‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 230 sur 266 · ESSAI D’ARGENT · texte numérisé non relu

ESSAI D’ARGENT

Le cas le plus fréquent est celui d’un minerai renfermant du soufre et de l’arsenic.

On pèse 1 décigrarnme de la matière et on la mélange avec environ son poids de borax fondu et pulvérisé, et une quantité de plomb variable de 5 à 15 décigrammes, suivant la proportion de nickel et de cuivre. Pour une teneur de 7 p. 100 de cuivre ou de 10 p. 100 de nickel, il suffit de 5 décigrammes de plomb.

On mélange bien le tout dans la capsule de corne en employant la spatule de fer, puis on prépare une petite boîte en papier sodé et on y fait tomber le mélange, enfin on la ferme en rabattant les bords du papier. On pratique alors dans un charbon un trou cylindrique suffisant pour y introduire le petit paquet ainsi obtenu et l’on chauffe doucement au feu de réduction en tournant le charbon de manière à chauffer bien également tout l’essai. La scorification s’effectue et l’argent gagne le fond de la cavité; quand la scorie ne paraît plus renfermer de globules, on chauffe dans la flamme oxydante : le soufre, l’arsenic, l’antimoine, le zinc se volatilisent; le fer, le cobalt, l’étain, une partie du cuivre et du nickel s’oxydent et se dissolvent dans la scorie; puis quand les métaux volatils ont disparu, le plomb commence à s’oxyder à son tour, ce dont on s’aperçoit au mouvement que prend le globule et au bouillonnement de la scorie, et alors on lais.se refroidir. On détache ensuite le bouton des borates, on en enlève les dernières traces en le martelant entre deux feuilles de papier, puis on le lave et on le brosse. Il contient alors, avec tout l’argent, du cuivre, du nickel, et la presque totalité du plomb; pour se débarrasser des derniers métaux, on procède à sa coupellation.

Le bouton ayant été placé dans une coupelle d’os, on le chauffe doucement dans

la flamme oxydante, de manière à ne pas volatiliser de matière. Quand le bouton eét réduit à un petit volume, on arrête l’opération, on sépare la litharge du métal, et on dépose celui-ci dans une autre coupelle bien lisse contenant de la poudre d’os très fine, puis on dirige le dard du chalumeau de manière à maintenir au rouge la cendre d’os autour du bouton ; la litharge disparaît alors dans la coupelle. Quand le bouton est devenu bien brillant et que la surface est tranquille, ce qui est le signe que tout le plomb a disparu, on laisse refroidir l’essai et on le brosse pour le débarrasser de la cendre d’os ; si le bouton est bien pur, il est sphérique; s’il contient encore du cuivre, il est aplati et il faut recommencer la coupellation; finalement on le pèse ou on le mesure; dans le premier cas on doit tenir compte de la perte due à la volatilisation, ce qui se fait facilement au moyen du tableau que nous avons donné à propos des essais d’argent.

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