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Maladies du rein

L’hydrémie est un des signes hématologiques les plus nets et les plus constants dans les affections du rein, accompagnées d’œdème. Ilammerschlag (1), vérifiant en cela d’anciennes observations de Becquerel et Rodier, de Frerichs, a trouvé fréquemment pour le sérum des densités de 1020-1025, alors que le chiffre moyen est de 1029-1031 à l’état normal. Ce fait, confirmé par un grand nombre d’autres observateurs, est dît bien plus à une augmentation de la proportion d’eau du sang qu’à la diminution des globules ou de l’hémoglobine. 11 s’agit donc ici d’une véritable hydrémie, tandis que dans les œdèmes par pure stase sanguine, la concentration du sang, lorsqu’elle est modifiée, ne s’éloigne pas de la normale dans des proportions aussi considérables que dans l’œdème de la néphrite. Cohnheim, von Noorden (2) insistent d’ailleurs beaucoup sur ce fait que l’insuffisance du filtre rénal est loin d’expliquer à elle seule la production de l’œdème néphritique, car on voit fréquemment l’œdème persister chez les brightiques chroniques pendant des semaines et des mois alors que la diurèse s’est rétablie ou s’est maintenue dans d’excellentes conditions, et qu’elle est aidée souvent par une diaphorèse active. 'Visiblement, le sang et les tissus, peut-être sous l’influence de corps toxiques retenus dans l’organisme, exercent sur l’eau une attraction anormale et en gardent des proportions plus fortes qu’à l’état physiologique.

L’alcalinité du sang paraît rester normale dans les cas de néphrite sans urémie, mais, d’après von Jaksch, elle s’abaisse considérablement sitôt que l’intoxication urémique s’installe, au point qu’elle ne vaut plus que 28”8>^ de soude (Na OU) pour lOO»'' de sang.

Pour von Jaksch, cet abaissement du titre hémo-alcalimétrique est de règle dans l’urémie et révèle une intoxication acide qui, pour cet auteur, est une des

(1) Hammerschlag, Centralbl. f. klin. Med., 1891, p. 325. — Pour la bibliographie, voy. von Noorden, loc. cit., p. 376 et 385.

(2) Voy. von Noorden, loc. cit., p. 323.

EN'CYCl.OP.

■il~> ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLISG.

causes des accidents urémiques, tandis que Von Limbeck soutient que cette

diminution de l’alcalinité n’est qu’un phénomène secondaire (1).

On sait que les accidents urémiques ont été successivement rattachés à l’accumulation dans le sang de divers principes urinaires, en particulier de l’urée, de la créatinine, de l’ammoniaque, des sels de potasse. L’accumulation de l’urée est indéniable; elle a été observée très fréquemment. Au lieu du chiffre normal de 0,01 à 0,03 p. 100, on en trouve souvent 0,1 à 0,2 p. 100 et même jusqu’à 0,3 à 0,8 p. 100 (2), ces chiffres extrêmes se rapportant surtout à du sang recueilli pendant l’agonie, ou après la mort. Mais on sait aujourd’hui que les accidents urémiques peuvent se produire sans qu’il y ait accumulation d’urée et qu’en général la théorie qui fait de l’urée la cause de l’intoxication urémique n’est plus soutenable aujourd’hui. On en peut dire autant de l’ammoniaque, invoqué par Frérichs dans sa théorie bien connue de l’ammoniémie, puisque des dosages précis ont montré que même dans les cas d’urémie intense, la proportion d’ammoniaque dans le sang n’est pas augmentée (3). En ce qui concerne la créatinine qui a été aussi incriminée, la question reste ouverte. Elle a repris un nouvel intérêt depuis que Landois a montré que cette substance agit sur les centres de l’écorce grise du cerveau et produit du coma et des crampes. Mais l’accumulation de cette substance dans le sang n’est pas nettement démontrée, malgré les observations de Schottin, Opplcr, Hoppe et les déterminations de K.-B. Hoffmann, qui a fait voir que dans la néphrite, la proportion de créatinine des urines est considérablement diminuée, même lorsque l’alimentation apporte des quantités considérables de cette substance. L’acide urique a été présenté aussi comme s’éliminant difficilement chez le brightique et comme devant par conséquent s’accumuler dans l’organisme et par suite dans le sang. Les recherches de Garrod (4), confirmées par le récent travail de von Jaksch (3), démontrent qu’il peut y avoir effectivement accumulation d’acide urique dans le sang pendant la néphrite, mais il est inexact de prétendre que la proportion de cet acide est toujours diminuée dans l’urine des brighliques, car les dosages précis, opérés par von Ackeren (6), Sladthagen (7) à l’aide de la méthode de Salkowski-Ludwig, ont donné des résultats toujours très rapprochés de la normale. La rétention de l’acide urique parait donc ne se produire que tardivement. Celle des sels potassiques, invoquée par Feltz et Ritter (81, affirmée par d’Espine (9), n’a pu être vérifiée ultérieurement ni par Horbaczenski dans l’examen quantitatif du sang

(1) Von Jaksch, Zeitschr. f. klin. Med., t. XIII, p. 3o0, 1888. — Prager Festschr., 1890, p. 79, et Maly's Jahresb., t. XXI, p. 439, 1891. — Von Limbcck, Arch. f. exp. Path. u. Pharm., t. XXX, p. 193, 1892.

(2i Voy. Gréhant et Quinquaud, Comptes rendus, t. XCIX, p. 383. — D’Espine, Rev. de méd.,

(3) Voy. V. Noordcn, loc. cit., p. 368, 369, 378, etc., cl Landois, Die Uràmie, Vienne et Leipzig, 1890.

(4) Garrod, Méd. chir. transactions, t. XXXI, p. 92.

v3) Von Jaksch, Maly’s Jahresb., t. XXI, p. 439, 1891.

i6i Van Ackeren, Charité-Annalen, t. XVII, p. 206, 1892.

(7) Sladthagen, Yirchow's Arch., t. CIX, p. 393, 1887.

(8) Feltz et Ritter, L’Urémie expérimentale, Paris, 1881.

^9) D’Espine, Rev. de Méd., 1884, p. 689.

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