien incolore, on le laisse reposer vingt-quatre heures à une douce chaleur.
2° D’après Schindler, lorsqu’on conduit un courant très lent d’hydrogène sulfuré à travers une solution de sulfate de zinc, il se forme une petite quantité de lamelles feuilletées jaunâtres, d’aspect rhombique, et qui seraient formées par le sulfure ZnS,H0.
Propriétés et composition. — Le sulfure de zinc précipité est blanc gélatineux. Il est tout à fait insoluble dans l’eau, dans les alcalis, dans les carbonates alcalins.
Il se dissout facilement dans les acides chlorhydrique, azotique, sulfurique. Il est au contraire très peu soluble dans l’acide acétique.
D’après Berthier, il est dissous sans dégagement de gaz dans une solution aqueuse d’acide sulfureux : il se forme dans ces conditions de l’hyposulfite de zinc (Guérout).
Les sels ammoniacaux sont sans action à froid, ce n’est que par une longue ébullition qu’on peut constater un commencement d’attaque (Ph. de Clermont, Bull, de la Soc. chim., juin 1879).
Le sulfure de zinc précipité humide paraît s’oxyder au contact de l’air.
D’après SouchA)’ (Zeitschrift für anal. Chemie, VU, 78), le précipité séché à la température ordinaire sur l’acide sulfurique, contient :
3ZnS,2HO.
(Voyez l’analyse ci-dessous.)
Séché à 100 degrés, dans un courant d’hydrogène sec, il perd de l’eau. Sa composition est alors :
2ZnS,HO.
Geiger et Reimann (Mag. pharm., XXXI, 178) étaient arrivés au même résultat.
A 150 degrés, dans l’hydrogène sec, il reste encore de l’eau, et le sulfure est représenté par la formule (1) :
4ZnS,HO.
Au rouge la totalité de l’eau est chassée, mais il se dégage en même temps un peu d’acide sulfhydrique, et le sulfure de zinc qui reste, renferme un peu d’oxyde.
Les cristaux obtenus par Schindler, desséchés à la température de 37 degrés, renfermaient 1 équivalent d’eau :
ZnS,H0.
Chauffés à 100 degrés, ils en abandonnaient la moitié, et devenaient comme le sulfure amorphe :
2ZiiS,H0.
Voici quelques analyses des sulfures hydratés :