NOTIONS GÉNÉRALES
SUR LES MUTATIONS DE MATIÈRES ET LES TRANSFORMATIONS DE L’ÉNERGIE CHEZ LES ÊTRES VIVANTS.
La chimie physiologique a pour objet l’étude des phénomènes chimiques que présente la vie ; elle n’est donc qu'une partie de la physiologie, c’est-a-dire de la science qui étudie l’ensemble des phénomènes vitaux, mais une partie si considérable par le nombre et par l’importance des faits, et d’ailleurs si spéciale quant à ses méthodes, qu’elle a dO nécessairement se constituer en discipline particulière. Néanmoins c’est la physiologie qui trace les limites, nous donne la définition et nous permet de rendre plus précis l’objet de la chimie physiologique.
La vie est caractérisée, comme l'a dit excellemment Claude Bernard, par la réunion et l’enchaînement de deux ordres de phénomènes : 1° Des phénomènes d usure, de destruction vitale qui répondent à l’activité fonctionnelle de l’organisme ; 2° des phénomènes plastiques ou de création vitale, qui répondent au repos fonctionne], à la régénération organique. Chez tout être vivant, l’édifice organique est le siège d’un perpétuel mouvement qui met chacune de ses particules en échanges constants avec le milieu ambiant. D’une part, l’usure et la destruction des tissus, résultat de l’activité fonctionnelle de l’être, aboutit à la production de déchets qui sont déversés au dehors, et, d'autre part, ces pertes se réparent, à mesure qu’elles se produisent, par l'apport de matériaux nouveaux venus de l’extérieur et adaptés à l'organisme parla synthèse rénovatrice.
On saisit donc comme >< un courant de matière qui traverse incessamment l’ètre vivant et le renouvelle dans sa substance en le maintenant dans sa forme ». Or, ces deux opérations de destruction et de rénovation, sans lesquelles on ne saurait concevoir la vie, végétale ou animale, ont pour condition une succession de phénomènes chimiques. L’étude de ces phénomènes, de leur signification dans les divers processus de la vie normale ou pathologique, constitue l'objet de la chimie physiologique.
■NCTCLOP. CH1M. ,
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.