C(OH
AzH
Skatoxyle.
AzH
Skatoxylsulfate de potassium.
Comme l’urine normale de l'homme ne renferme d'ordinaire que des traces d’indican, elle prend, quand on la soumet à la réaction de Jaffé sans addition de chloroforme, une coloration rouge ou violette. Jaffé (1) estime que cette coloration provient d’une autre matière colorante que l’indican.
Brieger (2) a démontré que l’injection sous-cutanée de skatol, chez le chien ou le cobaye, détermine l’apparition dans les urines d’acide skatoxylsulfurique, de même que 1 injection d’indol avait donné à Jaffé de l’acide indoxylsulfurique ; son sel potassique est cristallisable, et sa solution, traitée comme l’urine par 1 acide chlorhydrique, mieux encore par l’acide chlorhydrique et l’hypochlorite de calcium, détermine la précipitation d’une matière amorphe de couleur violet sale qui fournit de nouveau du skatol par sa réduction au contact de la poudre de zinc.
Mester (3) a observé que, en suite de l’ingestion réitérée du skatol par le chien,
l’acide skatoxylsulfuri que est notablement augmenté au début daus l’urine, mais ne l'est plus ensuite, sans cependant faire complètement défaut; et comme, dans l’extraction du dérivé skatolique urinaire, il ne put obtenir que peu d’acide sulfoconjugué, il en conclut que le skatol devait se trouver sous une autre forme vraisemblablement celle d’acide skatoxylglycuronique.
Otto (1) a réussi à extraire une grande quantité d’acide skatoxylsulfuri que de l’urine d’un diabétique atteint de troubles digestifs, urine qui était très riche en produits colorants skatoliques. Dans un autre cas, I.eube (2) paraît n’avoir trouvé que de l’acide skalolglycuronique.
Propriétés du skatoxyle. — On n’a pu encore isoler le skatoxyle, et l’on ne connaît bien que son dérivé sulfoconjugué, l’acide skaloxylsulfurique, que l’on peut extraire de l’urine à l’état de sel potassique par le procédé de Hoppe-Seyler précédemment décrit (p. 917). L’urine du chien est celle qui donne le meilleur rendement (Mester) (3).
Skatoxylsulfate de potassium C9H8Az.0.S02.0K. — Ce sel cristallise, d’après Otto, en petits globules groupés ensemble et entremêlés cà et là de prismes bien nets : il est soluble dans l’eau, très peu dans l’alcool. Par la calcination, il est décomposé avec dégagement de vapeurs rouges et résidu de sulfate potassique. La solution aqueuse est colorée en violet intense par le chlorure ferrique en rouge par l’acide azotique concentré; additionnée du tiers de son volume d’acide chlorhydrique concentré, elle donne un précipité rouge amorphe.
Recherche dans l’urine. — Les urines qui contiennent le skatoxyle se colorent déjà en rouge ou en violet, dans la réaction de Jaffé pourla recherche de l’indioan après l’addition d’acide chlorhydrique, en rouge cerise par l’acide azotique seul ou additionné d'une trace d’azotate de potassium, en rouge quand on les chauffe après les avoir traitées par le perchlorure de fer seul ou après addition d’acide chlorhydrique . Le pigment produit peut être extrait par l’éther, mieux encore par l’éther acétique ; calciné avec la poudre de zinc, il donne du skatol, de même que le dérivé correspondant de l’indoxyle (l’indigo) donne de l’indol. Abandonnée au repos au contact de l’air, l’urine riche en skatoxyle se fonce de la surface vers le fond, comme les urines phénoliques, et prend ensuite une coloration rouge ou violette qui peut même être presque noire.
Cette matière colorante rouge, dérivée du skatoxyle probablement par oxyda lion, est amorphe, soluble dans les acides (HCl et SO'H3) avec coloration rouge cerise, dans les alcalis et l’ammoniaque avec coloration jaune, dans l’éther l’éther acétique, etc.
Présence du skatoxylsulfate de potassium dans l’urine. — Le skatoxylsulfat de potassium accompagne l’indoxylsulfate dans l’urine, et il semble résulter de
(î) Otto. Pflüyers Arehiv, t. XXXIII, p. 613, 1884.
(2) Leube, Virchovs Arehiv, t. CVI, p. 418, 1886.
(3) Mester, Zeitsch. f. phys. Ch., t. XII, p. 1 et 2, 1887.
SKATOXYLE
toutes les recherches faites jusqu’à présent, comme le fait remarquer Thomas, que l’urine normale de l’homme contient plus de skatoxyle que d’indoxyle ; mais les proportions relatives peuvent varier dans une foule de conditions physiologiques mal déterminées, et le skatoxyle peut faire complètement défaut (E. et H. Salkowski). On ne possède aucune donnée numérique sur l'excrétion du skatoxyle.
Le skatoxyle augmente en suite des maladies de l’intestin grêle, tandis que c’est l’indoxyle qui prédomine dans les affections du gros intestin. Dans la péritonite aiguë, l’indoxyle prédomine, mais le skatoxyle reprend le dessus dès la terminaison de la maladie.
Origine, rôle physiologique du skatoxyle. — Comme son homologue, l'indoxyle, le skatoxyle est un produit d’oxydation d’un des nombreux corps qui se produisent dans la putréfaction des matières albuminoïdes, le skatol, qui accompagne l’indol dans la putréfaction pancréatique. Brieger (t ) a démontré, d’ailleurs, en renouvelant l’expérience de Jaffé sur l’indol, que le skatol administré à des animaux passe dans les urines à l'état de skatoxylsulfate de potassium. Les observations et les réserves faites à propos de l’indican sont donc applicables à son homologue, le skatoxylsulfate de potassium qui, comme lui, est un produit d’excrétion.
Pigment urinaire rouge dérivé du skatoxyle. — Les urines traitées ou non par
les oxydants faibles, peuvent renfermer des matières colorantes rouges, dont l'une au moinsdérivede l’acide slcatoxylsulfurique, comme l’indigo bleuprovieni de l’indican ; elle peut provenir, il est vrai, également de l’acide skatolglycuronique. Le pigment rouge skatoliquc, la' 'couleur rouge dérivée de l’indoxyle, le rouge de Scherer qui apparaît dans le traitement des urines par les acides non oxydants, Yurrhodine de Heller, Vurorubine de Plosz (2), le rouge d’indigo obtenu par Rosenbach et Rosin (3) par l’oxydation ménagée de certaines urines pathologiques (maladies graves de l’intestin, diarrhée intense, troubles graves de nutrition dans la phtisie, le cancer, etc.) par l’acide nitrique, Yindirubine de Schunck, enfin Yindigopurpurine de Bœyer (4) possèdent des propriétés d’une ressemblance telle qu'elles paraissent vraisemblablement ne former qu’une seule et même substance à des degrés de pureté variables. Malgré la prétendue présence du fer dans sa constitution, Yurohvmatinc de Hàrley (5) et sans doute aussi la couleur de Giacosa (6) font partie de ce groupe de pigments rouges, tous dérivés d'une matière chromogène qui parait identique.
(1) Brieger, Zeitsch. f. physiol., Chim., t. IV, p. 414.
(2) Plosz, Zeitsch. f. physiol. Chim., t. VI, p. 504, 1882, et t. VIII, p. 85, 1883-84.
(3) Rosenbach, lierl. klin. Voch., 1889, p. 1, 13, 17, 22, 23, et Rosin, Centr. f. klin. Med., 1889, p. 29 et 505.
(4) Bœyer, Ber d. chem. Gesellsch., t. XII, p. 457, 1879; t. XIV, p. 1745, 1881.
(5) Ilarley, Verhandl. d. phys. med. Gesellsch. zii Würzburg , t. V, p. 1, 1854.
(0j Giacosa, Ann. di chim. e di fannac (4), t. III, p. 201.
INOSITE
L’inosite, que les travaux de Maquenne et Tanretne permettent plus d’envisager comme une glucose dont elle ne possède, d’ailleurs, que la formule totale et^ la saveur sucrée, mais comme un hexahydrure d’hexaoxybenzine, et que l’on trouve dans de nombreux tissus et organes de l’économie animale, muscles, foie reins, rate, cerveau, etc., est, d’après Hoppe-Seyler (t), une partie constituante dé 1 urine normale qui n’en contient, d’ailleurs, que des traces (0sr,0i en 24 heures d’après von Jaksch) ; elle augmente un peu après l’ingestion de boissons aqueuses très abondantes (Strauss (2) et Külz) (3).
Son ingestion à haute dose (30 à 50 grammes) ne détermine pas une augmen talion sensible de son excrétion par l’urine ; la plus grande partie disparaît donc sous l’influence des processus de la digestion.
La présence de l’inosite dans l’urine a été signalée par Cloetta, Neukomm et Gallois, dans l’albuminurie et dans le diabète sucré. Vohl (4) a vu l'inosile remplacer peu à peu la glucose dans un cas de diabète. L’apparition de l’inosite dans le diabète et l’albuminurie est assez rare; aussi sur trente cas de glucosurie, Gallois n’a trouvé que cinq fois de l’inosile et deux fois seulement dans vingt-cinq cas d’albuminurie. On l’a trouvée aussi quelquefois, au lieu de glucose^ dans l’urine d’animaux auxquels on avait pratiqué la piqûre du plancher du quatrième ventricule cérébral.
Extraction de l’urine. — On a dit que la présence de l’inosite dans l’urine pouvait être soupçonnée quand l’essai par la liqueur cupro-potassique donne un précipité floconneux vert chicorée (Cochot) (3). En réalité, pour caractériser l’inosite
avec certitude, il faut absolument l’extraire de l’urine par le procédé suivant- L’urine débarrassée de l’albumine, si elle en renferme, est précipitée par l’acétate de plomb sans excès ou par la baryte, filtrée et le liquide traité par le sous-acétate de plomb tout le temps qu’il se forme un précipité. II est préférable de concentrer l’urine au f /4 au bain-marie, avant de la traiter par les sels de plomb. Le dernier précipité plombique, séparé après un repos de douze heures, est lavé, délayé daiT l’eau, puis décomposé par l’acide sulfhydrique. Le liquide filtré peut iajSg°1 2 3 4 S déposer, par l’agitation, un peu d’acide urique qu’on élimine par filtration • ^ concentre la solution limpide le plus possible et la verse encore cha' T* dans trois ou quatre fois son volume d’alcool à 95» également chaud. 11 se produit
(1) Hoppe-Seyler, Hdbch. d.phi/s. u. path. Chem. Anal.
(2) Strauss, Cirlbl. f. cl. med. Wiss., 1872, p. 138.
(3) Külz, Ctrlbl. f. cl. med. Wiss., 1876, p. 550, 811.
(4) Vohl, Archiv f. physiol. Heilkunde, 1858.
(5) Cochot, J. depharm. et de chim., t. II, p. 128, 1883.