LAITIERS
Les laitiers sont des silicates terreux qui sortent des hauts fourneaux dans lesquels on traite les minerais de fer; ils contiennent, outre de l’oxyde de for, toutes les matières fixes que renferment soit les minerais traités, soit les cas- .tines introduites en même temps.
Les laitiers contiennent toujours des grenailles de fonte irrégulièrement disséminées et quelquefois en proportion assez grande pour qu’il soit possible de les séparer. Ils renferment aussi quelquefois des fragments de combustible, de gangue ou de castine demeurés non dissous. Mais en dehors de ces éléments accidentels, ils sont constitués surtout par des silicates à base d’alumine, de chaux, de magnésie, de protoxydes de fer ou de manganèse, des alcalis, du titane, du chrome, enfin du phosphore, de l’arsenic et du soufre. La proportion de silice varie entre 30 et 60 p. tOO.
L’analyse d’un laitier comporte deux ordres de recherches :
t“ Détermination des métalloïdes ;
2* pétermination de la composition des silicates.
I. Métalloïdes. — Soufre. — On traite par l’acide chlorhydrique S grammes de laitier, jmlvérisé ou porphyrisé, suivant qu’il est plus ou moins facilement attaquable, et l’on recueille les gaz qui se dégagent dans une dissolution ammoniacale de chlorure de cuivre. Ils sont formés surtout par de l’hydrogène sulfuré avec un peu d’hydrogène arsénié et d’hydrogène phosphoré, et ils donnent lieu à la formation d’un précipité complexe qu’on redissout et dans lequel on dose le soufre.
On n’obtient un résultat exact qu’à la condition de faire passer dans la liqueur cuivrique tout l’hydrogène sulfuré, ce à quoi l’on n’arrive qu’en maintenant longtemps à l'ébullition la liqueur chlorhydrique dans laquelle la majeure partie de l’hydrogène sulfuré reste dissoute à froid.
PliospUore. — Arsenic. — La recherche de ces corps doit être faite sur 5 à 6 grammes de laitier bien porphyrisé. On cherche d'abord à transformer les phosphores et arséniures en phosphates et arséniates, et pour cela on place la matière dans une capsule de porcelaine et on la grille au rouge sombre dans un moufle pendant 2 heures environ. On l’attaque alors par l’acide azotique, on évapore à sec, puis on reprend par le même acide qui dissout l’acide phosphorique, l'acide arsénique et la majeure partie des oxydes. On ajoute à la liqueur obtenue un très faible excès d’acide sulfurique, et on chauffe de manière à volatiliser entièrement l’acide nitrique, et en même temps la plus grande partie de l'eau disparaît. Cela fait on met dans la dissolution sulfurique concentrée et faiblement acide, du sulfate d’ammoniaque et un très grand excès d’alcool; on laisse digérer pendant 2i heures, on filtre, on étend d’eau, on chauffe au bain de sable de manière à éliminer l’alcool, puis on précipite le fer et le manganèse à l’état de sulfures. Ceux-ci étant séparés par filtration, on décompose l'excès de sulthydrate d’ammoniaque par l’acide chlorhydrique, et on sépare l’acide phosphorique à l’état de phosphate ammoniacoinagnésien, qu’on lave et qu’on pèse s’il est en quantité suffisante; cette détermination du phosphore est toujours inexacte.
Quant à l’arsenic, on le recherche avec l’appareil de Marsh dans le précipité de sulfure de cuivre obtenu plus haut.
II. Silicates. — On attaque 3 grammes de laitier par de l'acide chlorhydrique
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQEE
en chauffant ii 60 degrés an plus, de manière à diminuer autant que possible les pertes de chlorures qui se produisent toujours, particulièrement pour ceux de manganèse, de fer et d’alumine.
Quand l’attaque est terminée, on évapore à sec de manière à rendre la silice insoluble, on reprend par l’acide chlorhydrique étendu qu’on laisse en digestion avec le résidu pendant plusieurs heures; on décante sur un filtre qui relient la silice qu’on lave comme à l’ordinaire et dans laquelle on peut rechercher le titane. A cet effet, après avoir pesé le résidu sec, on le traite par l’acide sulfurique, et l’on ajoute ensuite [de l’ammoniaque à la liqueur très étendue; l’apparition d’un précipité indique la présence de titane. Cette recherche ne saurait d’ailleurs être que qualitative, une partie de l’acide titanique ayant certainement été perdue dans les opérations précédentes.
Il n’y a pas à se préoccuper du soufre, du phosphore et de l’arsenic qui, dans l’attaque par l’acide chlorhydrique, ont disparu à l’état de composés hydrogénés.
Le dosage du fer, du manganèse, de l’alumine, de la chaux et de la magnésie se fera par les méthodes précédemment indiquées.
Alcalis. — Les alcalis étant en petite quantité, il est nécessaire de faire pour eux une recherche spéciale portant sur un poids assez notable de matière. On attaque par l’acide nitrique 8 grammes de laitier porphyrisé; après avoir évaporé à sec on reprend par le môme acide, enfin on sature par l’ammoniaque; après avoir lavé le précipité on le redissout pour le précipiter de nouveau, et on se debarrasse ainsi des métaux proprement dits, tandis que les alcalis et la plus grande quantité de la chaux et de la magnésie restent dans la liqueur. Quant à l’acide phosphorique, l’acide arsénique, etc., ils sont retenus dans le précipité.
La liqueur ammoniacale est évaporée à sec et le résidu, calciné modérément pour se débarrasser de l'azotate d’ammoniaque, est ensuite traité par l’acidc oxalique; on calcine les oxalates et on reprend le produit de celte opération par de l’eau qui ne dissout que les carbonates alcalins. La dissolution est évaporée à sec, le résidu pesé, et l’on effectue enfin par les méthodes connues la séparation^de la potasse et de la soude qu’il contient.