ACIDE MÉTATITANIQUE OU VARIÉTÉ INSOLUBLE DANS LES ACIDES
Cette variété s’obtient quand on précipite, à l’ébullition, l’acide titanique des dissolutions acides qui le contiennent. On peut employer, pour obtenir celte modification, les dissolutions dans les acides du composé soluble, ou les solutions du titanate acide de potasse dans les acides, ou encore la dissolution du bichlorure de titane dans l’eau. Quand on fait bouillir pendant longtemps les dissolutions de l’acide titanique dans l’acide chlorhydrique, la précipitation de l’acide titanique se produit, mais elle est incomplète. L’acide précipité est difficile à laver et passe à travers les filtres en l’absence dé substances étrangères (acides, sels divers, principalement le chlorhydrate d’ammoniaque). Une dissolution étendue d’acide titanique dans l’acide sulfurique est plus facile à précipiter par l’ébullition, et le produit formé est d’un lavage plus facile. Cependant il est assez difficile d’enlever par simple lavage la totalité de l’acide sulfurique. L’emploi d’ammoniaque pour enlever les dernières traces d’acide sulfurique ne donne pas un produit plus pur, de l’ammoniaque se trouvant retenue dans ce cas. Demoly a obtenu cet acide sous forme de lamelles brillantes en ajoutant du carbonate de baryte au bichlorure de titane anhydre, puis de l’eau, de façon à élever brusquement la température. L’attaque du titane métallique par l’acide azotique a donné également à Weber la modification insoluble.
L’acide métatitanique constitue une poudre blanche, qui devient jaune chaque fois qu’on le chauffe. Quand on le calcine, il ne donne lieu à aucun phénomène d’incandescence. Il est insoluble dans l’eau, presque insoluble dans les acides. L’acide sulfurique concentré et chaud peut seul le dissoudre.’
Knop (Ann. Pharm., t. CXXIII, p. 351) en traitant, pour séparer, par le procédé de H. Rose, le fer du titane, la dissolution chlorhydrique de ces deux corps par l’aeide acétique et l’ammoniaque, obtint une poudre d’un beau blanc, dont la quantité augmenta en chauffant la masse. Pendant le lavage, cette matière gonfla beaucoup; mise en présence d’eau pure, elle se transforma en une gelée incolore translucide. Par l’ébullition, cette gelée se transforma dans la variété insoluble. A-t-on affaire, dans ce cas, à une modification distincte des deux précédentes?
On n’est pas d’accord sur la composition exacte des deux hydrates précédents. Ainsi Merz a trouvé que l’acide titanique obtenu par la précipitation par l’ammoniaque perd l’eau qu’il renferme de la façon suivante :
1° Séché à l’air pendant vingt-quatre heures, l’acide a pour formule :
TiO*,3HO.
Séché à l’air pendant plusieurs semaines, il a la composition :
TiO»,2HO.
TITANE
Au-dessus de l’acide sulfurique il perd encore de l’eau et a, à un moment donné, la composition :
TiO*,HO,
puis il se désydrate encore et a pour formule :
4Ti0*,3H0.
Ce qui arrive également quand on le chauffe à 60 degrés.
Enfin, chauffé à 100 degrés, il prend la composition :
2Ti0 s ,H0.
L’acide titanique, obtenu par l’ébullition de sa dissolution dans l’acide sulfurique, séché longtemps à l’air ou après un séjour de vingt-quatre heures audessus de l’acide sulfurique, a pour composition :
TiO*,HO.
Chauffé, il a pour formule :
A 60». 2TiO J ,HO,
100“. 3TiO*,HO,
120“. ITiOMlO,
160“. 5Ti0*,H0.
Ces résultats ne sont pas tout à fait concordants avec ceux qu’a obtenus Tutschew, qui, lui, a trouvé que le corps précipité par l’ammoniaque et séché à 120 degrés, a pour formule :
TiO’,3 HO,
auquel Demoly avait assigné la formule :
3TiO s ,5HO,
mais qui prétend que ce n’est qu’en chauffant cet hydrate à 150 degrés qu’il prend la composition :
TiO s ,HO.
Quant à l’hydrate précipité par l’ébullition de la dissolution de l’acide titanique dans l’acide sulfurique, il prendrait à 120 degrés la composition:
3 Ti0®,4 HO,
à la température de 140 degrés, la composition:
3TiO s ,2HO.
Tout ce que l’on peut dire au sujet de ces hydrates, c’est qu’ils sont peu stables, si toutefois on peut les considérer comme des corps définis, et que leur étude devrait être reprise avec soin.
ACIDE TITANIQUE COLLOÏDAL.
Graham (Comptes rendus , t. LIX, p. 174; Bull. Soc. Chirn., t. II, p. 185) a obtenu l’acide titanique colloïdal, en dissolvant à froid par de l’acide chlorhydrique de l’acide titanique récemment précipité, et maintenant pendant quelques jours la liqueur sur le dialyseur. Pour que le liquide dialysé ne se gélatinise pas, il doit contenir environ 1 pour 100 d’acide titanique seulement. Graham a obtenu pour l’acide titanique des combinaisons avec l’alcool, la glycérine, etc., analogues à celles qu’il a observées avec l’acide silicique.