MODE D’OBTENTION
Pour obtenir le suc intestinal provenant des glandes de Lieberkuhn, on peut suivre I un ou l’autre des procédés indiqués ci-dessous.
Frerichs, le premier, essaya de s'en procurer sur des animaux à jeun, en isolant, par deux ligatures, une anse intestinale vidée au préalable par des pressions et ries frictions entre les doigts, la refoulant dans le ventre et sacrifiant ensuite l’animal, après quelques heures. Malheureusement, dans ces conditions, non seulement liniestin à jeun sécrète à peine, mais le liquide anormal qu’il donne est mélangé au reste des digestions antérieures, à de la bile et à du suc pancréatique.
On peut, au préalable, comme l’ont fait Bidder et Schmidt, lier les canaux cholédoque et de Wirsung, mais la sécrétion est encore insignifiante et anormale.
Colin a opéré d’une façon analogue sur le cheval, en pleine digestion, et a pu retirer, d’une anse intestinale de 2 mètres de long, de 80 à 120 centilitres d un liquide encore mélangé de produits étrangers, mais sécrété sous l'influence a peu près normale des nerfs intestinaux agissant pendant la digestion.
C est la fistule intestinale, établie d’après le procédé de Thiry, qui constitue la seule méthode réellement pratique pour se procurer à volonté du suc intestinal exempt de produits étrangers. On prend un chien de berger vigoureux dont ou incise I abdomen ; on isole une certaine longueur d’intestin qu’on sectionne aux deux bouts, en respectant le péritoine; on rétablit la continuité de l’intestin par la suture du bout stomacal et du bout anal, et on le replonge dans l’abdomen où il doit reprendre son fonctionnement normal. Quant à l’anse intestinale isolée, mais restée en connexion avec les vaisseaux, les nerfs et le mésentère, on en ferme une des extrémités et on raccorde l’autre, par des points de suture, aux bords de la plaie abdominale.
Quand l’opération réussit, la plaie est guérie en quinze jours, au bout desquels on obtient une sorte de cul-de-sac intestinal, de longueur variable, quia conservé sa nutrition normale et s’ouvre au dehors, par une ïistule, à la surface de la paroi de l’abdomen. En y introduisant une canule élastique ou de petites éponges, et provoquant des excitations mécaniques, suit par des courants induits (Thiry), soit par le contact de l’acide chlorhydrique au 1000% on obtient, dans les 24 heures, jusqu’à 85 ou 95 grammes de suc intestinal pur et normal. Cette quantité augmente un peu au moment de la digestion.
D'après Albiui, l’anse intestinale isolée par le procédé de Thiry finit par s atrophier.
Chez l’homme, on a observé quelques cas de fistules intestinales qui ne pouvaient donner évidemment qu’un mélange des divers produits de sécrétions déversés dans l’intestin avec les matières alimentaires plus ou moins modifiées. Le plus intéressant est celui de Busch; la fistule siégeait sur le duodénum et laissait écouler le chyme, la bile, le suc pancréatique et celui des glandes de Brünner.
On peut encore obtenir un suc artificiel par l'infusion des divers parties de la muqueuse de l’intestin dans de l’eau pure ou additionnée de divers antiseptiques^
tels que l'acide salicylique. C'est en opérant de celle manière que Leven a obtenu un liquide à réaction acide, qui, suivant l’auteur, serait la réaction du suc intestinal lui-même, mais qui est probablement due à une fermentation lactique secondaire.