‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 7e cahierChapitre 11 sur 93 · CARACTÈRES ANALYTIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ANALYTIQUES

Dans la dissolution des niobates alcalins, l’acide sulfurique étendu donne un précipité blanc, volumineux et légèrement opalin d’acide niobique.

L’acide chlorhydrique donne, dans les mêmes dissolutions, un précipité blanc, gélatineux, insoluble dans un excès d’acide, même à l’ébullition, mais qui disparaît lorsque après avoir séparé par le filtre la liqueur acide, ou reprend par

NIOBIUM.

l’eau; ce précipité est également soluble daus un excès de potasse, ce qui le distingue de l’acide tantalique.

L’acide azotique et l’acide acétique donnent un précipité insoluble dans un excès d’acide, à l’ébullition.

L’acide pliospliorique donne un précipité avec les dissolutions concentrées : le précipité ne se forme pas si les dissolutions sont étendues. L’acide arsénique ne produit pas de précipité, même à l’ébullition.

L’acide cyanhydrique étendu produit immédiatement un précipité épais. Les acides oxalique, tartrique et citrique ne précipitent pas l’acide niobique de ses dissolutions alcalines.

L’infusion de noix de galle donne, dans ces mêmes dissolutions, rendues acides par l’addition d’acide sulfurique ou d’acide chlorhydrique, un précipité rouge orangé foncé, volumineux. Le précipité ne se produit pas en présence des acides tartrique et citrique.

Les niobates métalliques desséchés se dissolvent dans l’acide sulfurique bouillant, et lorsqu’on reprend par un grand excès d’eau et que l’on fait bouillir, l’acide niobique se précipite. Quand ils ont été fortement calcinés, les niobates sont attaqués lentement, mais complètement, soit par le bisulfate d’ammoniaque, soit par le bisulfate de potasse.

La plupart de ces réactions sont communes à l’acide niobique et à l’acide tantalique. Pour distinguer ces deux acides, on les dissout dans l’acide fluorhydrique, et, en présence du fluorure de potassium, on cherche à obtenir, par évaporation de la dissolution, un fluosel. Dans le cas où l’on a affaire à de l’acide niobique, on obtient un sel en petits cristaux lamellaires, bien facile à distinguer du fluosel tantalique. Les caractères distinctifs de ces deux fluosels ont été ou seront donnés en détail, en faisant l’histoire de chacun d’eux; nous insisterons, en étudiant l’analyse des minéraux niobifères et tantalifères sur l’emploi qu’en a faitM. Marignac pour séparer le niobium et le tantale.

L’acide niobique jaunit lorsqu’on le porte au rouge et reprend sa couleur blanche parle refroidissement.

L’acide niobique dissous dans une liqueur acide et les niobates alcalins, en présence de l’acide chlorhydrique et du zinc, donnent une liqueur d’un beau bleu, et un précipité bleu si la dissolution est concentrée. Par un contact prolongé du zinc, la liqueur devient brune. C’est en ajoutant à la dissolution d’un niobate de soude de l’acide chlorhydrique, puis de l’acide sulfurique étendu et du zinc, que l’on obtient la plus belle couleur bleue. Cette coloration ne se produit pas avec les composés du tantale ; mais, comme il est des circonstances où avec les composés du niobium on ne réussit pas à obtenir cette coloration, c’est là un caractère bien incertain.

SULFURE DE NIOBIUM.

On ne peut obtenir par voie humide de combinaison du soufre avec le niobium; ni l’hydrogène sulfuré, ni les sulfures alcalins ne précipitent le niobium de ses dissolutions. On n’a guère mieux réussi par voie sèche.

KNCVCI.OP. CHIM. 3

3t KSCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

II. Rose a tenté de préparer un sulfure de niobium en faisant passer un courant de vapeurs de sulfure de carbone sur l’acide niobique cluiulfé au rouge. 11 a obtenu ainsi une poudre noire, prenant l’éclat métallique sous le brunissoir, et (|ui se transforme, par calcination à l’air, en acide niobique.

On obtient un produit analogue quand on fait agir l’hydrogène sulfuré sur l’oxychlorure de niobium, ou sur le niobate de soude chauffé au rouge.

La teneur en soufre a varié, d’après H. Rose, de 29,9 à 33,85 pour 100, ou, eu d’autres termes, 100 parties d’acide ont donné de 109 à 113 parties du produit sulfuré. La formule Nb*S'' exigerait 36,2 pour 100 de soufre ; 100 parties d’acide se transformeraient en 129,8 parties de sulfure. Il est possible que l’on ail obtenu dans ces réactions un oxysulfure Nb^O^S^ qui contiendrait 30,38 ()Our lOOde soufre, ou correspondrait â la transformation de 100 parties d’acide en 117,9 d’oxysulfure (Delafontaine, Archiv. de Genève, XXVII, p. 173).

M. Rammelsberg {Journ. fur prakt. Chemie, CVIII, p. 95) a proposé la ormule Nb^O^SS qui exigerait que 100 parties d’acide niobique donnassent 105,9 parties d’oxysulfure.

Cependant la formule Nb^OSVse rapproche beaucoup plus des nombres obtenus par H. Rose. Elle indiquerait que 100 parties d’acide donnent 111,9 d’oxysulfure. La moyenne des nombres observés par Rose est très voisine de celui-ci.

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