BROMURES DOUBLES DE ZINC ET DES MÉTAUX POSTÉRIEURS
Le bromure de zinc s’unit directement à certains bromures métalliques; les bromures doubles ainsi formés seront décrits ultérieurement à côté du métal correspondant. Je me bornerai à les signaler ici.
Le bromure d’or et de zinc cristallise en prismes décrits par Bonsdorff ; le chlorure de platine donne de même :
ZnBr,PtBr2,12HO,
très bien cristallisé en rhomboèdres.
lODURE DE ZINC.
Znio = 159,6 *nIo2 = 319,2
Formation. — 1" L’iotle et le zinc s’unissent facilement avec dégagement de chaleur, en donnant une masse incolore facile à fondre et pouvant se sublimer en cristaux quadrangulaires allongés (Gay-Lussac).
La chaleur dégagée par la formation de l’iodure de zinc a été évaluée par Thomsen :
Za + lo = ZnIo sol.
déo-affe [ gazeux). + 30c»i,0
° ^ I Iode solide. +24^6
Le premier de ces nombres est inférieur à celui qui correspond à la formation de l’oxyde + Aussi est-il impossible de préparer l’iodure de zinc
par l’action de l’iode sur l’oxyde : la réaction inverse est au contraire facile.
2“ On prépare la solution aqueuse d’iodure de zinc en dissolvant le zinc ou l’oxyde de zinc dans l'acide iodhydrique, ou simplement en faisant réagir l’iode sur le zinc en présence de l’eau, jusqu’à coloration de la liqueur.
Cette solution, évaporée à chaud, donne par refroidissement des octaèdres anhydres (Berthemot, Journ. de pliarm., XIV, 610). Évaporée à froid sur l’acide sulfurique, elle fournit des cubo-octaèdres anhydres (Rammelsberg, Ann. de Pogg., XLIII, 665).
Voici l’analyse donnée par Rammelsberg :
Calculé. Trouvé.
Zn.=: 32,6 20,38 20,35
lo... . = 127,0 79,62 »
Znio.= 159,6 100,00 »
Propriétés. — L’iodure de zinc cristallise en octaèdres qui paraissent appartenir au système cubique. Il est sans doute dimorphe, car il est difficile de rapporter au cube les aiguilles quadrangulaires obtenues par Gay-Lussac dans sa sublimation.
Chauffé à l’abri de l’air, il fond et se sublime. Sa densité est 4,696 (Rœdeker).
Il est déliquescent et très soluble dans l’eau, en donnant une liqueur incolore.
La chaleur de dissolution est pour 1 équivalent, Znio = 159,6 :
-b 5,8 (Favre).
5,65 (Thomsen).
ZINC
Les densités des solutions de diverses concentrations ont été mesurées par Kremers (Ann. de Pogg., GUI, 57 ; CIV, 133, et CXI, 60). Voici quelques résultats relatifs à la température de 19",5 :
Den&ilc
Poids d'iodure dans 100 grammes
Poids d’iodur dans 100 gramr
des solutions.
d’eau.
de solution.
gf-
gï--
L’iodure de zinc, chauffé au contact de l’air, se détruit avec formation d’oxyde de zinc et élimination de tout l’iode. L’oxydation se produit même à la température ordinaire dans l’air humide, le zinc se transformant sans doute en hydrocarhonate (Buchner, Repert. f. d. Pliarm., LXVI, 204).
L’acide sulfurique l’attaque en donnant du sulfate de zinc, de l’iode et de l’acide sulfureux.
La solution d’iodure de zinc dissout facilement de l’iode en se colorant en brun. D’après Baup (Repert. f. d. Pharm., XIV, 412), on peut dissoudre de la sorte 1 équivalent d’iode par équivalent d’iodure, et ce serait un véritable Uiodure de zinc.
L’iodure de zinc concentré se trouble quand on l’étend d’eau, et dépose de l’oxyde de zinc gélatineux ne contenant pas d’iodure. Cette circonstance démontre qu’il y a dégagement d’acide iodhydrique pendant la concentration: la liqueur contient dès lors un oxyiodure soluble, destructible par un excès d’eau.
L’iodure de zinc se combine facilement aux iodures alcalins et à l’ammoniaque.
lODURES DE ZINC AMMONIACAUX.
On a décrit deux composés d’iodure de zinc et de gaz ammoniac :
Znlo,2AzH3,
"2ZnIo,5.AzIP.
ZnIo,2AzHL— Quand on dissout de l’iodure de zinc dans l’ammoniaque, on obtient une liqueur qui, par évaporation à la température ordinaire, abandonne des prismes rectangulaires brillants présentant cette composition (Rammelsberg, Ann. de Pogg., XLVIII, 152).
Calculé. Trouvé.
2AzH3.= 34,0 17,57 »
Zn. = 32,6 16,80 16,66
lo. = 127,0 65,63 »
2AzH3,ZnIo.= 193,6 100,00
Ce sont des prismes blancs, très brillants, inaltérables à l’air sec. Ils appartiennent au système orthorhombique. Les faces /i*, g\ qui prédominent, donnent l’aspect d’un prisme rectangulaire, couronné par l’octaèdre b va et par le biseau e* : celui-ci est souvent plus développé, et parfois l’une de ses faces s’étend beaucoup de manière à paraître une terminaison oblique du prisme, b manque souvent, e* et ont un éclat vitreux, ¥ un éclat nacré (Rammelsberg, Ann. de Pogg., XC, 19).
Angles observés a* : <7*.. 119° 55'
Angle calculé. .= 120° 10'
Ces cristaux chauffés se détruisent, en laissant de l’iodure, qui s’oxyde luimême à l’air.
Au contact de l’eau froide, ils se décomposent en donnant de l’oxyde de zinc hydraté pur; mais il reste du zinc dans la liqueur.
2 ZnIo,5 AzH^. — L’iodure de zinc sec absorbe le gaz ammoniac sec avec dégagement de chaleur; la substance gonfle et prend ta forme d’une poudre légère blanche (Rammelsberg, Ann. de Pogg., XLVIII, 152).
100 parties d’iodure fixent de la sorte 26,922 de gaz ammoniac; le calcul pour la formule 5AzH®,2Znl, indique 26,65.
Ce composé se détruit immédiatement au contact de l’eau, en donnant de l’oxyde de zinc pur.
10DURE DOUBLE DE ZINC ET d’AMMONIUM.
AzHR,Znl = 304,6.
Le mélange des dissolutions des deux iodures, évaporé lentement sur l'acide sulfurique, donne des cristaux très déliquescents, qui paraissent anhydres (Rammelsberg, Ann. de Pogg., XLIII, 665).
Calculé. Trouve.
AzH^ZnF. = 304,6 100,00 »
ZINC
lODÜRE DE ZINC ET DE POTASSIUM.
KI,2ZuI = 485,2.
Le mélange des deux solutions, évaporé à l’air sous une cloche, en présence d’acide sulfurique, fournit des cristaux très déliquescents (Rammelsberg, loc. cit.).
Calculé.
3Io.
izl?F.
lODURE DOUBLE DE ZINC ET DE SODIUM.
Nal,ZnI,3 HO = 336,6.
Rammelsberg l’a obtenu comme le sel de potassium.
Calculé. Trouvé.
Na.= 23,0 6,83 6,95
Zn.= 32,6 9,66 9,41
2Io.= 254,0 75,48 74,85
NaZnP,3HO.= 336,6 100,00
lODUBE DOUBLE DE ZINC ET DE B.ARYUM.
BaIo,2ZnIo.
Ce sont des cristaux très déliquescents obtenus par Rammelsberg {loc. cit.) dans l’évaporation du mélange des deux indurés.
Calculé. Trouve.
Ba.= 68,5 13,31 11,71
2Zn.= 65,2 12,64 12,80
BaZnHo».= 514,7 100,00 »
KNCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
lODOCHLORURE DE ZINC ET DE CÉRIUM.
Le mélange des solutions d’iodure de zinc et chlorure de cérium, évaporé en présence de chlorure de calcium, donne un sirop visqueux qui cristallise quelquefois. Le sel double ainsi formé paraît avoir la composition ZnIo,CeGl : il est très soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool.
La chaleur le décompose (Holzraann, Journ. fur prakt. Chemie, LXXXIV, 76).
lODURES DOUBLES FORMÉS PAR LES MÉTAUX ULTÉRIEURS.
L’iodure de zinc donne avec quelques iodures métalliques proprement dits, des combinaisons, qui seront décrites au fur et à mesure, avec chaque métal. Je me bornerai à citer sans les décrire, l’iodure double de bismuth et de zinc ZnI,BiP,li2HO (Linau), l’iodure double de mercure et de zinc (Bonsdorff), l’iodure double de platine, ZnI,PtP,9HO, belle combinaison cristallisée en rhomboèdres, qui se forme par le mélange des deux sels (Lassaigne).
OXYIODURES DE ZINC.
On obtient un oxyiodure, en ajoutant à une solution d’iodure de zinc une quantité de potasse insuffisante pour précipiter totalement l’oxyde (Millon). C’est une poudre blanche, un peu soluble dans l’eau bouillante.
Une solution d’iodure de zinc dissout à chaud de l’oxyde de zinc, ou même le zinc métallique. La liqueur obtenue, filtrée, se trouble par refroidissement et dépose un oxyiodure (W. Millier, Journ. fur prakt. Chem., XXVI, 441).
FLUORURE DE ZINC.
ZnFl = 51,6 -ZnFP = 103,2
Fluorure anhydre. — On obtient le fluorure de zinc anhydre en déshydratant le fluorure hydraté ZnFl,4H0. Celui-ci perd son eau à 100 degrés, et laisse une poudre blanche insipide, peu soluble dans l’eau pure, un peu plus soluble dans l’acide fluorhydrique et dans les acides étendus, soluble dans l’ammoniaque.
Fluorure cristallisé (ZnFl,4 HO = 87,6). — Quand on ajoute à un sel de zinc dissous du fluorure de potassium, on produit un précipité gélatineux formé de fluorure hydraté.
ZINC
On peut l’obtenir aussi en dissolvant le zinc ou l’oxyde de zinc dans l’acide fluorhydrique.
Il se dissout dans l’acide fluorhydrique étendu ; la liqueur obtenue donne par l’évaporation de petits cristaux blancs octaédriques, opaques, mais très brillants, qui renferment 4 équivalents d’eau (Marignac, Amw. de chimie et de phys. [3], LX, 301).
Calculé. Trouvé.
Zn.= 32,6 37,14 37,26
Fl. = 19,0 21,71 î
4HO. = 36,0 41,15 ï
ZnFl,4HO. = 87,6 100,00 v
Les cristaux appartiennent au système orthorhombique. Ce sont des octaèdres fr*''-, tronqués sur les arêtes culminantes par le prisme horizontal e*. Il y a aussi de petites laces d’un prisme vertical aigu g'^ (fig. 10).
Fig. 10.
Les facettes de ces cristaux sont éclatantes, mais donnent des i mages multiples, ce qui empêche les mesures précises.
Angles observés :
132“ 31' (au sommet du cristal).
Le fluorure hydraté possède une saveur styptique, semblable à celle du sulfale de zinc.
Il est peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’acide fluorhydrique, dans les acides étendus chlorhydrique ou azotique, soluble dans l’ammoniaque.
ChaulTé à 100 degrés, il devient anhydre.
Il donne avec les fluorures alcalins des combinaisons incolores cristallisées peu solubles (Berzelius).
KNCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.