SULFATE DOUBLE DE SESQUIOXYDE DE CHROME ET D’AMMOHIAQUE
(Cr*0'', .’ÎSO’, .LzIPO, SO’, a/iHO)
On prépare cet alun en mélangeant des solutions concentrées et froides de sulate de sesquioxyde de chrome violet et de sulfate d’ammoniaque. On obtient ainsi une poudi’e d’un bleu de lavande qui, redissoute dans l’eau, peut fournir par évaporation lente de beaux cristaux octaédriques d’une densité de i ,706.
Ce sulfate double est moins soluble que celui de potasse. Sa solution aqueuse n’est pas précipitée par l’alcool. Le sel vert ne se forme dans la solution que si cette dernière a été portée à 75 degrés, et la liqueur refroidie reproduit, une dizaine de jours plus tard, la modification violette.
Les cristaux violets fondent à 100 degrés, perdent 18 équivalents d’eau et laissent un liquide sirupeux, vertclair, qui se solidifie par le refroidissement. A la température de 5oo degrés, l’eau est complètement chassée et lé sel reste anhydre.
Ces aluns de chrome, traités par las alcalis, fournissent des précipités de sulfates doubles qui n’ont pas été étudiés.
COMHINAISONS DU SLLKATK DE SESQUIOXYDE DE CHKÜMË AVEC LES SESQUISÜLKAÏES MÉTALLIQUES
Kiiirat<> flu HC>«it|iiioxycle ilo clii-oiiiu et «l’aliiiitliie (Cr-Ü'\ .)SU^ ADO-M, ôSO''. — Ce sol so préi)are en dissolvant, en proportions équivalentes, les d<iu.\ sulfates dans la moindre (piantité d’eau possilde et en ajoutant un grand excès d’acide sulfurique concentré. Ce mélange cliauffé perd .son eau, et l’on obtient ainsi une solution homogène de sesquisulfates dans l'acide sulfurique monoliydraté. Vers f!oo degrés cette solution se trouble, et il se précipite une matière cristallisée^ renfermant les deux sulfates en proportions é(|uivalente.s. Avant le refroidissement complet de la masse, on filtre à la trompe sur du coton de verre, on lave à l’acide sulfurique concentré pur, puis à l’acide acétique cristallisable pour enlever l'acide sulfurique; enfin, on finit de laver à l’éther exempt d’alcool et l’on sèche à la temjiérature ordinaire. Le sel ainsi obtenu est un sable cristallin vert, insoluble dans l’eau [A. Etard. Ccmplcs rendus, t. LXXXVI, p. oigp].
Kiiiratcdc NOHf|iiloxytlo lie cliromoot <Ic fer (Cr-Ü^ ôSO-', Ee^U'',.'5!^D’’). —■ Ce sel se prépare exactement comme le précédent. C’est une matière insoluble, cristalli.sée, verdâtre.
Sulfate «le M«‘iii<|iiloxy<l(* cit* clirnme et «le ■imnjfnnèHc (Cr-0''V~>1^0’, .Mn-0^ .’îSO''). — Bien que le sulfate de sesquioxyde de manganèse soit difficile à obtenir, on peut préparer facilement le sel double en mettant dans une capsule un mélange, à équivalents convenables, de chlorures de chrome et de manganèse on présence d’un grand excès d’acide sulfuriiiue. En chaulTant, on obtient une .solution homogène de sulfates chromique et manganeux. On peroxyde ce dernier en versant par petites portions dans la capsule, un mélange à parties égales d’acide sulfurique et d’acide azotique maintenu à lao degrés. Le contenu de la capsuhi doit être porté ensuite à une température voisine de 5oo degrés.
On voit bientôt se précipiter un sable cristallisé, brillant, d’un brun chocolat, présentant la composition indiquée. Ce sel se décompose en présence de l’eau.
Le sulfate de protoxyde de mangaiu;se, qui se peroxyde si aisément en présence du se.squisulfate de chrome et d'autres sesquisulfates, n’e.st aucunement modifié à l’étot isolé, dans les conditions indiquées plus haut [A. Etard. Loco cilalo\.
L’analogie des sels doubles précédents avec le sulfate chromique de la modification rouge, a conduit .M. Etard à penser que ce dernier .sel devait être représenté pur une formule analogue soit (CrMJ^'^SO■‘, Cr-O^’îSO^) ou |Cr*0“(S0“)“j’ qui en ferait un polymère du sulfate chromitpie violet .soluble dans l’eau.
Les conditions de production du sulfate rouge de chrome sont les mêmes (lue celles où prennent naissance les sels de M. Etard. A insien dissolvant du sulfate chromique violet, dans l’acide sulfurique et portant le tout à la température de aoo degi’és, il se précipite du sulfate chromique rouge insoluble.
L’auteur admet que la formation de ces composés dépend de la fonction biba-
MOISSAN. - LE (JimOME ET SES COMPOSÉS. Sfi9
sique de l’acide sulfurique. Chaque molécule d’acide bibasique servant, selon lui de trait d’union entre les deux métaux. Les mémoires originaux [üomp. rend, et Bull, de la Soc. chim.] renferment pour cette intei-prétation la formule atomique ;
\ so* /
que l’on peut rendre en équivalents à condition d’écrire l’acide sulfurique 820*11 = = 8*0®, tiHO, c’est-à-dire en le représentant avec la fonction bibasique qu’il possède. Le môme schéma devient :
Or* ] S80* [ AI*
CoinbinalaoiM du ■iilfatc de «eüiiulo.scyile de clirome et du hiiIfatc de|>otaMe (Cr^O®, 380*, KO, 580*).
Cette substance se prépare en projettant du sesquichlorure de chrome violet dans une capsule de platine contenant du bisulfate de potasse en fusion ; il se dégage de l’acide chlorhydrique et le nouveau sel reste dissous dans la masse. On laisse refroidir lentement, on concasse le produit solttle, et l’on traite par l’eau froide (|Ui abandonne à l’état de pureté le nouveau sel insoluble.
Ce sel, que M. F.tard appelle kalisulfate de chrome, est d’un vert pâle ; préparé en petites quantités, il est formé d’aiguilles cotonneuses ; quand on fait la préparation sur quelques centaines de grammes, il se présente en longues aiguilles brillantes.
Le kalisulfate de chrome est le sel chromique du bisulfate de potasse SO*KO, SO^HO = 820*KH considéré comme acide ; on peut dès lors le rattacher aux sels précédents par la formule
On -sait qu’un certain nombre de sulfates de sesquioxyde, notamment ceux appartenant à la série des métaux rares (Lanthane, Didyme, Yttrium, etc.), forment dos sulfates doubles de ce type.
SULFITE DE SESQUIOXYDE DE CHROME
L’acide sulfureux en disolution aqueuse dissout facilement l’hydrate de sescpiioxyde de chrome. 8i l’on porte le tout à l’ébullition, l’excès d’acide sulfureux s(! dégage et il se précipite une poudre verte de sulfite de chrome.
Berthier recommande l’emploi de l’acide sulfureux pour séparer le sesquioxyde
370 K.NCYCl.ül'lODlK CHlMiyL'K.
de chrome du protoxyde de fer ; ce dernier corps, d'uprés ses reclierclies, n’élaiit pas dissous par cet acide.
On pourrait aussi, d’après Berlin, obtenir un sulfite de chromo en précipitant une solution de sesquichlorure de chrome par un sulfite alcalin,