‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 8 sur 266 · RÉACTIFS NEUTRES · texte numérisé non relu

RÉACTIFS NEUTRES

Eaii «listillée. — Préparation. — L’eau distillée se prépare dans des alambics en cuivre qu’il est bon de prendre élamés à cause du peu d’oxydabilité

de l’étain; fi-équomment aussi on utilise pour sa préparation les étuves à eau boiiillauto qu’il suffit de munir d’un serpentin refroidi. L’eau distillée dans des vases de verre s’y charge d’alcalis qui la rendent impropre à une foule d’usages.

Les serpentins dans lesquels se fait la condensation de la vapeur doivent être en étain pur, et surtout parfaitement exempt de plomb que l’eau distillée attaque. Pour s’assurer que le métal du serpentin est en étain, il suffit d’en détacher un petit fragment, de le placer dans une capsule de porcelaine avec une goutte d’acide nitrique, d’évaporer à sec, d’ajouter après refroidissement quelques gouttes d’eau, puis une goutte d’iodure de potassium ; la plus faible trace de plomb fait apparaître la coloration jaune de l’iodure de plomb.

En général, la distillation s’efifectue d’une manière continue, l'alambic étant alimenté par de l’eau puisée à la partie supérieure du réfrigérant; comme celle-ci est déjà chaude, on réalise do ce chef une économie notable de combustible. La distillation doit être conduite lentement, pour éviter que la vapeur n'emporle avec elle du liquide impur mécaniquement entraîné. Enfin il faut avoir soin de se débarrasser assez, fréquemment des substances solides qui se déposent dans la cucurbite, où leur présence détermine une ébullition saccadée accompagnée de soubresauts de toute la masse liquide. 11 faut aussi éviter, si l'eau qu’on emploie contient du chlorure de magnésium, comme cela se présente non seulement avec l’eau de mer, mais avec celle de nombreuses sources, de concentrer dans l’alambic une certaine quantité de ce chlorure qui, en se décomposant, pourrait donner de l’acide chlorhydrique.

Essai de Veau distillée. — L’eau distillée, même dans le platine, n’est jamais rigoureusement pure; on sait en effet que quelque soin qu’on apporte à sa préparation, elle conduit toujours le courant électrique, mais cette pureté absolue, inaccessible à l’expérience, n’est pas nécessaire en analyse.

L’eau distillée ne doit donner aucun résidu par évaporation ; pour s'en assurer on en chaulfe 1 ou 2 centimètres cubes dans une capsule de platine préalablement bien nettoyée en y fondant du carbonate de soude, puis lavant à l'acide chlorhydrique et à l’eau distillée: la moindre trace de matière fixe laisse sur la surface brillante une auréole blanche très facile à apercevoir.

Elle ne doit donner aucun trouble avec le nitrate d’argent ni avec le chlorure de baryum. Sauf des cas assez rares, il est indifférent qu’elle retienne des gaz en dissolution, et elle contient presque toujours de l'acide carbonique et de l’ammoniaque, empruntés à l’atmosphère. 1 mètre cube d’air contient environ 2 milligrammes d’ammoniaque, et comme le coefficient de solubilité de ce gaz à 15 degrés est 785, 1 litre d’eau distillée, saturée par l’atmosphère, pourra renfermer l“s,50 d’ammoniaque. Cette faible quantité, négligeable dans les analyses ordinaires où on emploie une petite quantité d’eau, cessera de l’être si l’on est conduit à en employer 10 litres, par exemple, et surtout si on a en vue des dosages d’ammoniaque.

La présence de l’acide carbonique est facile à déceler à l’aide de l’acétate de plomb.

Dissolvants autres ciue l’eau. — L’alcool, l’éther et le sulfure de

ANALYSE MINERALE — GÉNÉRALITÉS

carbone sont utilises pour dissoudre ou laver certains précipités; les deux premiers se trouvent suffisamment purs dans le commerce, soit anhydres, soit hydratés. Quant au sulfure de carbone, on le purifie en le laissant en contact |)cndant plusieurs jours avec du mercure, puis avec du chlorure de calcium fondu, et finalement en le distillant au bain-marie.

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