HISTORIQUE
L’oxychlorure de niobium a été étudié par II. Rose et décrit sous le nom de chlorure hyponiobique. D’après les idées de M. Marignac sur la constitution
38 ENCYCI-OPÉDIE CHIMIQUE.
des composés niobifères, le chlorure hyponiobique de II. Rose devait être un oxychlorure : c’est ce que H. Sainte-Glaire Deville et M. Troost ont vérifié par la synthèse.
M. Blomstrand, conservant pour représenter l’acide niobique la formule adoptée par Rose, NbO® ou Nb^O*, a reconnu le premier la présence de l’oxygène dans le chlorure hyponiobique de H. Rose. Il attribuait à ce composé la formule probable iSb*Cf^O®. Le mémoire de M. Blomstrand a été publié dans les Annaleii der Chemie und Pharmacie, CXXXV, p. 168 (août ISGü), au moment même où, dans les Nouvelles Archives de Genève, M. Marignac publiait ses Recherches sur les combinaisons du niobiutn. Par des méthodes d’investigation entièrement différentes, ces deux savants étaient donc arrivés aux mêmes conclusions.
PRÉPARATION
On obtient l’oxychlorure de niobium en même temps que le chlorure quand on fait passer un courant de chlore sec sur un mélange d’acide niobique et de charbon chauffé au rouge. On obtient une plus forte proportion d’oxychlorure lorsque, dans le mélange, l’acide niobique est en plus forte proportion que dans celui que II. Rose a employé pour préparer le chlorure. L’oxychlorure prend surtout naissance au début de la réaction.
On peut séparer le chlorure de l’oxychlorure en s’appuyant sur la plus grande volatilité du chlorure.
H. Sainte-Claire Deville et M. Troost ont démontré par voie synthétique la présence de l’oxygène dans l’oxychlorure de niobium.
De l’acide niobique pesé dans une nacelle de platine a été placé dans un tube de verre entouré de clinquant et traversé par un courant d’acide carbonique sec. Du chlorure de niobium bien pur a été volatilisé et les vapeurs dirigées sur l’acide niobique chauffé au rouge. Celui-ci a presque entièrement disparu et a transformé le chlorure fusible Nb’Cr’ en une matière blanche, soyeuse, non fusible et volatile à 400 degrés environ, présentant enfin tous les caractères distinctifs de l’oxychlorure de niobium.
La transformation s’est effectuée d’après la réaction suivante :
2Nb«0“ + SNb^CF = GNb^OMlF.
La même expérience tentée en substituant l’acide tantalique à l’acide niobique, et le chlorure de tantale au chlorure niobique, n’a donné aucun résultat analogue. Le chlorure de tantale a conservé toutes ses propriétés.
On conçoit donc que H. Rose, en décomposant par l’eau l’oxychlorure de niobium (ce qu’il appelait un chlorure hyponiobique), oA obtenu un acide pur; tandis que la même réaction effectuée avec le chlorure jaune, mélange de chlorure de niobium et de chlorure de tantale, ne pouvait lui donner qu’un acide impur,mélauge des acides niobique et tantalique.
NIOBIUM.
PROPRIÉTÉS
L’oxychlorure de niobium est une matière blanche, soyeuse, non fusible e volatile vers 400 degrés environ.
La densité de vapeur prise à 440 degrés (vapeur de soufre) est 7,87 ; 7,8'J à IICO degrés (vapeur de cadmium) (Deville et Troost, Comptes rendus, IX, p. 1221). La densité théorique pour la formule Nb-O-CL (Nb-=94) est 7,47.
La vapeur d’oxychlorure de niohium est incolore.
Lorsqu’on porte cette vapeur à une température élevée dans un courant <l’acide carbonique, elle se décompose en chlorure de niobium et acide niohique. La même réaction se produit dans un courant d’hydrogène en môme temps qu’il se forme des produits de réduction de l’acide niobique (Blomstrand).
Comme le chlorure, l’oxychlorure est décomposé par l’eau :
.WO^CF + 3110 = Nb^O^ + 3 HCI.
A l’air humide il répand des fumées d’acide chlorhydrique.
L’acide chlorhydrique ne dissout pas l’oxychlorure. L’acide sulfurique le dissout lentement en donnant une liqueur trouble ; mais lorsqu’on chauffe, la liqueur s’éclaircit. Lorsqu’on étend d’eau et qu’on fait bouillir, l’acide niobique se précipite.
L’oxychlorure de niobium est soluble dans l’alcool.
COMPOSITION
La décomposition par l’eau de l’oxychlorure de niobium donne de' l’acide niobique et de l’acide chlorhydrique. On déduit le poids du chlore qu’il contient du poids du chlorure d’argent précipité, et le niobium du poids d’acide niobique, en opérant exactement comme nous l’avons indiqué ci-dessus pour l’analyse du chlorure de niobium.
tM 43,4.7
"lïtij 100,00