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ÉTAMAGE DES BOITES DE CONSERVES

Cet étamage doit être fait à l’étain fin, mais comme par économie on lui allie quelquefois du plomb capable de déterminer des phénomènes d’intoxication saturnine, il est important de savoir y déceler et y doser ce métal.

Voici comment cette recherche du plomb est faite au Laboratoire municipal:

La première chose à faire avant deprocéder à l’analyse des boîtes, est de les débarrasser des enduits dont elles sont recouvertes, enduits fréquemment composés de minium ou d’autres sels de plomb. On procède ensuite à leur ouverture, en examinant si la soudure a été faite avec soin ou si au contraire elle ne déborde pas à l’intérieur, et s’il se trouve des grains de soudure mêlés aux substances alimentaires qu’elles renferment. La boîte une fois bien nettoyée, on la coupe en petits carrés de 1 centimètre environ de côté ; les parties contenant les soudures sont chauffées dans une capsule pour réunir l'alliage en un petit lingot.

On attaque alors 2'',5 d’alliage laminé, par une quinzaine de centimètres cubes d’acide nitrique pur dans une fiole jaugée de 250 centimètres cubes, on chasse les vapeurs nitreuses par évaporation, et après avoir ajouté environ 50 centimètres cubes d’une solution très concentrée d’acétate de soude, on étend à 250 centimètres cubes et on laisse déposer l’acide stannique.

On prélève 100 centimètres cubes de la liqueur claire surnageante, qui contiennent les métaux de 1 gramme d’alliage moins l’étain, et l’on y verse 10 centimètres cubes d’une solution titrée de bichromate de potasse, contenant 7®, 13 de ce sel par litre, de sorte qu’un centimètre cube précipite 1 centigramme de plomb; quand le chromate de plomb s’est déposé, on ajoute de nouveau 10 centimètres cubes de la liqueur, si le liquide est demeuré incolore après la première addition, et ainsi de suite.

On filtre pour séparer le chromate de plomb, on lave, puis on dose l’excès de bichromate à l’aide d’une liqueur renfermant environ 57 grammes de sulfate double de fer et d’ammoniaque et 25 grammes d’acide sulfurique par litre; on conserve cette liqueur sous une couche de pétrole léger dans une sorte de pissette, et on en prend d’ailleurs fréquemment le titre par rapport à la liqueur de bichromate. L’essai se fait à la touche (p. 448) avec le ferrocyanure de potassium comme indicateur. Cinq à six touches suffisent avec un peu d’habitude.

Dans le cas d’une analyse complète, on traite soit la soudure, soit les carrés de fer-blanc par de l’acide chlorhydrique chaud, puis quand la dissolution est effectuée, on précipite le plomb, le cuivre et l’étain par l’hydrogène sulfuré. Le précipité, lavé modérément, est mis en digestion avec du sulfhydrate d’ammoniaque qui redissout le sulfure d’étain. On sépare ainsi le plomb et le cuivre à l’état de sulfures insolubles, on transforme ce dernier en sulfate en arrosant le filtre avec de l’eau chargée d’acide sulfurique, et un lavage à l’eau entraîne le sulfate de cuivre en laissant le sulfate de plomb qu’on pèse avec les précautions ordinaires. Le cuivre contenu dans la liqueur est dosé, soit en le précipitant de nouveau par l’hydrogène sulfuré, -soit en le déposant par l’électrolyse.

BRONZES ET LAITONS

BRONZES. — On désigne sous le nom de bronzes des alliages à proportions variables qui renferment du cuivre et de l’étain, parfois du zinc, du fer et même du plomb. Nous verrons plus loin qu’on a étendu cefte dénomination à des alliages de cuivre qui peuvent ne pas contenir d’étain, comme le bronze d’aluminium (alliage de cuivre et d’aluminium), le bronze phosphoreux, le bronze au manganèse.

LAITONS. — Les laitons sont essentiellement des alliages de cuivre et de zinc, contenant fréquemment une petite quantité d’étain destinée à en augmenter la ténacité ou à les empêcher de graisser la lime, et quelquefois aussi un peu de plomb.

On tend de plus en plus à faire les analyses des bronzes et des laitons par l’électrolyse, qui permet d’effectuer le dosage du cuivre d’une manière facile et sûre ; nous examinerons la question à propos de l’analyse électrolytique.

En résumé, dans un bronze ou un laiton on peut rencontrer :

Cuivre, Fer,

Zinc, Plomb,

Étain, Silicium.

Examinons comment on peut faire par voie humide l’analyse d’un de ces alliages.

MÉTHODE GÉNÉRALE D’ANALYSE. — On prend 5 grammes environ de la substance qu’on introduit, avec de l’acide nitrique, dans un petitballon surmonté d’un entonnoir destiné à arrêter les gouttelettes de liquide qui pourraient être projetées. Quand la dissolution est terminée, on fait bouillir pendant 20 minutes, de manière à amener la liqueur presque à sec, on ajoute au résidu deux à trois fois son volume d’eau, et on fait bouillir denouveau pendant le même laps de temps.

Étain et silicium. — La première ébullition a pour but de rendre complètement insoluble la silice et l’oxyde d’étain, et la seconde de dissoudre les sels que ces deux produits pourraient retenir mécaniquement; on les rassemble en filtrant, puis on lave le précipité avec de l’eau bouillante contenant une petite quantité d’acide nitrique. Pour séparer l’étain de la silice, on détache la substance du filtre qu’on brûle à part, on réunit les cendres au précipité et on chauffe le tout au rouge dans un courant d’hydrogène qui réduit l’acide stannique à l’état de métal; on pèse la matière et on la reprend par de l’acide chlorhydrique; la silice reste seule; on la lave, on la sèche et on la pèse; par différence on a le poids de l’étain contenu dans l’alliage.

Plomb. — La liqueur nitrique qui tient en dissolution les autres métaux est évaporée à sec dans une petite capsule de platine ou de porcelaine en présence d’acide sulfurique. Le résidu est repris par l’eau qui laisse le sulfate de plomb qu’on sépare sur un filtre; on le lave et on le pèse avec les précautions d’usage (p. 59). •

ENCYCLOP. OHW. 6

Ciiivi'e. — On fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans la liqueur qui .contient encore fer, cuivre et zinc; le cuivre se précipite à l’état de sulfure, on le lave et on le pèse à l’état de sulfure cuivreux Cu-S (p. 55).

Fer. — On chauffe alors légèrement la liqueur qui reste, pour en chasser l’hydrogène sulfuré, on la concentre et on lui ajoute quelques gouttes d’acide nitrique pour peroxyder le fer, qu’on précipite finalement par l’ammoniaque à l’état de peroxyde.

On ne sépare ainsi le fer du zinc que si les quantités d’oxydes en présence sont petites, autrement l’oxyde de fer n’est jamais exempt d’oxyde de zinc. S’ils étalent en quantité notable, il faudrait avoir recours a la méthode suivante : 1° ajouter de l’acétate de soude à la dissolution rendue neutre par le carbonate de soude, et faire bouillir; tout le fer se précipite et on le lave sur un filtre, soit à l’eau froide, soit à l’eau bouillante; 2“ redissoudre le précipité dans de l’acide chlorhydrique, d’où on le précipite de nouveau par l’ammoniaque. De cette manière on obtient l’oxyde de fer parfaitement exempt de zinc et d’alcali.

Cette méthode est assez longue, la décomposition de l’acétate de fer ne se faisant que lentement, et elle exige en outre le lavage de deux précipités de fer. Nous signalerons, à propos de l’analyse des calamines, un autre procédé do séparation du zinc et du fer (p. 194).

Zinc. — On ajoute un excès de carbonate de soude à la liqueur neutre qui ne renferme plus que le zinc, on fait bouillir pendant quelques instants, puis on filtre et on lave le carbonate de zinc. L’ébullition est destinée à rendre la précipitation complète, mais il ne faut pas la prolonger trop longtemps, car il pourrait se former un sel basique de zinc soluble et indécomposable par les carbonates alcalins. Le précipité est desséché, puis calciné, et l’on pèse l’oxyde qui reste comme résidu.

On doit opérer la calcination dans un creuset de porcelaine, de telle façon que s’il restait un peu de charbon provenant d’une combustion incomplète du filtre, le zinc réduit ne puisse pas attaquer le creuset, ce qui ne manquerait pas d’arriver avec un creuset de platine. Dans ce cas, du reste, le zinc réduit risque fort de disparaître en se volatilisant.

On trouvera dans le tableau ci-dessous la composition des principaux bronzes et laitons :

GOMPOSITION DES PRINCIPAUX LAITONS

Laiton de Stohlberg . . . . 65,80 31,80 2,20 0,20 Ustensiles de ménage,

chaudières.

— de Jemmapes. . . . 64,60 33,70 1,30 0,20 Travail du tour.

— — .... 64,70 35,00 0,40 0,40 Tréfileric

— des doreurs. ... 63,70 33,55 0,23 7,30 Bronzes dorés.

— des armuriers . . . 80,00 17,00 » 3,00 Garnitures d’armes.

Chrysocale. 86 à 88 8 46 » 6,00 Faux hijoux.

Tomhac jaune . 88,88 5,56 » 5,56 Menus objets.

Bronze Relier 91,40 5,53 1,37 1,70 Statues.

Laiton de Romilly, .... 70,00 30.00 » » Travail au marteau.

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