SARDAIGNE
PONTPÉAN GALÈNE PURE
Pyrite de fer . ]
Sulfure d’antimoine .
ESSAI DE PLOMB
1° Minerais pauvres en sulfures étrangers. — La méthode la plus employée consiste à réduire la galène par le fer. La réaction :
PbS + Fe = FeS+ Pb + [11,9—8, 9] [+3,0]
est en effet exothermique; d’autre part, si on opère à température élevée, le sulfure de zinc qui peut se trouver associé à celui de plomb sera partiellement décomposé en soufre libre et métal. Le soufre s’unira au fer, le zinc sera en majeure partie volatilisé, en sorte que grâce à la dissociation de son sulfure, le zinc disparaîtra presque complètement, bien que la réaction :
Zn S + Fe = Fe S + Zn + [11 ,9 — 21 ,Sj [— 9,6]
soit endothermique.
Le sulfure d’antimoine sera décomposé, car on a :
SbS3 + 3Fe = 3FeS + Sb+ [3.11,9 — 17,0], [+18,7]
et l’antimoine qui n’est pas volatil se réunira au plomb, de telle sorte que si le sulfure d’antimoine est en proportion notable, l’essai n’apprendra rien sur la teneur en plomb.
Le sulfure de cuivre est réduit par le fer, car les réactions :
Cu S + Fe — FeS + Cu +[11,9— 5,1] [+6,8]
Cu^S + Fe = FeS + Cu»+[H,9 — 10,1] [+ 1,8]
sont toutes deux exothermiques ; le cuivre, comme l’antimoine, passe d’ailleurs dans le culot métallique.
Pour réaliser l’opération, on emploie un creuset de fer forgé de 8 à 12 centimètres de haut qu’on chauffe au rouge sombre et qui fournit le fer nécessaire
à la réduction. On y introduit 25 à 50 grammes de minerai, puis 12 à 15 grammes de carbonate de soude, et l’on recouvre le tout avec une couche de sel marin sec; puis le creuset étant fermé, on élève graduellement la température jusqu’au rouge vif, qu’on maintient un quart d’heure. Le creuset est alors retiré du feu
pendant que la masse qu’il contient est encore fondue, et on la coule dans une lingotière. Le plomb est en général bien séparé de la scorie, mais si celle-ci contenait quelques globules de métal disséminés dans sa masse, il suffirait de la fondre avec de la crème de tartre pour les en séparer.
3 ' Minerais rielies en sulfures étrangers. — La méthode précédente ne peut s’appliquer dans ce cas, il convient alors d’opérer comme nous allons l’indiquer.
On réduit le minerai en poudre très fine et on en dissout de 5 à 10 grammes, suivant sa richesse, dans de l’acide nitrique légèrement chauffé; quand l’attaque est terminée on verse dans la liqueur de l’acide sulfurique et on évapore jusqu’à sec, puis on reprend par l’eau pour séparer la partie insoluble qui contient du sulfate de plomb, du soufre, la gangue et des oxydes d’antimoine et d’arsenic; s’il y a beaucoup d’antimoine, on traite le dépôt par de l’eau régale afin d’en séparer la majeure partie. En tous cas, le sulfate de plomb impur est ensuite réduit dans un creuset de terre par un mélange de charbon et de fer en présence de carbonate de potasse et sous une couche de sel marin ; la réaction :
SO’, PbO -h 2G -f- Fe = 2C02 -L Fe S -f- Pb -h [2.48,5 -t-ll ,9 — 107,0j [+1,9]
est en eflet exothermique.
On le voit, l’attaque du minerai et l’aclion de l’acide sulfurique ont pour but de se débarrasser de la majeure partie de l’antimoine. Le zinc et l’arsenic disparaissent en se volatilisant comme dans l’essai des minerais renfermant peu de sulfures étrangers.
Reckei'clie tle l’avgent. — L’argent passe en entier dans le culot obtenu en réduisant le rainerai par le fer, c’est donc là qu’il convient de le rechercher; on soumet ce plomb à la coupellation en opérant comme nous l’avons indiqué.