DOLOMIE
La dolomie est un carbonate double de magnésie et de chaux, très répandu dans certaines contrées, et employé aujourd’hui en grande quantité à la confection de matériaux réfractaires pour les fours industriels de toutes sortes. Les dolomies renferment fréquemment des carbonates de fer ou de manganèse, de l’argile, et quelquefois des matières bitumineuses.
Acide earljoiiî«iiie et eau. — On les dose ensemble en calcinant au rouge 5 grammes de dolomie réduite en poudre. La perte de poids représenterait exactement l’eau et l’acide carbonique si la substance ne renfermait ni bitume, ni carbonates de fer et de manganèse; mais les protoxydes de ces métaux étant peroxydés par la calcination à l’air, on n’oh'ient qu’un résultat approximatif.
Oxydes. — On tiaite 5 grammes de dolomie porphyrisée par de l’acide chlorhydrique étendu, qui dissout la chaux, la magnésie, les oxydes de fer de manganèse et d’aluminium. On filtre pour séparer la gangue insoluble, et on reçoit la liqueur dans un matras à fond plat où on la neutralise progressivement par du carbonate d’ammoniaque, jusqu’à ce que la dernière goutte de liquide ajoutée donne un léger dépôt. On fait bouillir pour précipiter les oxydes de fer, de manganèse et l’alumine. On lave le précipité, on le calcine et on le pèse.
Pour déterminer l’alumine, on place le résidu de la calcination dans une nacelle, et on l’attaque par le procédé de Deville, c’est-à dire successivement par l’hydrogène et l’acide chlorhydrique qui éliminent le fer et le manganèse à l’état de chlorures, puis on pèse l’alumine blanche obtenue. On cherche rarement à séparer le fer et le manganèse.
Quant à la chaux et à la magnésie, on les dose successivement dans la liqueur de laquelle on a séparé les oxydes précédents, en la traitant successivement par l’oxalatc d’ammoniaque et le phosphate de soude; mais pour effectuer le second dosage, il faut avoir soin d’éliminer préalablement les sels ammoniacaux.
Pour le faire on évapore à sec au bain de sable la liqueur magnésienne, et le résidu est calciné au rouge sombre, ce qui élimine totalement les sels ammoniacaux; on reprend par l’acide chlorhydrique étendu qui dissout tout, si, comme nous l’avons supposé, on s’est préalablement débarrassé du fer et de l’alumine. Si, l’analyse ayant seulement pour but d’évaluer la teneur en chaux et en ma-
gnésie, celte séparation n’avait pas été préalablement elfectuée, on pourrait avoir, en reprenant par l’acide chlorhydrique, un résidu difficile à dissoudre; dans ce cas on le sépare en filtrant, on ajoute à la liqueur un peu d’acide citrique pour maintenir dissous le fer et l’alumine, et enfin, à l’aide de phosphate de soude, on précipite la magnésie seulement.