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SULFHYDRATE DE SULFURE DE ZINC

L’existence d’un sulfhydrate de sulfure de zinc, dans certaines conditions chimiques, paraît assez bien établie par les considérations thermiques. La réaction de l’acide sulfhydrique sur le sulfate de zinc dissous, correspond à une absorption de chaleur assez notable, environ — 2 calories, par équivalent. Pourtant cette réaction se produit partiellement en liqueur neutre, bien que le thermomètre y accuse réellement une perte de chaleur. Par analogie avec le magnésium, ceci peut s’expliquer aisément par la formation d’un sulfhydrate de sulfure de zinc, d’ailleurs décomposable progressivement par l’action de l’eau (Berthelot, Ann. de chimie et de phys. [5], IV, 201).

66 ESCYCLOPÊDIli CHIMIQUE.

Ce sulfhyclrate n’a pas été isolé, mais il paraît se former dans certaines expél'iences de J. Thomsen (Ber. Beutschen Chem. Gesell., 1878, 2044).

Quand on traite une solution étendue de sulfate de zinc par une masse équi- ■valente de sulfure de sodium, on obtient un précipité qui contient tout le zinc et tout le soufre, ainsi qu’une liqueur neutre de sulfate de soude. Si de même -on ajoute à la solution de sulfate de zinc un équivalent de sulfhydrate de sulfure de sodium, la décomposition est également totale. Tout le zinc se trouve contenu dans le précipité ; la liqueur a une faible réaction acide. Dans ces conditions le précipité est formé par du sulfhydrate de sulfure de zinc.

Si l’on traite la solution de sulfate de zinc, par 2 équivalents de sulfhydrate de sulfure de potassium, il n’y a aucun précipité, mais un liquide clair de teinte opaline.

Ce liquide, traité par la soude ou par les acides, donne immédiatement un précipité qui contient le zinc à l’état de sulfure, ou plus vraisemblablement de sulfhydrate.

D’ailleurs ce liquide n’est point stable: il se détruit spontanément au bout de quelques heures, en précipitant une sorte de mucilage, qui se redissout quand on chauffe.

OXYSULFURES DE ZINC.

On connaît deux oxysulfures de zinc :

ZnSjZnO

4ZnS,ZnO.

Aucun d’eux ne paraît pouvoir être obtenu par l’union directe du sulfure avec l’oxyde.

Oxysulfure ZnS, ZnO. — On le prépare en réduisant par l’hydrogène le sulfate de zinc desséché. 100 parties de sulfate ont ainsi donné 56 à 58 parties d’une poudre jaune paille : le calcul indique 55,28 (Arfvedson, Ann. de Pogg., I, 59).

Rammelsberg, qui a repris cette étude, a obtenu un nombre plus voisin du nombre théorique, soit 55,12 (Ann. de Pogg., LXIV, 188).

Cet oxysulfure, chauffé au rouge dans l’acide sulfhydriqne, se transforme en . s ilfure de zinc pur.

11 se dissout dans l’acide chlorhydrique, avec dégagement d’hydrogène sulfuré.

Oxysulfure4Zn?,,IîiO. — llse trouve dans la nature sous le nom de voUzine. Ce sont des mamelons hémisphériques de structure testacée, nacrés dans le sens des couches, vitreux ou résineux dans les autres directions. Sa densité varie de^3,5 à 3,8; sa dureté est 3,5. Il fut trouvé pour la première fois par Fournet dans la mine des Rosiers à Pontgibaud (Puy-de-Dôme).

ZINC

Sa composition est représentée par4ZnS,ZnO : il contient une certaine quantité de matière organique, ainsi qu’un peu de fer {Am. desMines [3], III, 519).

Calculé. Trouvé.

4ZiiS,ZnO. 100,00 100,00

Ce même oxysulfure a été trouvé par Kersten dans une fissure d’un four de Freiberg, où on traitait des sulfures de zinc. C’étaient des prismes hexagonaux creux et atteignant de 12 à 18 millimètres de long. Parfois il se présente en masses feuilletées. Sa couleur varie du jaune-soufre au brun noirâtre. Sa composition est celle de la voltzine (Schw. Journ. fur Cliemie, LVII, 186).

L’oxysulfure 4ZnS,ZnO n’est pas attaqué par la potasse, ni par l’acide acétique même bouillant. Sous l’action de l’acide chlorhydrique, il se dissout en dégageant de l’hydrogène sulfuré.

Cet oxysulfure n’a pas été obtenu artificiellement.

ZnS.

ZnO.

FeO.

Matière organique.

SULFOC.4RnONATE DE ZINC.

Les sels de zinc donnent avec le sulfocarbonate de calcium un précipité blanc jaunâtre, qui desséché devient orange pâle et transparent : c’est du sulfocarbonate de zinc ZnS,CS^ (Berzelius, Trans. de l’Ac. roy. de Stockholm, 1825, II).

SÜLFOPHOSPHURE DE ZINC.

Préparation. — On fait un mélange de sulfure de phosphore liquide PhS et de sulfure de zinc précipité sec : on chauffe ce mélange dans un courant d’hydrogène sec, de manière à volatiliser complètement tout le sulfure de phosphore en excès. Il reste une matière rouge.

Si l’on chauffait trop, le produit se détruirait en redevenant blanc, il faudrait alors faire revenir le sulfure de phosphore sublimé, et recommencer à chauffer avec précaution (Berzelius, Ann. der Chemieund Pharm., XLVI, 150).

Propriétés et composition. — Lesulfophosphure de zinc est nne poudre d’un beau rouge-minium.

Chauffé au-dessous du rouge, il se dédouble en sulfure de phosphore qui distille, et en sulfure de zinc blanc qui reste.

Calciné à l’air, il prend feu, et brûle en donnant un résidu de métaphosphate de zinc.

L acide chlorhydrique le dissout avec un vif dégagement d’hydrogène sulfuré et il reste du sulfure de phosphore Ph®S® pulvérulent rouge.

Sa composition est représentée par la formule Zn®S*Ph®.

Analyse. Calculé. Trouvé.

2ZnS. 43,70 45,0

Ph3S2.;. 56,30 55,0

Zn^S^Plf». 100,00 100,0

SDLFOARSÉNIURES DE ZINC.

Le sulfure de zinc peut s’unir aux sulfures d’arsenic AsS® et AsS°, en donnant des sulfoarséniures. Quatre sulfoarséniures de zinc ont été signalés :

ZnS,AsSL

ZnS,AsS5,

2ZnS,.AsS5,

3ZnS,AsS5.

Trisulfoarséniure de sulfure ZnS,AsS®. — Une solution aqueuse de

monosulfure de sodium, saturée d’oi’pimenl, donne avec les sels neutres de zinc un précipité volumineux jaune citron, qui devient orangé pâle par dessiccation. Chauffé jusqu’au rouge, il abandonne du trisulfure d’arsenic, et laisse une substance jaune dure et agglutinée, qui est un composé plus basique. A la température de fusion du verre, tout le sulfure d’arsenic est chassé, et il reste seule-

ent le sulfure de zinc (Berzelius, Ann de Pogg., YII, 145).

Pentasulfoarséniure monozùiciqtie ZnS,AsSL — Quand on traite par l’hydrogène sulfuré une dissolution qui contient à la fois un sel de zinc et du pentasulfure d’arsenic, on obtient un précipité jaune présentant cette composition. Cette réaction se produit même en présence de quantités notables d’acides minéraux (Wœhler, Jahresber., XXI, 150).

Pentasulfoarséniure dizincique 2ZnS,AsSL — Il se forme quand on ajoute à un sel de zinc une solution de pentasulfoarséniure disodique, 2NaS,AsSL C’est une poudre volumineuse jaune qui devient d’un beau jaune orangé quand ou la dessèche (Berzelius).

Pentasulfoarséniure trizincique 3 ZnS,AsS®. — On l’obtient en précipitant un sel de zinc parle pentasulfoarséniure trisodique 3NaS,AsSL C’est un précipité jaune pâle, qui, lorsqu’il est sec, est orangé comme le précédent (Berzelius).

ZINC

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