‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 6e cahierChapitre 6 sur 305 · id · texte numérisé non relu

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64,1 (zinc laminé)(Calvert et Johnson).

6o g| zinc fondu. (id.).

Chaleur spécifique du zinc solide. — De zéro à 100 degrés, la chaleur spécifique du zinc solide a été trouvée :

0,0927 (Dulong et Petit).

0,0956 (Régnault).

0,0932 (H. Kopp).

0,0935 (Bunsen).

La chaleur spécifique moléculaire, pour Zn = 32 k'', 6 est donc :

D’après Régnault. 3,Il (entre 10 et 100 degrés).

D’après Kopp. 3,04 (entre 20 et 45 degrés).

Des mesures plus générales en ont été faites pour toute température, entre zéro et 300 degrés, par Weinhold (Ann. de Pogg., CXLIX, p. 213) et par Bède (Mémoires de l'Acad. de Belg., XXVII). La chaleur spécifique élémentaire, rap- .portée au poids équivalent, est, pour la température de t° :

2,878 + 0,00287f (Weinhold).

2,826 + 0,00287i (Bède).

Elle est donc d’après ces mesures :

I (Weinhold)

(Bède).

Point de fusion. — Les premières observations assignaient au zinc un point de fusion, beaucoup trop faible.

Black indiquait 260 degrés.

Guyton de Morveau trouva 374 degrés.

Daniell trouva 412 degrés. Ce nombre paraît voisin de la réalité.

Person a trouvé, comme température de fusion :

Zinc distillé.

Zinc du commerce.

j 433“,4 (thermomètre à mercure).

( 415”,0 (thermomètre à air).

434“,0 (thermomètre à mercure).

Riemsdyk a indiqué 420 degrés.

ZINC

La chaleur de fusion a été mesurée par Person; elle est,'pour l’uuité de poids du métal :

28Cal,13.

Rapportée au poids équivalent 32?*',6, elle est de :

0‘=**,917 (grandes calories).

Densité du zinc liquide. — Un grand nombre de savants ont étudié cette question et publié beaucoup de résultats en apparence contradictoires.

Dès 1726, Réaumur avait observé que le zinc solide, jeté dans du métal fondu, surnage à la surface ; mais comme après la solidification la surface n’est pas conve.'ce, il en avait conclu que la densité du zinc solide n’est pas plus petite, et il avait attribué la flottaison à des phénomènes capillaires.

En 1830, Marx prétendit au contraire que le zinc se contracte fortement en passant à l’état solide. Centner, en 1864, fit remarquer que, si des lames de métal flottent sur le métal liquide, les boules s’y enfoncent, et il se rangea à l’opinion de Marx.

Des travaux plus précis ont été faits récemment sur ce sujet. AV. Chandler Roberts et T. AVrightson ont mesuré par divers procédés la densité du zinc liquide. Par la méthode du cône imaginée par Mallet, ils ont obtenu, pour le zinc maintenu un peu au-dessus du point de fusion, la densité 6,55=

Par l’emploi de l’oncosimètre, imaginé par eux {Journal of the Iron and Steel Institute [2°], 413, 1879), ils ont trouvé 6,48.

De l’état solide et froid à l’état liquide, il y a donc augmentation de volume de 11 pour 100 environ.

F. Nies et A. AVinkelmann {Ann. de Pogg. [N. F.], 1881, XIII, 43) ont étudié avec soin la variation de volume au moment de la solidification. Ils ont trouvé que le zinc chauffé près de sa fusion est plus léger que le liquide: il est d’ailleurs extrêmement cassant et s’émiette en menus fragments quinagent sur le bain de métal.

Il y a réellement dilatation au moment de la solidification, contrairement à l’assertion de Marx. Le poids spécifique augmente brusquement de 0,2 pour 100 de sa valeur, quand le métal passe à l’état liquide : c’est environ le cinquième en valeur absolue, de la dilatation du métal solide entre zéro et 100 degrés.

Ce phénomène n’est pas spécial au zinc : la plupart des métaux paraissent se comporter de la même manière.

Capillarité. — La tension superficielle du zinc liquide a été mesurée par Quincke, qui l’a trouvée égale à 87,68.

En adoptant pour densité 6,5 (valeur trouvée par AV. Ch. Roberts et T. AAMghtson), on trouve comme coefficient capillaire :

Cette valeur est voisine de celles du palladium et de la fonte.

r, constante qui donne l’a

lu liquide dans des tubes très ét

Vaporisation. — Le zinc, chauffé au rouge vif, entre en ébullition et peut être distillé.

D’après E. Demarçay {Comptes rendus, XGV, 1882, p. 183), la tension de vapeur du zinc est déjà appréciable au.v températures où le métal est encore solide. Dans le vide, au-dessus de zinc maintenu seulement à 184 degrés, on obtient sur un tube refroidi un dépôt de zinc d’aspect métallique.

La température d’ébullition du zinc est partout indiquée de 1040 degrés, d’après des recherches de MM. Sainte-Glaire Deville et Troost. Ge nombre différait beaucoup de celui obtenu il y a longtemps par Becquerel, 891 degrés.

Le nombre 1040 avait été déduit de mesures basées sur la densité de vapeur de l’iode. Gette densité étant variable, quand la température croît (Grafts et Meyer), le nombre ne pouvait être conservé.

M. J. Violle a observé que l’argent ne fond pas dans la vapeur de zinc bouillant : or l’argent fond à 954 degrés ; donc la température d’ébullition du zinc est inférieure à 954 degrés. Des mesures directes l’ont conduit à 930 degrés.

M. Troost, en reprenant le calcul des anciennes déterminations, est arrivé à 942 degrés. On peut adopter ce nombre pour le point d’ébullition du zinc.

Résistance électrique. — La résistance spécifique du zinc (résistance de

centimètre de long sur 1 centimètre carré de section) est, d’après Mattbiessen, à zéro, de 5089 (G. G. S.).

Elle augmente avec la température ; mais, d’après Bose, cette variation est régulière et la même que pour tous les métaux usuels, argent, cuivre, plomb, étain, du moins entre zéro et 100 degrés.

A20 degrés, elle varie pour 1 degré, de 0,365 de sa valeur ; à 100 degrés, elle a augmenté de 0,293 de sa valeur à zéro. Elle a doublé entre 200 et 230 degrés (R. Benoit).

Pratiquement, la résistance d’un fil de zinc de 1 millimètre de diamètre est par mètre de 0“''"',0724.

Au moment de la liquéfaction, la résistance subit un accroissement brusque. L. de la Rive a trouvé la résistance du zinc à la température de sa fusion, environ deux fois plus grande à l’état liquide qu’à l’état solide. R en est de mêijie pour Tétain, le plomb, le cadmium ; au contraire, le bismuth et l’antimoine deviennent moins résistants en passant à l’état liquide.

Force électromotrice. — Dans une chaîne thermo-électrique de métaux, le zinc se comporté comme le fer et l’antimoine; dans la série suivante, ordonnée d’après les recherches de Becquerel, le courant irait de droite à gauche à travers la soudure chaude :

SI), Fe, Zn, Ag, Au, Cu, Sn, Pb, Pt, lii.

Le zinc développe au contact des métaux des forces électromotrices considérables, toutes de même signe, et dont la valeur est donnée par la liste suivante, d’après les travaux récents de M. Pellat (en volts) :

ZINC

Zinc. Argent. 0,91

— . Platine. 0,88

— . Or. 0,85

— . Cuivre. 0,68

— . Fer. 0,56

— . Bismuth. 0,49

— . Nickel. 0,47

— . Antimoine. 0,41

— . Étain. 0,25

— . Plomb. 0,15

En présence de liquides et d’un métal, le zinc se comporte le plus souvent de la même manière, et se trouve électro-positif, par rapport au cadmium, fer, nickel, cobalt, plomb, étain, cuivre, argent, or, platine. Il est, au contraire, habituellement électro-négatif, par rapport à l’hydrogène, le manganèse, le magnésium, le sodium, le potassium.

Cette distinction est un peu artificielle, et dépend essentiellement de la nature du liquide. Dans le chlorure double d’ammonium et de zinc (Bôttger), le cuivre est électro-positif par rapport au zinc.

En présence de l'acide sulfurique étendu, le zinc donne, avec un autre métal, un élément de pile, dont il forme le pôle négatif, pour tous les métaux usuels proprement dits ; cette propriété fait employer universellement le zinc pour la construction des piles voltai'ques.

Voici, d’après Becquerel, les forces électromotrices de ces éléments (circuit ouvert), exprimées en volts :

Zinc amalgamé .... Zinc. 0,04

Potassium. Zinc. 1,12

Zinc. Or. 1,54

— . Platine. 1,54

— . Charbon. 1,54

— . .Argent. 1,05

— . Cuivre. 1,00

— . Antimoine. 1,00

— . Bismuth. 0,97

— . Cobalt. 0,86

— . Nickel. 0,85

— . Aluminium. 0,75

— . Fer. 0,60

— . Étain. 0,52

— . Plomb. 0,52

— . Cadmium. 0,32

Le zinc est faiblement diamagnétique (Faraday, Philos. Transact., 1840, p. 41).

Spectre du zinc. — Le spectre du zinc sera sels de zinc.

décrit plus loin à propos des

lîNCYCLOPÉDlE CHIMIQUE.

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DU ZINC

Les propriétés chimiques du zinc ont une analogie fort étroite avec celles du cadmium, et aussi avec celles du magnésium. H. Sainte-Claire Deville a fait ressortir cette dernière ressemblance. Comme le magnésium, le zinc donne un oxyde unique, très difficile à dissocier, même en présence de l’hydrogène. Les sels de zinc et de magnésium sont isomorphes dans le véritable sens de ce mot. Les chlorures sont analogues, ils donnent des oxychlorures, et en présence de l’eau se comportent à peu près de la même manière.

Le magnésium, le zinc, le cadmium constituent un groupe assez naturel, auquel on ajoutait, il y a quelques années, l’indium, métal très rare, que l’on trouve associé au zinc dans un grand nombre de ses minerais.

Comme métal, l’indium appartient au groupe du zinc, par ses propriétés physiques et chimiques; mais son oxyde et ses sels le relient à l’aluminium (voyez mon article sur I’Indium, dans le tome III de VEncyclopédie chimique).

Le zinc se combine facilement avec les métalloïdes électro-négatifs. La mesure des affinités développées est fournie par les chaleurs dégagées dans ces réactions. Le tableau suivant contient les plus importantes de ces données thermiques ;

Composants.

Équivalents.

Chaleur

dégagée.

Cal.

Oxyde anhydre.

.. Zn -P 0

— hydraté.

.. Zti 0 -j- HO

Chlorure anhydre...

.. Zn (jl

.— dissous....

Bromure anhydre.

.. Zn + Br

— dissous.

id.

lodure anhydre.

.. Zn + lo

— dissous.

id.

Cyanure anhydre. ...

.. Zn + Cy

Sulfure précipité.

Zn -{- S

Ces nombres sont dus à M. Thomson, sauf les deux derniers, qui ont été donnés, le cyanure, par M. Joannis, le sulfure, par M. Berthelet. Ils se rapportent aux composants pris dans leur état à 15 degrés.

L’inspection de ce tableau nous montre que les affinités du zinc sont très grandes pour l’oxygène, le chlore, le brome, l’iode, le soufre : l’expérience vérifie ces conclusions, surtout si l’on se sert de zinc très divisé, où la surface est très grande.

On obtient un métal ainsi réduit en poudre impalpable, au moyen du gris de zinc, qui, on l’a vu plus haut, n’est autre chose qu’un mélange de poussière métallique et d’oxyde.

Pour enlever ce dernier, on délaye la poudre dans l’eau, puis on verse doucement de l’acide chlorhydrique en agitant jusqu’à ce que la liqueur ait une réaction franchement acide et dégage de l’hydrogène. On lave par décantation.

ZINC

et on sèche la poussière métallique obtenue, en la plaçant sur des plaques poreuses dans le vide sec : une dessiccation à chaud ne conviendrait pas, le métal repasserait à l’état d’oxyde.

Cette poudre de zinc jouit de propriétés chimiques très actives, à cause de la division extrême du métal. On l’emploie beaucoup dans certaines opérations rliimiques et industrielles, par exemple la réduction de l’indigo en présence de la chaux, la préparation des hydrosulfites.

Action de l’oxygène sec. — Le zinc ne s’altère pas sensiblement dans l’oxygène ou dans l’air secs à la température ordinaire.

Le zinc fondu, exposé à l’air, se recouvre promptement d’une pellicule grise, qui se renouvelle à mesure qu’on l’enlève. Berzelius la regardait comme un sous-oxyde de zinc défini. Proust, Davy, Vogel, et la plupart des chimistes l’ont considérée comme un mélange d’oxyde et de métal finement divisé.

Si on élève jusqu’au rouge la température du métal fondu, le zinc prend feu et brûle avec une flamme éblouissante bleuâtre, en formant de l’oxyde de zinc. Une partie de cet oxyde reste sur la surface du métal en combustion, le reste s’élève dans l’atmosphère en flocons neigeux très légers (pompholix, nihil album, lana philosophica).

Une fois que le zinc brûle, il continue à brûler si l’on retire du feule creuset, et si au fur et à mesure on enlève l’oxyde formé à la surface, la transformation du métal peut être complète. Ces fumées ne paraissent pas être toxiques.

Cette oxydation du zinc correspond à un vif dégagement de chaleur. D’après les mesures de Thomsen, elle donne par équivalenc -|- 43f^®‘,2.

Lavoisier n’avait pas pu cependant l’opérer dans l’oxygène, en l’enflammant comme le fer avec de l’amadou.

Cette combustion est pourtant facile à réaliser sur de la tournure de zinc dans un courant d’oxygène ; il suffit de chauffer avec un bec de Bunsen l’extrémité du tube. L’inflammation se produit et rétrograde vivement : c’est une belle expérience de cours.

La limaille de zinc brûle vivement en présence d’un corps qui lui cède de l’oxygène. Fourcroy et Vauquelin avaient déjà observé que le mélange de poudre de zinc et de chlorate de potasse détone violemment par le choc. La déflagration est également très vive avec le nitre ou avec de l’acide arsénique, qui se trouve réduit à l’état d’acide arsénieux ou d’arsenic métallique. Les artificiers se servent assez souvent du mélange de salpêtre et de zinc divisé, pour obtenir les étoiles brillantes d’une couleur blanche ou bleuâtre.

Action du soufre. — Le soufre a une grande affinité pour le zinc. Un mélange intime de 2 parties de poudre de zinc et 1 partie de soufre s’enflamme comme de la poudre au contact d’une allumette enflammée. Le même mélange détone par le choc du marteau (Schwarz, Deutsche Chem. Gesell., XV, 2505).

Si l’on essaye de produire cette combinaison avec du zinc compact, on éprouve de très grandes difficultés, le sulfure formé tout d’abord constituant une pellicule très mince, imperméable, qui préserve les parties profondes du métal.

Ainsi, du zinc chauffé avec du soufre ne donne pas de quantités appréciables de sulfure, alors même que tout le soufre a été volatilisé. Davy n’obtint pas un résultat beaucoup meilleur, en faisant arriver des vapeurs de soufre sur du zinc chauffé au rouge.

Le sulfure se produit au contraire avec une véritable explosion quand on chauffe un mélange de limaille de zinc et de cinabre.

Action du sélénium. — Le sélénium et le zinc se combinent vivement avec incandescence, pourvu que le séléniure de zinc qui prend naissance, n’empêche pas l’action de se poursuivre (voy. Séléniure de zinc).

Action du tellure. — Le tellure légèrement chauffé avec du zinc l’attaque vivement avec déflagration, en donnant un tellurure grisâtre.

Action du chlore. — Le chlore se combine au zinc, à la température ordinaire, en donnant du chlorure de zinc : il se dégage beaucoup de chaleur, 48Caij6 par équivalent. Aussi des feuilles minces de zinc s’enflamment et continuent à brûler quand on les plonge dans le chlore gazeux (1).

Action du brome. — Le brome liquide, versé sur du zinc, attaque légèrement sa surface, mais l’action s’arrête aussitôt, même si on chauffe le zinc (Lœvig). L’union se fait au contraire avec la plus grande facilité, si on fait arriver les vapeurs de brome sur du zinc chauffé au rouge, le bromure de zinc étant volatil à cette température. Sa production dégage par équivalent 39CMj-l.

Action de l’iode. — Le zinc et l’iode s’unissent facilement en donnant un iodure fusible incolore (Gay-Lussac). Cette réaction dégage par équivalent 24Cai,6.

Action du phosphore. —Si l’on jette des fragments de phosphore dans du zinc fondu, on obtient un phosphure grisâtre d’odeur phosphorée (Pelletier).

Au rouge vif, les vapeurs de zinc s’unissent avec incandescence aux vapeurs de phosphore en donnant un phosphure défini PhZn^ (Vigier). Au contact delà solution alcoolique de phosphore, l’attaque du zinc est très lente (Selmi).

Action de l’arsenic. — Le zinc se combine facilement avec l’arsenic en donnant des arséniures mal définis. En mélangeant 1 équivalent d’arsenic en poudre avec 4 équivalents de zinc fondu à une température peu élevée, on produit une vive incandescence (Vogel).

Action du silicium. — Le silicium se dissout bien dans le zinc fondu au rouge, et s’en sépare pendant le refroidissement sous forme de cristaux, qui sont volumineux quand la température s’abaisse avec lenteur. Il n’en demeure que des traces dans le zinc solidifié.

(1)' B. Cowper prétend que le chlore bien sec n’attaque pas le zinc froid (voy. Chlorure).

ZINC

Cette propriété est utilisée dans la préparation du silicium cristallisé (Deville ■et Caron, Comptes rendus, XLV, p. 163, etCVII, p. 740; — Winkler, Journal fiirprakt. Chemie, XCl, 193, et Chemisches Centralblatt, 1864, 775).

Action des métaux.—he zinc donne avec la plupart des métau.x, des alliages en général durs et cassants, qui perdent du zinc par volatilisation, au rouge vif.

Le potassium, le sodium, l’aluminium projetés dans du zinc fondu, se combinent avec dégagement de chaleur. Il en est de même de l’antimoine, qui fourni des alliages bien définis et cristallisés Zn’SbjZn^Sb.

Le platine forme un alliage fusible cristallin : en fondant ensemble 1 partie de platine en mousse et parties de zinc, l’union des deux métaux se fait avec une véritable explosion.

L’étain, le fer, le mercure, l’argent, le cuivre s’allient avec facilité au zinc. Le bismuth, le tungstène, le magnésium, ne paraissent pas fournir de combinaison définie.

Action du zinc sur les corps composés. — Le zinc dégageant beaucoup de chaleur en se combinant avec les métalloïdes, pourra réduire les combinaisons formées par ces derniers avec moins de chaleur. C’est le cas d’un grand nombre de composés métalliques binaires : le zinc est donc un corps doué de propriétés réductrices très actives. Les unes se rapportent à l’action sur l’eau ou sur les corps dissous ; les autres, que nous examinerons en second lieu, sont effectuées par voie sèche.

Action de l’eau. — La décomposition de l’eau par le zinc est une réaction exothermique, de même que pour le magnésium et les métaux des sections précédentes. D’après les données citées plus haut, la réaction ;

HO + Zu = ZnO + H,

dégagerait (eau liquide) -|- 8'^‘‘’,7 : elle peut donc se produire sans le concours d’une énergie e.xtérieure.

Le zinc en lames ne paraît pas agir sur l’eau à la température ordinaire. Du zinc enfermé en tube scellé avec de l’eau bouillie, se conserve brillant, sans aucune attaque, pendant plusieurs années (Boutigny, Ann. d'hyg. publ., XVII, 290).

Il en est de même à l’ébullition, d’après J. Davy (iV. Edimh. J., XVII, 475), et l’eau chargée de sels pourrait seule donner de l’hydrogène, même en présence du cuivre. ftlaisGookea trouvé (Ja/iresôm'cMe, 1854,p.359)que le zinc décompose toujours l’eau bouillante.

D’après Wilson (Gifôerte Ann., 1803, XIV, 238), le mélange de copeaux de zinc et de tournure de cuivre donne toujours de l’hydrogène au contact de l’eau pure.

La poudre de zinc, humectée d’eau, la décompose même à froid; à l’ébullition, le dégagement d’hydrogène est très rapide.

De ces divers résultats en apparence conti’adictoires, nous devons conclure

U ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

que le zinc décompose l’eau pure à la température ordinaire, mais cette décomposition s’arrête aussitôt, à cause de la protection exercée sur le métal par la couche mince d’oxyde. La décomposition est facilitée par la division du métal, par l’élévation de température, par le contact du cuivre qui y développe des phénomènes électrolytiques. Dans l’eau saline ou acide, elle continue au lieu de s’arrêter, parce que l’oxyde formé se dissout au fur et à mesure de sa production.

La vapeur d’eau dirigée sur du zinc chauffé au rouge, attaque le métal en donnant un oxyde cristallin et dégageant de l’hydrogène.

Au rouge vif, on obtient de la sorte un sublimé d’oxyde de zinc cristallisé (Régnault, H. Sainte-Claire Deville).

Action de l’air humide. — L’air humide privé d’acide carbonique attaque le zinc avec lenteur. Des feuilles de ce métal placées sous une cloche sur l’eau, au contact de l’air, se recouvrent à la longue d’un dépôt blanchâtre formé par un hydrate d’oxyde de zinc.

Cette oxydation est facilitée beaucoup, si le zinc est au contact d’un métal moins oxydable, tel que le cuivre; car il se forme un couple dont le dernier 'constitue le pôle positif. Aussi on a remarqué que, dans ces conditions, le cuivre s’oxydait moins que s’il était seul (Reinhold, Güberts A 7171 ., 1802, X, 809).

L’air humide chargé d’acide carbonique attaque lentement le zinc en donnant de l’hydrocarbonate basique: c’est ce qui se passe pour le zinc exposé à l’air libre, ou placé dans de l’eau exposée à l’air (Bonsdorlf, A7in. Pogg., XLll, 325). Cet hydrocarbonate forme sur la surface du métal une couche très adhérente, qui préserve d’une oxydation ultérieure les couches profondes du zinc. Grâce à cette circonstance, l’altération du zinc dans l’atmosphère est extrêmement lente, et presque négligeable. Pour les feuilles de zinc qui forment les toitures, l’usure doit être plus rapide, parce que les eaux pluviales dissolvent et entraînent mécaniquement un peu de ce vernis protecteur; cette influence ellemême est très faible. Pettenkofer a trouvé à Munich que, pour une toiture de zinc ayant servi pendant vingt-sept ans, 8?>',380 avaient été oxydés par pied carré (bavarois). Environ la moitié de l’oxyde avait été enlevée par la pluie. La pellicule de métal attaqué en vingt-sept ans avait seulement 1/2 dixième de millimètre d’épaisseur: pour user une toiture faite avec des feuilles de0"‘,û024il faudrait douze cent quarante-trois ans {Jahresberichte, 1856, 788).

L’hydrocarbonate formé a, d’après le même chimiste, la composition :

5Zn0,/i.C0^8H0.

Acti07i des acides hydratés. — Le zinc décompose les acides chlorhydrique, sulfurique, acétique, etc., étendus, avec dégagement d’hydrogène.

L’acide chlorhydrique concentré agit de la même manière: l’action est très vive; elle a lieu aussi pour les acides bromhydrique, iodhydrique, fluorhydrique.

Actio7i de l’acide sulfurique. — Avec l’acide sulfurique, la réaction varie

ZINC

beaucoup avec les conditions de pureté du métal, de température et de concentration de l’acide.

A. État du zinc. — Le zinc pur ne se dissout que très lentement dans l’acide sulfurique étendu, à la température ordinaire ; les bulles d’hydrogène dégagé adhèrent à sa surface en formant une gaine qui le préserve du contact avec le liquide (d’Almeida).

La dissolution s’opère au contraire avec rapidité si on met le zinc au contact d’un autre métal tel que le cuivre, l’arsenic, l’antimoine, le platine. Il se forme alors un couple voltaïque où le zinc est attaqué, et l’hydrogène se dégage seulement sur le métal contraire.

La réaction est rendue très facile, si on recouvre la surface du zinc de platine, d’argent ou de cuivre par immersion dans un sel de ces métaux, ou par addition à la liqueur acide de quelques gouttes de sulfate de cuivre, d’azotate d’argent, de chlorure de platine (Millon). Gladstone et Tribe ont utilisé les propriétés électrolytiques du zinc cuivré, pour effectuer certaines l’éactions. On arrive à des résultats analogues en ajoutant à la solution sulfurique un peu d’acide arsénieux, ou d’une solution de cobalt ou d’antimoine.

Le zinc du commerce se dissout facilement dans l’acide sulfurique étendu : cela tient à la présence sur sa surface de métaux étrangers, fer ou plomb, électro-négatifs par rapport à lui, qui déterminent la formation de courants particulaires et sur lesquels les bulles d’hydrogène viennent se dégager.

Le zinc amalgamé se comporte comme le zinc pur : aussi l’addition à la liqueur acide de quelques gouttes de chlorure de mei’cure retarde beaucoup la dissolulution du zinc. Avec l’acide acétique, elle ne produit aucun effet (Kose).

Les propriétés de la surface ont une grande inffuence sur la rapidité de dissotion. D’après Bolley, le zinc refroidi brusquement à partir de sa fusion est beaucoup moins attaquable {Ann. der Chemie und Pharm., XCV, 294).

B. Concentration et température. — La concentration de l’acide a une inffuence très grande sur le phénomène ; il en est de même de la température. C’est ce qui résulte des expériences faites par divers chimistes. Cr. Galvert et R. Johnson ont trouvé que pour 2 grammes de zinc pur attaqué pendant deux heures par l’acide sulfurique, le poids de métal dissous est représenté par le tableau suivant :

Composition de l’acide.

Température.

Poids

Gaz

dégages.

... à froid

Id.

SQS

Id.

SQS

. . à frnîd

Id.

SQS

Id.

SOVdHO ...

... à froid

Id.

HS, un peu de SO^

... à froid

Id.

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