Transsudais et exsudais
On considère en général les transsudais comme des liquides de pure filtration, peu différents du sérum sanguin ou de la lymphe, et dont l’apparition est provoquée par une augmentation anormale de la pression du sang dans les capillaires, augmentation résultant le plus souvent d’une stase veineuse. Le type de ces liquides est, par exemple, le liquide d’ascite dans le cas de cirrhose du foie. Le processus qui leur donne naissance n’est donc en aucune façon inflammatoire, et l’on admet que la paroi filtrante ne modifie, par aucune action sécrétoire propre, le liquide séreux qui lui est fourni par le sang (3).
D’après Reuss, les transsudais dont les types sont le liquide de l’hydrothorax, de l’ascite et de Tœdème, sont des liquides alcalins, d’une densité inférieure à 1.015, 1.012 ou même 1.010. Ils ne sont pas spontanément coagulables, sans doute parce qu’ils sont très pauvres en éléments cellulaires (voy. Coagulation du sang), souvent aussi parce qu’ils ne renferment pas de fibrinogène. Dans ce
(1) Hammarsten, Maly’s Jahresb., t. XII, p. 484.
(2) Landwehr, Pflüger’s Arch., t. XXXIX, p. 193.
(3) Ce qui a été dit k propos de la formation de la lymphe montre que c’est là probablement une hypothèse tout à fait gratuite.
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dernier cas, ils ne fournissent pas de caillot de fibrine par l’addillon d’un peu
de sérum sanguin.
Ils contiennent en général, à côté de quantités variables de matières albuminoïdes, une proportion presque constante de sels, soit environ 7 p. 1.000. Aussi lès variations de leur densité tiennent-elles presque uniquement aux variations de la proportion d’albumine, circonstance que Reuss (1) a mise à profit pour le dosage rapide des matières albuminoïdes. Ils renferment ordinairement du sucre, souvent aussi de l’urobiline (2).
Les exsudais sont produits par des surlaces fillrantcs qui sont le siège d’un processus pathologique, le plus souvent inflammatoire, et le liquide séreux fourni par le sang paraît ici modifié par le fait d’une action propre de la paroi filtrante.
Ces liquides — dont les types sont les épanchements pleurétiques et péritonéaux (dans les cas de péritonite), la sérosité produite par le vésicatoire ou rassemblée à la suite de brûlures — ont en effet une densité plus élevée que celle des transsudais (environ 1.018). Ils sont aussi plus riches en albumine et présentent le plus souvent le phénomène de la coagulation spontanée. Ils peuvent renfermer des éléments figurés variés, des globules blancs et rouges, des microorganismes pathologiques (bacilles de la tuberculose, du charbon, etc., microcoques divers), parfois des cristaux de cholestérine ou d’hématoidine et des aiguilles de graisse.
Les processus pathologiques variés qui président à leur formation peuvent leur imprimer les caractères les plus divers. Ils peuvent être purulents, séropurulents, sanieux ou hémorragiques (3), ou simplement séreux, et dans beaucoup de cas la distinction entre un exsudât et un transsudai devient diiïicile et un peu factice.
Lorsque chez un même individu il se produit simultanément des transsudais dans diverses cavités, ces liquides présentent dans leur composition certaines régularités, qui ont été surtout étudiées par G. Schmidt. 'Voici d’abord les conclusions auxquelles est arrivé cet auteur :
1“ Les liquides qui transsudent à travers les capillaires possèdent une composition variable d’un territoire vasculaire à l’autre, mais sensiblement constante pour un même territoire. Ces différences portent surtout sur la richesse en ■matières albuminoïdes. En général la teneur en albumine n’atteint jamais celle
(1) Soit Q, la quantité d’albumine contenue dans 100" de liquide, D la densité du liquide à 15”; l’expérience montre que l'on a :
formule empirique qui donne, avec une exactitude suffisante, la teneur en matières albuminoïdes. (Reuss, Deulsc/i. Arch. f. klin. Med., t. XXVIII, p. 317. — Lambling et Deroide, Revue biologique du Nord de la France, octobre 1890.)
(2) Von Jaksch, Manuel de diagnostic des maladies internes, trad. par Moulé, Paris, 1888, p. 314.
(3) Voy. von Jacksch, ibid., p. 300.