COMPOSITION DES CALCULS INTESTINAUX
Ces concrétions peuvent être constituées :
1° Par des matières fécales, résidus alimentaires non digestibles, durs, faciles a écraser et à dissocier par l’eau, qui contiennent des masses de débris de cellules et de fibres végétales cimentées par du mucus intestinal.
2 Des corps gras , blancs, mous, fusibles, combustibles avec odeur de graisse brûlee, solubles dans l’éther et la potasse à l’ébullition, insolubles dans l’alcool.
3° Par de la cholestérine; dans ce cas, le calcul s’est formé d’abord dans la vésicule biliaire, d'où il est expulsé par le canal cholédoque, et arrive dans 1 intestin au prix de violentes coliques; dès lors, et suivant la durée de son séjour dans le tube digestif, il peut s’entourer d’une couche plus ou moins épaisse de matières minérales (cholentérolithes de Jaccoud).
Dans un cas d’occlusion intestinale, une femme de cinquante ans rendit un calcul volumineux de 52 sur 32 millimètres, pesant 19*r,4 et formé de 94 p. 100 de cholestérine et de pigment biliaire et 6 p. 100 de phosphates de chaux et de magnésium; la coupe y révélait trois noyaux (Kœstlin).
On a trouvé, dans les selles d’un homme de soixante ans qui avait eu des accidents antérieurs, coliques et ictère, mais chez lequel tout était rentré dans le calme depuis quelque temps, un volumineux calcul biliaire dont la forme generale était celle d’un cône tronqué surmonté d’une calotte sphérique Ce calcul pesait 24*', 5; son volume était de 21-», 8; il mesurait 40 millimètres de hauteur totale et 35 à 36 millimètres de diamètre à la base. Il était formé en presque totalité de cholestérine avec traces de sels biliaires, de matières colorantes et de sels minéraux (Garnier).
Ces calculs présentent souvent, à la coupe, des zones alternativement blanches, de cholestérine, et colorées, de pigments biliaires; on les sépare au moyen de l’alcool, qui enlève la cholestérine et laisse la matière colorante insoluble.
La cholestérine, plus dure que la graisse, est infusible dans l’eau, insoluble
dans la potasse chaude, combustible avec flamme fuligineuse et inodore, soluble dans l’éther et dans l’alcool chaud.
4° Par des phosphates terreux et en particulier par du phosphate ammoniacomagnésien; chez les chevaux ces calculs peuvent acquérir la grosseur d’une tête d’enfant, et portent le nom d’hippolithes. Ces phosphates ne brûlent pas sur une lame de platine (le phosphate ammoniaco-magnésien fond), se dissolvent dans les acides avec effervescence s’ils sont mélangés de carbonate, et la solution présente, dès lors, les réactions des phosphates acides.
5° Quelquefois, de véritables amas de mucus peuvent se mélanger aux excréments, sous la forme de nodosités, de cylindres ou de tubes que l’on pourrait prendre pour des fragments d’intestin ou de muqueuse. Ces fausses membranes gélatiniformes ne se gonflent pas dans l’eau; elles ne présentent pas d’organisation apparente au microscope (entérocolite inférieure chronique).
6“ Certains médicaments inertes, tels que : poudre de charbon, craie, magnésie ou sous-nitrate de bismuth, ingérés à haute dose, tantôt peuvent former des amas particuliers et concrets, tantôt, à la suite d’un séjour prolongé dans les voies digestives, devenir le centre et le point d’appel de vraies concrétions intestinales.
7» Les concrétions fournies par le feutrage des barbes de grain d’avoine mélangé à des sels minéraux, concrétions avénacées, ne sont pas rares dans les classes pauvres où l’on mélange de l’avoine au pain (Munro). Paterson en décrit quinze émises par le même individu, en quatre mois, et pesant de 9*' 3 à 81 grammes.
On en connaît un qui pesait 6 onces, mesurait 6 pouces et avait été expulsé par un homme de cinquante-deux ans (Musée anatomique de Stockholm, 1885) ; elles sont fréquentes en Suède, en Norwège, en Écosse, en Irlande et en Bretagne. L’examen microscopique suffit pour en révéler la nature.
Il existe enfin une espèce de concrétion intestinale très rare, connue sous le nom de bèzoard oriental, mais qui provient de certains ruminants d’Asie et d’Amérique. Elle est formée principalement d’acides lilhofellique et lithobilique associés à du mucus.
Analyse de calculs intestinaux minéraux.