AVANT-PROPOS
Ce quatrième livre est consacré à l’étude des divers tissus et organes de 1 homme et des animaux. Cette étude, faite d'une façon distincte pour chacun do ces tissus, n implique pas cependant leur séparation absolue dans l’organisme où on les trouve souvent associés les uns aux autres, tel par exemple le tissu conjonctif qui, sousses différentes formes, est mélangé intimement avec les éléments caractéristiques des autres tissus dont il forme le substratum.
L’elude chimique des tissus qui, par comparaison, peuvent être envisagés comme les organes élémentaires de la machine animale, doit précéder celle des organes proprement dits qu’ils logent et soutiennent dans leurs diverses cavités, et à la constitution histologique desquels ils concourent plus ou moins.
Chaque tissu est formé de l’assemblage d’un nombre variable et souvent considérable de principes immédiats, très différents pour chacun d’eux. Ces principes immédiats, pour la plupart mais non encore tous connus, entrent dans la composition de certains élémenls caractéristiques du tissu envisagé, éléments que le microscope révèle et permet de différencier les uns des autres. A ce point de vue, la chimie biologique se trouve dépendre de l’histologie qui la renseigne sur la
diversité des éléments constitutifs de l’économie animale, et lui permet souvent d’établir la méthode qui parvient le mieux à la séparation physique des divers principes immédiats, analyse immédiate, qui doit toujours précéder l’étude particulière et détaillée de chacun de ces principes.
Avec A. Gautier, l’on peut dire que « reconnaître les éléments histologiques les séparer, isoler les divers principes immédiats qui les composent, analyser et définir enfin séparément les propriétés de ces espèces chimiques, telles doivent être les phases successives de l’étude méthodique de tout tissu. »
Aussi ferons-nous précéder l’étude chimique de chaque tissu de quelques notions d’histologie suffisantes pour permettre la définition préalable des espèces chimiques qu’il contient et qu’il s’agira d’étudier.
Mais outre que la détermination histologique des éléments des tissus n’est pas encore faite complètement, ni d’une façon définitive pour certains d’entre eux la dissémination de ces éléments, leur mélange les uns aux autres dans un même tissu, constituent souvent une source de difficultés quelquefois insurmontables du moins jusqu’à présent, pour arriver à leur séparation parfaite. Pour fixer les idées à cet égard, il suffit de mettre en parallèle le tissu osseux dont les deux éléments distincts, l'élément organique osséine , et l’élément minéral phosphates terreux, sont si faciles à séparer l’un de l’autre, et le tissu nerveux dont la détermination et l’étude chimique des principes immédiats ont exercé si longtemps et exerceront encore la sagacité des hommes de science.
Nous adopterons dans ce livre, l’ordre suivant: 1° Tissu conjonctif et dérivés;
2° Tissu adipeux;
3° Tissu musculaire;
4° Tissu nerveux; b° Tissu osseux;
6° Tissu dentaire;
7° Tissu cartilagineux ;
8° Tissus et milieux de l'œil ;
9" Tissus épithéliaux;
10" Organes glandulaires.