ANALYSE DES MÉLANGES
D’après le tableau qui précède, on voit qu'il est généralement très facile de reconnaître la nature d’un gaz isolé : Pour beaucoup de ces gaz, l'expérience est terminée en un instant; un seul caractère, l’odeur par exemple ou la combustibilité, met l’opérateur sur la voie, et le conduit du premier coup à essayer les réactions caractéristiques du gaz qu'il soupçonne.
La recherche, même qualitative d’un mélange de plusieurs gaz, présente souvent, au contraire, des difficultés beaucoup plus grandes et quelquefois insurmontables. Il est à peu près impossible de dresser un tableau indiquant la marche à suivre dans l’analyse qualitative ou quantitative d’un mélange gazeux quelconque : Les expériences nécessaires n’ont pas été faites. Aussi bien, un pareil tableau ne présenterait qu’un intérêt restreint. En effet, les mélanges gazeux qu’on peut avoir à analyser, ne sont pas des mélanges quelconques : j'entends par là, que d'après la nature de ces mélanges, le lieu où ils ont été recueillis, les circonstances chimiques où ils se sont produits, on a toujours des indications assez précises sur leur composition probable, et l’on sait d’avance quels sont les gaz qu’il est utile d’y chercher. Certains essais préliminaires permettent d’ailleurs de voir immédiatement si telle ou telle catégorie de gaz existe ou n’existe pas dans le mélange : Dans la majeure partie des cas, le problème, en apparence le plus compliqué, se simplifie rapidement. Sans donc avoir la prétention d’établir ici une marche dichotomique générale, nous allons indiquer les diverses opérations auxquelles on a recours pour trouver la nature d’un mélange gazeux et en même temps sa composition quantitative; ainsi que nous l’avons déjà dit, la recherche qualitative d’un mélange gazeux, exigeant le plus souvent des expériences de mesure, il n’y a pas lieu de séparer les procédés de recherche des procédés de dosage, ainsi qu’on le fait pour les autres méthodes d'analyse.
1. Gaz incompatibles. — Certains gaz ne peuvent coexister dans un même mélange, parce qu’ils réagissent chimiquement les uns sur les autres. La présence d’un gaz donné étant constatée dans un mélange, il devient inutile de rechercher dans ce mélange les divers autres gaz qui réagissent sur le premier. Le tableau suivant, dans lequel on a mis en regard de chaque gaz les noms de ceux avec lesquels il est incompatible, est donc utile à consulter pour simplifier les analyses.
Dans ce tableau, le signe — placé au-dessous du symbole d'un gaz signifie que le gaz de la première colonne est incompatible avec le gaz souligné lorsque
celui-ci est humide. Le double, signe = indique l'incompatibilité sous l’influence de la lumière.