‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 183 sur 266 · A’SE MINÉRALE · texte numérisé non relu

A’SE MINÉRALE

EAUX

examiner. Pour Peau de puils' la désignation n’apprendra rien, les bactéries pouvant y varier de zéro au nombre qui caractérise Peau lapins impure.

Dilution des eaux. — Elle se fait en général en amenant le volume primitit à être tO, tOO, 1000 fois le volume primitif. Pour diluer au dixième on verse 1 centimètre cube de Peau à étudier dans 9 centimètres d’eau stérile. Pour diluer au centième, c’est 1 centimètre cube de la liqueur précédente qu’on verse dans 99 centimètres cubes d’eau stérile, et ainsi de suite, l’opération se faisant en général de proche en proche, en deux temps au moins, pour les dilutions considérables qui, si elles étaient faites en une seule fois, nécessiteraient l’emploi d’une trop grande quantité d’eau stérile. Avant de prélever au moyen de pipettes stériles la quantité du liquide destiné à être étendu d’eau, il convient de l’agiter pendant quelque temps de façon telle que l’échantillon ait bien la composition moyenne qu’il s’agit de déterminer.

Milieux de culture. — Nous avons déjà parlé de la gélatine, mais il existe bien d’autres milieux naturels ou artificiels propres au développement des microbes; tels sont par exemple les liquides animaux, urine, sang, lait, humeur aqueuse de l’œil, etc., soit qu’on les recueille avec des précautions convenables, soit qu’on les filtre à la bougie Chamberland; puis vient la longue liste des bouillons de différentes viandes, de peptone, de liqueurs minérales comme la solution de Pasteur, faite avec :

Eau distillée . 103 parties.

Ces différents milieux sont stérilisés à 110 degrés dans un autoclave, après que les bouillons ont été préalablement neutralisés par de la soude, des cendres, etc.

Essai préliminaire. — Si Peau est d’origine inconnue, il faut commencer par déterminer, au moyen d'un dosage rapide, sa richesse approximative en bactéries, de manière à savoir dans quel rapport la dilution devra être effectuée.

Pour faire cet essai, on verse dans du bouillon stérilisé placé dans des flacons convenables, tubes, flacons de Frendenreich, etc., une goutte de l’eau à examiner, et on fait par exemple douze de ces ensemencements. L’eau est ensuite diluée au centième, au millième, etc., et on répète l’ensemencement sur douze tubes avec une goutte de chacun des liquides obtenus. Les liqueurs sont alors placées pendant 2i heures à une température de 30 à 35 degrés. Au bout de ce laps de temps, on examine les liquides.

Supposons que les séries jusqu’à la dilution au millième se soient altérées, les suivantes n’ayant rien donné; il y a au moins une bactérie déposée dans le liquide, soit 25 par gramme si l’on a des pipettes donnant 25 gouttes dans 1 cenlimètre cube. Si l’on remarque qu’au bout de 24 heures le quart en moyenne

<les bactéries déposées se sont développées au point d’être visibles, cela fait 28 x 4 bactéries par gramme, et comme il s’agit d’une solution au millième, on a 25 X 4 X 1000 bactéries par gramme de l’eau à examiner.

Analyse définitive. — Des tubes stériles ayant été préparés avec de la gélatine, on liquéfie celle-ci en’ la chauffant au bain-marie à une température qui ne doit pas dépasser 30 degrés, puis on y verse, avec une pipette flambée, une goutte de l’eau amenée à la dilution voulue; on mélange bien le tout de manière à répartir également les bactéries, puis reprenant 1 dixième de centimètre cube du liquide obtenu, on le dépose sur une lamelle de verre flambée et quadrillée à 2 millimètres, de manière à faire occuper à la goutte une surface de 7 centimètres de long sur 1 de large. On prépare bien entendu un certain nombre de lamelles semblables, et on les introduit sous une cloche humide qui a été préalablement dépouillée, par un séjour de deux ou trois jours sur une plaqué humide, des germes qu’elle pouvait tenir en suspension.

Au bout de cinq à six jours, on compte les colonies à la loupe en s’aidant du quadrillage. Le nombre trouvé multiplié par un facteur facile à déterminer, et fonction de la dilution primitive, permet de calculer alors le nombre des colonies auquel aurait donné naissance 1 centimètre cube de l’eau primitive.

Inconvénients de la gélatine. — L’usage de la gélatine, qui est d’un emploi si répandu, a un inconvénient grave : elle ne permet pas en effet l’étude des microbes qui se développent seulement à des températures supérieures à 24 degrés et qui peuvent être, comme on le verra en assez grand nombre.

4“ lieclierclie qualitative. — Elle vient, en bactériologie, après l’analyse quantitative, quoiqu’elle soit la plus importante. Il importe peu, en effet, qu’une eau renferme seulement 18 a 20 microbes par centimètre cube, s’ils comptent parmi eux des représentants de ces espèces pathogènes si dangereuses qui engendrent la fièvre typhoïde, le tétanos, etc. ; il vaut mieux qu’elle en contienne davantage, mais qu’ils appartiennent aux espèces sans influence fâcheuse sur la vie des animaux.

L’étude de ces organismes inférieurs est encore peu avancée : cependant il est déjà possible de dire si l’eau contient des microbes, des bacilles, des bactériums ou des spirilles, et dans quelle proportion; on peut enfin déterminer parmi ces espèces celles qui sont pathogènes, zymogènes, chromogènes, rares ou vulgaires. Mais cela nécessite de la part de l’analyste une longue expérience suivie de la connaissance d’un grand nombre de ces espèces, et dans tous les cas une analyse ainsi effectuée demandera toujours beaucoup de temps, depuis des semaines jusqu’à plusieurs mois. ‘

Pour étudier les germes, il faut les fractionner : la méthode est ici la même qu’en chimie pui’e, et l’on utilise l’action de la chaleur et de réactifs appropriés.

Si on chauffe successivement une eau à 50, 65, 80, 100 degrés, les différentes espèces n’ayant pas la même résistance vis-à-vis la chaleur, 6n conçoit qii’on

ANALYSE MINÉRALE — EAUX

puisse, en ensemençant des plaques avec des prises d’essai faites a ces différentes températures, obtenir des cultures d’où certaines espèces sont complètement éliminées, en même temps qu’on développe certaines autres espèces qu’il eût été difficile de trouver par une culture faite sur gélatine à 24 degrés.

De la même manière, en ajoutant des quantités plus ou moins considérables d’un réactif déterminé dans un volume connu de gélatine ou de bouillon, on arrive à favoriser le développernent exclusif d’un petit groupe d’espèces.

Pour découvrir les propriétés zymogènes d’un certain nombre d’entre elles on utilise le sucre, l’alcool, la glycérine, l’urée, etc.

Les produits de sécrétion seront caractérisés au point de vue chimique par des réactifs convenables, au premier rang desquels se trouvent les réactifs colorés, tournesol, etc. ; ainsi les sels de plomb noircissent en présence dès organismes de la fermentation sulfhydrique.

Enfin les microbes ou les produits de leur sécrétion inoculés permettent d’étudier les êtres pathogènes.

ClassiCicatioM »les espèces. — Les microbes des eaux peuvent se classer en aérobies et anaérobies; parmi ces derniers les uns peuvent néanmoin-i vivre au contact de l’air, les autres ne peuvent se développer qu’en l’absence de l’oxygène : ce sont les anaérobies parfaits. Leur étude ne peut se faire qu’en recouvrant les bouillons de culture ou la gélatine d’une couche de substance fondue interceptant l’accès de l’air d’une manière absolue. Le mélange suivant répond bien à la question :

Vaseline . 98

Paraffine . 2

Les cultures se font comme avec les autres espèces; seulement pour introduire les germes dans le milieu nutritif, il faut chaulTer la matière à une température voisine de 4S degrés, suffisante pour fondre la couche protectrice. Pour retirer les colonies on découpe au moyen d’un tube, se comportant comme un emporte-pièce, un cylindre de substance qu’on chasse ensuite en soufflant par l’autre extrémité.

Il y a encore à signaler cette différence que les cultures d’anaérobies exigent cent fois plus d’eau que celles des espèces aérobies. Les anaérobies parfaits sont d’ailleurs peu nombreux.

Microbes zymogènes. — On appelle ainsi les ferments figurés dont le nombre va en augmentant à mesure qu’on les étudie avec plus de soin ; tels sont les ferments lactique, butyrique, acétique, les microbes producteurs d’alcool, ceux qui transforment le soufre, le phosphore en composés hydrogénés, les ferments nitriques, etc. Leur recherche est surtout .œuvre de chimiste, car l’emploi de matières convenables, celui de réactifs à dose variable permettent le développement de certaines espèces, en en faisant périr certaines autres. Les acides empêchent certains ferments de se développer, tandis que d’autres vivent en milieu acide, etc.

On peut, en se basant sur ces faits, séparer des espèces dont il est ensuite possible d’étudier le développement et les propriétés.

Espèces pathogènes. — Leur recherche est le but principal de l’analyse bactériologique des eaux; on est parvenu à en isoler un certain nombre dont l’action sur l’organisme n’est pas douteuse, quoique quelques discussions sur leur mode d’action se poursuivent; de ce nombre sont le bacille du tétanos, ceux du charbon, de la fièvre typhoïde ou d’Eberth, et enfin le fameux spirille de Koch.

Nous n’entrerons pas dans l’étude de ces différentes espèces, et no is donnons en terminant un modèle d’analyse microgrjphique d’eau qui permet d’embrasser d’un coup d’œil les éléments du problème.

ANALYSE MIGROGRAPHIQUE DE L’EAU DE LA SEINE, PUISÉE A L’USINE DE GHAILLOT

(Miquel.)

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