TITRES TROUVÉS DIFFÉRENCES
OSMIURE D’IRIDIUM
MÉTHODE DE H. SAINTE-CLAIRE DEVILLE ET DEBRAY. — Elle consiste à attaquer l’osmiure finement pulvérisé par le bioxyde de baryum pur.
Pulvérisation tle Posminre. — L’osmiure est une matière dure qui, en gros grains ou en lames un peu épaisses, ne peut être pulvérisée ni dans l’acier, ni dans la porcelaine. Le meilleur procédé pour le désagréger est de le faire fondre avec six fois environ son poids de zinc pur, volatil sans résidu. On opère soit dans un creuset de charbon bien entouré et protégé par un creuset extérieur, soit dans un petit creuset de terre fermé, luté et enfoui dans de la brasque. On chautfe d’abord une demi-heure au rouge, puis deux heures au rouge blanc, de manière à volatiliser le zinc, et quand celui-ci a été éliminé, l’osmiure d’iridium reste avec un poids égal à celui qu’il avait primitivement, parfois inférieur de 2 à 3 millièmes; mais il se présente alors sous la forme d’une éponge brillante très . friable et facile à réduire au mortier en une poudre impalpable qu’on passe au tamis pour en séparer les petits grains qui pourraient ne pas avoir été transformés.
Analyse. — On mêle l’osmiure ainsi pulvérisé avec cinq fois son poids de bioxyde de baryum pur, ou bien avec trois fois son poids de bioxyde et une fois son poids de nitrate de baryte décrépité.
Osmiure, bioxyde et nitrate étant exactement pesés, on mélange intimement les matières dans un mortier émaillé, puis on les introduit dans un très petit creuset d’argent qu’on place, pour le protéger, dans un creuset de terre, et on chauffe doucement pendant une heure ou deux, temps au bout duquel tout fosmium et l’iridium sont oxydés et transformés en majeure partie en osmio-iridate de baryte.
Après refroidissement, le creuset d’argent est renversé dans une capsule de porcelaine et on en détache la substance fondue en pétrissant un peu le creuset entre les doigts. S’il reste un peu de matière adhérente, on la détache avec un pinceau dur et un peu d’eau. Comme au contact de l’eau l’osmio-iridate de baryte s’échautfe, on recouvre la capsule d’un entonnoir, puis on y verse 100 centimètres cubes d’acidé chlorhydrique et 50 d’acide nitrique; enfin on fait bouillir jusqu’à ce que toute odédr'd’acide osmique ait disparu. Ce résultat acquis, on évapore presque à sec, à basse température, puis on reprend par de
ANALYSE MINÉRALE — Mf,Ti^lpR4ES MÉTALLIQUES 9S
l’eau acidulée, qui ne doit développer aucune o^i^ d’acide osmique et qui laisse en général un résidu constitué par un peu de silice et par de l’osmiure inattaqué. On lave ce résidu, on le transporte dans une capsule de platine où on le traite par de l’acide fluorhydrique pour le débarrasser de la silice et finalement on le pèse. Son poids, qui ne doit pas dépasser 1 centième de la prise d’essai, devra être retranché de celui de l’échantillon analysé.
Dans la liqueur décantée on verse de l’acide sulfurique titré en quantité convenable pour neutraliser la baryte; il n’y a pas d’inconvénient d’en ajouter 2 à 3 dixièmes de centimètres cubes en trop. Le sulfate de baryte se rassemble bien, surtout quand on chauffe la liqueur pendant quelques heures dans une étuve et qu’on lui mélange un peu d’alcool.
Ii’icliiiiti. — On décante alors la liqueur claire, qui est colorée en rouge jaunâtre très foncé, on jette le sulfate de baryte sur un filtre où on le lave avec de l’eau alcoolisée jusqu’à ce qu’elle {passe incolore; cela fait on ajoute à la liqueur 7 à 8 grammes de chlorhydrate d’ammoniaque qui précipite la majeure partie de l’iridium à l’état de chloroiridate d’ammoniaque, on évapore doucement presque à sec, on reprend par de l’eau chargée de sel ammoniac, et on décante sur un filtre; si la liqueur ainsi filtrée contient encore de l’iridium, il est à l’état de sous-chlorure et non précipitable, mais il se dépose si l’on chauffe après avoir ajouté 1 ou 2 centimètres cubes d’acide nitrique, le liquide est alors évaporé de nouveau à sec, le résidu repris par l’eau, et tout le chloroiridate rassemblé sur le même filtre, qu’on lave avec de l’eau chargée de .sel ammoniac, puis avec de l’eau alcoolisée, enfin avec de l’alcool pur. Le chloroiridate desséché avec précaution est introduit avec son filtre dans un creuset de platine muni de son couvercle et placé dans un creuset plus grand; on chauffe doucement tant qu’il se dégage du sel ammoniac; puis celui-ci éliminé, on découvre les creusets et on brûle le filtre à la plus basse température possible. Si pendant cette opération on perçoit l’odeur de l’acide osmique, on continue le grillage jusqu’à sa disparition, on introduit une goutte d’essence de térébenthine dans le creuset refroidi afin de réduire les sous-oxydes de l’osmium, enfin on grille de nouveau et on pèse la matière contenue dans le creuset. On la chauffe ensuite dans l’hydrogène de façon à éliminer les tràces de chlore ou d’oxygène qu’elle pourrait avoir retenues, et on la pèse de nouveau.
Pla.tiue. — Dans notre mode d’opérer, il est clair que du platine a pu se précipiter à l’état dè chloroplatinate. Pour le doser, il faut donc reprendre le résultat de la calcination précédente par l’eau régale faible, de manière à dissoudre le platine seul, qu’on précipitera ensuite par le sel ammoniac dans la liqueur.
llutlténiiiiu. — Le ruthénium se trouve aussi avec l’iridium. Pour l’en extraire, on attaque la matière par un mélange de nitre et de potasse, qui le transforme en ruthéniate de potasse, et l’on reprend par l’eau. Le ruthéniate alcalin se dissout, et on précipite l’oxyde de ruthénium de cette dissolution en la saturant avec de l’acide nitrique. Le précipité d’oxyde est d’abord lavé par
décantation, puis rassemblé sur un filtre et séché. On calcine le tout à l’air pour détruire le filtre, puis on réduit la matière dans un courant d’air avant de la peser. Cette méthode n’est qu’approximative, elle donne toujours une légère surcharge, un peu d’iridium se dissolvant avec le ruthénium.
Rhodium. — Il reste mélangé avec de l'alumine dans la liqueur de laquelle on a précipité l’iridium. Celle-ci, évaporée de manière à n’occuper qu’un petit volume, est placée dans un creuset de porcelaine taré où l’on termine la dessiccation; le résidu est mouillé avec du sulfhydrate d’ammoniaque, saupoudré de soufre, puis calciné dans une atmosphère réductrice. On le traite successivement alors par les acides chlorhydrique, azotique et même sulfurique qui enlèvent l’alumine et les métaux étrangers qu’a pu introduire le bioxyde de baryum, puis on le sèche et on le pèse. On s’assure en le chauffant ensuite dans l’hydrogène que la réduction a été complète.
Enfin, dans le produit de l’attaque par les acides on recherche le fer et le cuivre que contiennent certains osmiures.
ANALYSES D’OSMIURE D’IRIDIUM