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FERS MÉTÉORIQUES

Les fers météoriques sont constitués par un certain nombre de composés définis que M. St. Meunier a pu séparer. Ce sont principalement :

1» Une niasse générale formée d’alliages (.M Meunier en compte au moins quatre), formés en presque totalité de fer et de nickel, et que pour cette raison il désigne sous le nom de fer nickelé;

2° Du fer carburé laissant un dépôt par l’action des acides;

3» Du sulfure de fer ou troïlite;

4° Du phosphore de fer et de nickel (schreibersite) ;

3° Du graphite ;

6° Un vernis extérieur;

7» Des grains lithoïdes de silicates généralement magnésiens;

8° Des gaz occlus, principalement de l’hydrogène ;

9° Du fer chromé et du protochlorure de fer.

Cette énumération suffit pour montrer les difficultés d’une analyse complète.

La météorite à analyser est pulvérisée d’abord au mortier.d’Abich, puis réduite au mortier d’agate en poudre aussi fine que possible. On prend un certain poids de celte poudre, on en extrait tout ce qui vient s’attacher à un barreau aimanté qu’on promène dans la masse, c’est-à-dire le fer nickelé et parfois un peu de sulfure de fer. Ce mélange est soumis une seconde fois à l’action du barreau aimante pour en séparer les grains de silicates qui auraient pu être entraînés mécaniquement une première fois.

Pour doser le sulfure de fer on attaque la matière magnétique par de l’acide chlorhydrique, et on s’arrange de manière à recevoir l’hydrogène sulfuré qui se dégage dans un mélange de dissolutions de nitrate de cuivre et de nitrate d’argent additionné d’ammoniaque et placé dans des tubes de Liebig qu’on force le gaz à traverser. On peut encore oxyder la matière par l’eau régale, et dans la liqueur doser le soufre à l’état de sulfate de baryte.

L’action de l’acide chlorhydrique sur le fer météorique donne dans tous les cas une dissolution et un résidu. La dissolution est soumise à l’action d’un courant d’hydrogène sulfuré qui en précipite quelquefois un peu de cuivre et d’étain qu’on peut ainsi séparer, puis la liqueur filtrée est additionnée d’acide nitrique pour peroxyder le fer qu’on précipite complètement alors par l’ammoniaque, tandis que le nickel et le cobalt restent dans la liqueur. Celle-ci, séparée de l’oxyde de fer, est additionnée de sulfhydrate d’ammoniaque ; tes deux sulfures de nickel et de cobalt sont alors lavés, redissous dans l’acide nitrique, puis on opère la séparation des métaux comme il a été dit (p. 55).

L’oxyde de fer précipité n’est pas pur, il a entraîné à l’état de phosphate le phosphore de la substance; pour l’en séparer on le sèche, on le fond dans un creuset de platine avec son poids de carbonate de soude ou d’un mélange à parties égales de carbonate de potasse et de soude, on reprend par l’eau qui dissout la totalité du phosphate de soude formé, et dans la liqueur obtenue on dose le phosphore à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien (p. 83). L’oxyde de fer séparé est exempt de phosphore, mais il retient toujours un peu d’alcali; il faudra donc le redissoudre encore dans l’acide chlorhydrique et le reprécipiter par l’ammoniaque.

La partie insoluble dans l’acide chlorhydrique est noire et pulvérulente, elle renferme du graphite, du phosphure de fer, de la schreibersite, du fer chromé, du quartz, etc. ; on fond ce résidu avec le double de son poids d’un mélange de deux parties de carbonate de soude pour une de nitrate de potasse; après refroidissement, on reprend par l’eau et on filtre; on obtient ainsi une liqueur et un résidu insoluble.

La liqueur contient le phosphore, le chrome et le silicium à l’état de phosphate, chromate et silicate. On l’évapore à sec pour rendre la silice insoluble, on reprend par l’eau afin de la séparer, puis dans la liqueur débarrassée de la silice on précipite l’acide phosphorique comme précédemment. Après séparation du phosphate ammoniaco-magnésien, on dosera le chrome à l’état de sesquioxyde parle procédé de M. Baubigny (p. 113).

Le résidu qu’a laissé le traitement au carbonate de soude renferme les bases qui étaient unies au chrome, au phosphore et au silicium, il est soluble dans l’acide chlorhydrique ; on en séparera le fer, le nickel et le cobalt comme dans la première liqueur. Enfin, il conviendra de rechercher la magnésie et la chaux. Si l’acide chlorhydrique ne dissolvait pas intégralement le résidu, c’est que celui-ci contiendrait du graphite qu’il serait alors facile de doser.

Si l’on tient à l’analyse spéciale de chacun des corps définis dont nous avons mentionné la présence dans le fer météorique, il faut commencer par séparer mécaniquement ces différentes substances comme l’a fait M. Stanislas Meunier. Cette séparation effectuée, le procédé précédent s’applique évidemment à leur analyse.

COMPOSITION OE QUELQUES-UNES DES PARTIES CONSTITUANTES DES FERS MÉTÉORIQUES

TÆNITE

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