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ANALYSE IMMÉDIATE DES DIVERSES VARIÉTÉS DE CARBONE

Diverses variétés rte carbone. — La considération des densités et des chaleurs spécifiques conduit, comme on sait, à ranger les nombreuses variétés de carbone en trois groupes :

1° Carbone diamant; D = 3,5 ;

a» Carbone graphite; D = 2,1;

3° Carbone amorphe; D = 1,4.

M. Berthelet, appliquant une expérience curieuse de Brodie, a Imaginé une méthode d’analyse qui permet de séparer ces trois variétés dans un mélange qui en renferme deux, ou qui les contient simultanément toutes les trois.

ENCYCLOPÉDIK CHIMIQUE

Principe de la méthode. — Elle consiste à oxyder le carbone à basse température, par un mélange de chlorate de potasse et d’acide nitrique fumant, et à observer les produits formés. On constate que dans ces conditions :

t" Le diamant n’est pas oxydé sensiblement, même par des trailements prolongés;

2» Les diverses variétés de graphite sont changées en oxydes graphitiques d’aspects très variables, mais qui sont tous caractérisés d’une part par leur insolubilité et de l’autre par leur propriété de se décomposer brusquement et avec déflagration, sous l’influence de la chaleur seule ;

3» Enfin les carbones amorphes sont transformés entièrement en substances d’un brun jaunâtre, qui, comme les acides graphitiques, ont des propriétés très différentes suivant la nature des carbones qui les fournissent, mais qui sont tous caractérisés par leur solubilité dans l’eau.

Pratitiue «le l’analyse. — Cela étant, voici de quelle manière on procède : on réduit la matière en poudre impalpable, et on la mélange, en opérant avec les précautions convenables, avec cinq fois son poids de chlorate de potasse préalablement pulvérisé, puis on ajoute peu à peu le mélange obtenu à de l’acide nitrique fumant, de manière à former une sorte de pâte. L’opération doit être menée avec beaucoup de prudence si l’on veut éviter les explosions, et on ne doit jamais opérer sur plus de S grammes de charbon.

Après avoir laissé la matière en digestion dans une fiole ouverte pendant quelques heures, on chauffe de SO à 60 degrés pendant trois ou quatre jours. Finalement on étend d’eau et on lave le résidu par décantation, puis on dessèche le résidu obtenu, et on répète sur lui, trois ou quatre fois, les opérations précédentes de manière à assurer l’oxydation complète du graphite, et la dissolution des produits d’oxydation des charbons amorphes. Le dernier lavage ayant été particulièrement prolongé, de manière à dissoudre les sels de potasse, on obtient une matière qui, desséchée, ne contient plus que le diamant et les oxydes graphitiques. On la chauffe fortement dans un tube bouché par un bout; les oxyde.s graphitiques se détruisent en laissant de l’acide pyrographitique qui, lui, est oxydable par le mélange précédemment employé, en sorte qu’il est possible de le dissoudre et d’isoler le diamant si le charbon étudié en contenait. 11 faut ici encore répéter le traitement plusieurs fois, en faisant alterner les calcinations et l’attaque par le mélange oxydant, pour être bien sftr qu’aucune parcelle de graphite n’a échappé à la dissolution. D’autre part il faut se garder de confondre avec du diamant certaines poudres dures et cristallines constituées par des silicates ou de la silice; l’action de f acide fluorliydrique ou une attaque au bisulfate de potasse (p. 288) permettent de détruire ce genre de résidu.

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