GLANDES VASCULAIRES SANGUINES. — RATE
Malassez et Picard (1) ont constaté que la rate, parfaitement débarrassée de sang par des injections d'eau salée dans l’artère splénique, contient encore de l'hémoglobine; celle-ci doit être rattachée à la présence des globules rouges dans la boue de l’organe.
Schwartz a observé que les cellules de la rate jouissent, comme les leucocytes, de la propriété de décomposer l'hémoglobine pendant les vingt-quatre premières heures, pour en régénérer ensuite de nouvelle. Hoffmann (2) a montré que celte propriété est inhérente à la morphologie des cellules de la rate qui, réduites en bouillie, de façon à perdre leur forme histologique, n'ont plus d’action sur le pigment sanguin.
Le tissu frais de la rate est alcalin.
La boue splénique, épuisée par l’eau froide, donne une solution qui, filtrée et portée à l’ébullition, fournit un coagulum brun rougeâtre d’albumine; si l’on filtre à nouveau et qu’on acidulé le liquide par l’acide acétique, on obtient un nouveau coagulum floconneux et grenu, de nature complexe. U renferme une matière albuminoïde ferrugineuse, de la cholestérine et des graisses, et laisse, par l’incinération, des cendres riches en fer et en acide phosphorique.
La rate renferme, comme matières organiques, de l 'albumine soluble el l’albumine ferrugineuse dont il vient d’être question, des graisses, des pigments ferrugineux dérivés de l’hémoglobine; de la xanthine, de l'hypoxanthine (Scherer) (3) et de la guanine, qui paraissent avoir leur source dans la nucléine des noyaux des cellules (Kossel) (4); de l’acide urique, qui accompagne presque toujours les composés précédents, mais dont la présence dans la rate ne paraît pas constante (Neukomm); de la leucine, de la tyrosine en quantité assez grande, mais toujours variable; de la jécorine, de la lécithine et de la cholestérine, produits de dédoublement des globules blancs et rouges; des traces de cérébrine (Hoppe-Seyler) ; des quantités assez fortes A'inosite [Cloëtta (5), Scherer, Bœdecker (6)]; des acides gras volatils, formique, acétique, propionique (Scherer); de l’acide lactique et de l’acide succinique (Gorup-Besanez).
D’après Hoppe-Seyler, rien ne prouve encore nettement que la raie saine et fraîche contienne de la xanthine et de l’hvpoxanlhine, Salomon ayant démontré la formation spontanée de l’hypoxanthine dans le sang des cadavres et dans les matières albuminoïdes en putréfaction; il en est de même de la leucine et delà tyrosine, qui ne se trouveraient que dans la rate en voie de putréfaction.
Cloetta, Scherer et Bœdecker ont extrait de l’inosite de la rate des poissons cartilagineux.
Slœ.ieler et Frerichs (7) ont signalé la présence do la taurine dans la rate do la raie, et de la s cyllite dans celle des poissons cartilagineux.
Her/.en (8) a observé que le mélange de l'infusion du pancréas avec celle de la
(1) Malassez et Picarl, Compt. rend., t. LXXXI1, p. 835.
(2) Hoffmann, Maly's Jahresb., t. XX, p. 278, 1899.
(3) Scherer, Ann. d. Chem. u. Pharni., t CXVI, p. 102.
(4) Kossel, Jahresb. u. Thicrch., t. XI, p. 108; t. XII, p. 101, 1882.
(3) Cloëtta, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. XCIX, p. 289.
(6) Bœdecker, Zeitsch. f. rat. Med., t. VII, p. 153.
(7) Stœdeler et Frerichs, toc. cil.
(8) Herzcn, Ann. di chim. e di farmac., t. VIII, p. 302, 1888.
rate possède un pouvoir digestif, sur l’albumine cuite et la fibrine coagulée, beaucoup plus considérable que celui de l’infusé pancréatique seul; il a démontré que cette action de la rate doit être rapportée à la présence d’un ferment digestif qui se forme dans le tissu splénique et passe, de là, dans le sang, par la veine correspondante. I,a production maximum de ce ferment coin cide° avec la tuméfaction périodique de la glande splénique, laquelle atteint son summum de six à sept heures après le repas.
On doit encore à Oidtmann (4) des analyses de la rate, dont il a comparé la composition à celle du foie provenant des mêmes individus; il a déterminé dans les plus grands détails les éléments constituants des cendres des deux organes. Nous relatons ci-dessous les résultats de l’auteur :
Analyses comparatives de la rate et du foie (Oidtmann).
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