ALLIAGES DE CHROME ET DE FER
« La découverte des alliages de chrome et de fer est due à Berthier qui, dès i8ao, publiait dans les Annales un important mémoire sur ce sujet [Ann. de ch. et de ph. (2), t. XVII].
Voici les résultats auxquels Berthier était arrivé : « En chauffant très fortement dans un creuset brasqué un mélange en proportion quelconque d’oxyde de chrome et d’oxyde de fer, ces oxydes sont complètement réduits et l'on obtient des combinaisons parfaitement homogènes des deux métaux. Ces alliages sont, en général, durs, cassants, cristallins, d’un gris plus blanc que le fer, et très éclatants ; moins fusibles, beaucoup moins magnétiques et bien moins attaquables par les acides que ce métal ; ces propriétés sont d’autant plus prononcées que l’alliage renferme plus de chrome. Un alliage résultant de la réduction de 5 grammes de sesquioxyde de fer et de 5 grammes de sesquioxyde do chrome a donné un culot bien arrondi.
(1) Ca chapitra est entièrement extrait de l'important mémoire de M. Boussingault sur les aciers chromés. Cette question a été si brillamment exposée par ce savant que le mieux, pensons-nous, était de le citer textuollemont [Sur la production, la constitution et les propriétés des aciers chromés, par M. Boussingault. Ann. deçà, et deph. (5), t. XV, p.91].
rempli de grosses bulles tapissées de cristaux prismatiques allongés et entrecroisés. La cassure présentait une texture cristalline. Sa couleur était plus blanche, et sa dureté telle qu’il rayait le verre aussi profondément qu’aurait pu le faire le diamant. Il s’est trouvé si fragile qu’on a pu le réduire en poudre dans un mortier d’agate : sa poussière a conservé l’éclat métallique. Les acides très forts et même l’eau régale bouillante ne l’ont attaqué que très peu. Il a fallu, pour l’analyser, le chauffer au creuset d’argent avec du nitre... Si l’alliage de fer et de chrome peut être de quelque utilité dans les arts, on l’obtiendra avec beaucoup d’économie en substituant le fer chromé à l’oxyde de chrome pur. »
Les essais tentés par Berthier pour obtenir cet alliage, par cette voie, offrirent de sérieuses difficultés, dues à ce qu’il entre dans la constitution des minerais de l’alumine, de la magnésie, de la silice et autres matières terreuses appartenant à la gangue, ainsi qu’on peut s’en convaincre en consultant les analyses de M. Clouet réunies dans ce tableau.